‹ Histoire des jardins anciens et modernesChapitre 83 sur 100 · PARC DU VÉS1NET (LAC SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

PARC DU VÉS1NET (LAC SUPÉRIEUR

çrliçreai de lire les écriteaux. Arrivé au rocher d où tombe la cascade, je m’avisai d’y grimper pour mieux juger de 1 effet. A peine avais-je atteint le sommet qu’une voix tonnante m’interpella, et avant que j eusse répondu la main nerveuse d’un des dragons préposés à la garde de ce lieu de plaisance me saisit et me fit descendre beaucoup plus vite que je n étais monté. En marchant le long des allées, il faut prendre garde de s’accrocher le pied aux petits arceaux de fer qui bordent les fourrés et les gazons. On y jouit maintenant, je crois, de plus de liberté.

En résumé , la création des parcs anglais de Boulogne et de \ incennes me rappelle un proverbe et une fable. Le proverbe est celui-ci . Le mieux est l’ennemi du bien. — La fable est celle du loup maigre et du chien gras :

Vous ne courez donc pas

Où vous voulez? — Pas toujours, mais qu’importe?

— Il importe si bien que de tous vos repas Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix d’un trésor.

Des jardins publics dans les villes, rien de mieux; mais hors des villes, le vrai jardin public, c’est la campagne!

Le bois de Boulogne renferme, outre les deux hippodromes de Longcharnp et d’Auteuil, un jardin zoologique dont je parlerai plus loin. Le bois de Vincennes a aussi son hippodrome ; on y a créé d’ailleurs un asile pour les ouvriers convalescents, et un champ d’expériences pour l’Institut agronomique.

Je ne sais pas le compte des millions qu’a coûtés la transformation des bois de Boulogne et de Yincennes. La somme est certainement énorme, et je n’hésite pas à dire qu’elle eût pu être employée d’une façon plus utile, ou, mieux encore, laissée dans les poches des contribuables.

En regard des travaux de luxe exécutés à nos frais dans les bois de Boulogne et de Vincennes par l’État, — ou par la ville de Paris, c’est tout un , considérons la transformation analogue qu’une compagnie a fait subir au bois du Vésinet, situé près de Saint- Germain en Lave. Le bois du Vésinet n’avait pas, il y a un siècle, meilleure réputation que la foret de Bondy. En 1856, MM. Pallu et C ie s’en sont rendus acquéreurs. Iis l’ont métamorphosé en un fort beau parc de quatre cent cinquante hectares, avec rivières, cascades, lacs, et le reste. Mais ce parc n’est pas une promenade. Sous ses grands arbres s’est élevée, avec la rapidité des cités américaines, une ville nouvelle, une ville comme on en voit peu, entièrement composée de jolies maisons de campagne. Ces chalets, ces villas, ces cottages appartiennent a des gens du monde, à de simples bourgeois, à de modestes employés, à des artisans, qui viennent là passer la belle saison. Beaucoup même y demeurent toute l’année. Le terrain leur a été vendu à bas prix, par lots de toutes grandeurs, avec « facilités de payement ». Ils sont là chez eux : c’est leur maison qu’ils habitent, c’est leur jardin qu’ils cultivent, c’est dans lem parc qu'ils se promènent; car le parc est à eux aussi : c’est le bien de la

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