FERRIÈRES, A M«« LA BARONNE DE ROTHSCHILD
plus élégantes et les plus curieuses. Le terrain sur lequel le parc a été dessiné n'offre point d’accidents naturels. 11 était couvert de bois très étendus, mais sans arbres de grand âge ni de grande taille. M. de Rothschild, pour transformer cette nature ingrate, a eu recours encore à sir J. Paxton, dont l’oeuvre a été ensuite modifiée et complétée par Eugène Lami. Ferrières peut être cité comme un type accompli de parc anglais. Je dis un parc, non un jardin, parce que, hormis sur la terrasse et dans le jardin fleuriste, on n’y voit point de fleurs. En revanche, les arbres à port ornemental et les plantes à feuillage coloré y sont à profusion. A côté de la faisanderie, où s élèvent annuellement deux mille faisans pour la chasse, de vastes cages élégamment construites renferment des oiseaux remarquables, soit par la beauté de leur plumage, soit par leur rareté. Des grues de Numidie se promènent en liberté dans l’enclos même de la faisanderie. Près de là des phénicoptères aux ailes de pourpre, au long col flexible, au bec difforme, se tiennent immobiles sur leurs longues échasses au milieu d'un bassin où nagent des cpnards de la Chine et de la Louisiane. Des légions de palmipèdes, cygnes, oies, canards, habitent également le grand lac et accourent au son d’une cloche pour recevoir leur provende. Enfin des daims, des axis, des cerfs paissent dans des parcs semblables à ceux qu’habitent leurs congénères dans les jardins zoologiques. C’est à Ferrières que vinrent s’installer d’abord, pendant le siège de Paris, le roi Guillaume et son chancelier. C’est là que se continuèrent, entre Jules Favre et M. de Bismarck, les pourparlers commencés, le 19 septembre 1870, au château de la Haute-Maison, près de Montrey, et dont on ne connaît que trop le résultat négatif.
La propriété de M me de Rothschild est limitrophe de celle que MM. Émile et Isaac Péreire ont créée à Armainvilliers. Le château de MM. Péreire rappelle beaucoup le nouveau Louvre, sauf les proportions, qui sont moindres, et le goût, qui est meilleur. L’ornementation sculpturale est sobre et gracieuse en même temps que riche. Le parc s’étend sur cent hectares d’un pays plat, sans autre parure naturelle que ses bois taillis; mais les propriétaires ny ont pas épargné la dépense, et le jardinier paysagiste Barillet- Deschamps y a employé tout son talent. D’un terrain aride à la surface il a trom é moyen d’extraire assez d eau pour remplir un grand lac, des rivières, des ruisseaux, dont la superficie totale est de près de quatre hectares. Les allées sont tracées, les massifs d’arbres distribués et les points de vue ménagés avec beaucoup d art. Les « fabriques » sont peu nombreuses , — ce qui n est pas un défaut, — et elles sont du goût le plus simple, — ce qui e&t une qualité. Des potagers et une pépinière occupent séparément de vastes enclos, dont 1 un renferme quatre serres habilement disposées et garnies d’un excellent choix de plantes exotiques.
Rappi ochons-nous de Paris et parcourons le département de Seine-et-Oise, un des plus riants et des plus pittoresques de la France, et peut-être un des plus richea en châteaux et en maisons de campagne, en parcs et en jardins • un vrai département de plaisance. Nous trouvons d’abord, entre Brunoy et