STOWE. KEW
Au premier rang de ceux qui furent, avec William Kent, les pères du style anglais, j’ai nommé Pope. Qui ne connaît ce poète, un des plus illustres dont l’Angleterre se glorifie ? Pope eut un bonheur assez rare dans la gent littéraire. Ses ouvrages lui valurent en peu de temps non seulement une grande réputation, mais une honnête fortune. Ce fut, dit-on, avec le produit de sa traduction d’Homère qu’il acheta le petit domaine de Twickenham, et y fît planter, d’après ses propres inspirations, un des premiers jardins passagers que l’on ait vus dans la Grande-Bretagne. Cela ne veut point dire quil ait inventé ce genre. 11 avait puisé dans ses lectures, — dans celle de Milton particulièrement, — et dans ses conversations avec Kent, son ami, les prm cipes du nouveau système; mais il en fit seul, à sa manière, 1 application , traça lui-même le plan de son jardin; il le décora à sa guise, et il réussit tellement dans cet essai, que Twickenham est cité comme un modèle par tous les auteurs qui ont écrit sur l’art des jardins.
« C’a été, dit H. Walpole, un singulier effort de l’art et du goût, q ue de savoir mettre tant de variété dans les scènes d’un espace de cinq acres, passage de l’obscurité au grand jour par une grotte, les ombrages alternait veulent avancés et reculés, les bocages sombres, l’étendue de la clairière, ; au bout du jardin, la solennité religieuse de ce plant de cyprès qui conduit au tombeau de la mère de Pope, sont ménagés avec un jugement exquis , quoique lord Peterborough l’ait aidé « à former son quinconce et à dres-
sa visme » .
To form his quincunx an to rank his vines,
ces deux objets n’étaient pas les plus agréables de sa petite perspective. 5 Pope était très fier de son jardin, et le proclamait, non sans une certain
H 'ABITaT10N de lord