‹ Histoire des jardins anciens et modernesChapitre 81 sur 100 · CASCADE DU BOIS DE BOULOGNE · texte numérisé non relu

CASCADE DU BOIS DE BOULOGNE

et d'où s’échappe une source artificielle qui alimente une vaste pièce d’eau; mais l’ensemble est gracieux et constitue une agréable promenade.

Pour le jardin du Trocadéro, qui a été conservé après l’exposmon universelle de 1878 avec son aquarium souterrain, on s est servi de» assises naturelles de pierres qui formaient la butte du Trocadéro, et qui limitent ce jardin à l’ouest par un escarpement que l’on gravit sur des escaliers taillés dans le roc. Un peu en avant de cette muraille naturelle on a placé une belle fenêtre détachée de la façade du palais des Tuileries. L action du feu a donné à ce morceau d’architecture un air de vétusté qu'on n’eût probablement pas réussi à obtenir autrement. C’est bien, hélas! un fragment de ruine, et de vraie ruine :

Nous avons vu plus haut qu’à la suite de la vente des biens ayant appartenu à la famille d’Orléans, la ville de Paris avait racheté la plus grande partie du parc de Monceaux - ou Monceau. Ce parc est devenu entre les mains de MM. Barillet et Alphand un modèle accompli du style anglais perfectionné. On n’y voit d’autres fabriques que la naumachie et la pyramide dont j’ai parlé précédemment, un joli pont construit sur le bras de la petite pièce d eau, un rocher d’où tombe une belle cascade, et sous ce rocher une grotte toute tapissée de stalactites. Les allées décrivent des courbes à grand rayon et se raccordent sans que leur dessin ait rien de heurté ni d arbitraire. Les pelouses offrent de gracieux vallonnements; les plantations d arbres isolés, les touffes d’arbrisseaux et de plantes herbacées, les massifs de verdure, les corbeilles et les bordures sont distribués avec un goût exquis 1 . Mais c’est surtout sous le rapport horticole que le parc Monceau est la merveille de Paris. Les fleurs y sont peu abondantes, mais choisies parmi les variétés les plus rares. Les arbres et les arbrisseaux les plus remarquables par 1 élégance de leur port et la beauté de leurs feuillages y croissent sous la surveillance attentive des jardiniers. Enfin les serres municipales y exposent pendant l’été les plus curieux spécimens de leurs plantes tropicales. Pourquoi donc, en charmant ainsi les yeux des promeneurs, ne pas faire servir ce jardin à leur instruction? Des étiquettes portant le nom de chaque espèce et celui de la famille dont elle fait partie n’auraient rien de choquant pour le=> yeux, et satisferaient le désir qu’on éprouve, en contemplant toutes ces belles plantes , de savoir au moins comment elles s’appellent.

11 y avait jadis, aux deux extrémités occidentale et orientale de Paria, deux grands bois, — presque des forêts, — avec des routes et des sentier» tracés sans aucune autre prétention que de conduire d’un lieu à un autre. L'un était le bois de Boulogne, l’autre le bois de Vincennes. La haute »o ciélé avait adopté le premier comme lieu de promenade en voiture et à cheval. Aller au bois était faire un acte de high life, comme disent nos rois 11 ^

1 Malheureusement le parc Monceau est déparé par les deux roules carrossables bordée» ru e loirs qui le traversent, l’une dans toute sa longueur, l’autre de son milieu jusqu’à la ^ r *^U iarrn0 nie

de Monceau. Ces deux voies sont commodes, je le veux bien, mais elles détruisent toute de ce beau jardin.

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