‹ Histoire des jardins anciens et modernesChapitre 84 sur 100 · PARC DE LA TÊTE-D’OR, A LYON · texte numérisé non relu

PARC DE LA TÊTE-D’OR, A LYON

colonie. Ils ont pour rues des allées ombragées et de jolis sentiers. p 0ur places publiques de vastes pelouses. Le rêve de la vie à la campagne, que caresse tout habitant des grandes villes, et cet autre rêve, non moins séduisant, de la propriété, du toit sous lequel on pourra mourir en paix, du coin de terre que l'on transmettra à ses enfants, ils les ont réalisés à l’aide de leurs modestes épargnes.

Voilà ce qu’ont fait, au Vésinet, des spéculateurs intelligents; voilà ce qu’on fera ailleurs lorsqu’on aura compris, en France, que les meilleures choses se font ainsi, par libre initiative, par libre contrat, et que rien ne vaut ce qu’on a le droit de prendre ou de laisser, ce que l’on achète parce que cela vous convient, que l’on paye pour soi, non pour les autres, et qui est à vous lorsque vous l’avez payé.

Je reviens aux jardins publics proprement dits.

L’exemple de Paris a été suivi, en ce qu’il avait de bon, par toutes les grandes villes de province qui manquaient aussi de 'poumons, et qui en sont maintenant pourvues. La seconde ville de France, Lyon, a voulu avoir son grand parc, et M. E. Bühler a dessiné au delà des Brotteaux, près du fort de la Tête-d’Or, le magnifique parc qui fait maintenant les délices des Lyonnais. On a comparé ce parc au bois de Boulogne. Il ressemble plutôt aux beaux parcs de Londres, bien qu’il ait, comme le bois de Boulogne, son grand lac, son chalet, et même sa ménagerie.

Marseille à son tour a trouvé sa Canebière insuffisante, et elle a créé autour du château Borelly, près de la plage du Prado, où se presse, dans les belles soirées, l’élite de la société phocéenne, un parc étendu « qui ne laisserait rien à désirer, dit M. E. André, si le voisinage de la mer était moins nuisible à sa végétation. » Montpellier, Nîmes, Avignon, Angers, Tours, Nantes, Rouen, Troves et d’autres villes encore sont également dotées de jardins publics pour lesquels leurs municipalités ont fait de grands sacrifices, mais de ces sacrifices qui ne laissent point de regrets.

Page 1