‹ Histoire des jardins anciens et modernesChapitre 66 sur 100 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

LES JARDINS ANGLAIS EN ALLEMAGNE ET EN RUSSIE AU XVIII e SIECLE — RI1EINSBERG. — SANS-SOUCI. — VCERL1TZ. — TZARKOE-SELO. — PETERHOF. — PAWLOWSK. — GATCHINA. — ORANIENBAUM. — LA TAURIDE — NEW-WALDEGG. — L’ARCADIE. — PULHAVI

Chaque peuple se dit et se croit de bonne fui le premier peuple du monde; cette haute opinion de soi est très invétérée chez le peuple français : nous sommes toujours persuadés que nous marchons à la tête de la civilisation, et que l’univers entier retomberait bientôt dans la barbarie d’un second moyen âge si malheureusement notre exemple et nos leçons venaient à lui manquer. Il y a sans doute beaucoup d’illusion dans cette manière d’apprécier ce que nous appelons la mission de la France; mais il y a bien aussi quelque chose de réel, au jugement même des autres nations, qui, tout en étant comme nous convaincues de leur supériorité sur beaucoup de points, qu’elles regardent, à tort ou à raison, comme les plus imporiants, ne laissent pas de reconnaître implicitement la nôtre à quelques égards. On est, par exemple, assez disposé à regarder les Français comme les meilleurs juges en ce qui concerne les choses de goût, de luxe, d’ornement. Nous avons vu> sous Louis XIV, les compositions de le Nôtre recherchées ou imitées dans la plus grande partie de 1 Europe, et plusieurs souverains se faisant construire des palais et planter des jardins à l’instar de Versailles. Il est permis de croire qu au xvm® siècle le style des jardins anglais se fût difficilement répandu sur le continent, s’il n’eût trouvé en France une seconde patrie, à l'époque précisément où la littérature et les idées françaises tenaient l’Europe en suspens, et où de puissants monarques, voulant donner chez eux au mouvement intellectuel une vive impulsion, empruntaient à la France ses lettrés, ses savants, ses artistes et jusqu’à ses hommes d’État.

L Italie et 1 Espagne au midi, les Pays-Bas au nord demeurèrent fermés à 1 importation du goût anglais, comme ils étaient restés étrangers précédemment à la réforme française; mais le mouvement se propogea, bien qu’avec

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