BELGIQUE. ALLEMAGNE. RUSSIE
Si les grandes cités se faisaient de toutes pièces , d’après un plan arrêté à l’avance, il serait aisé de réserver sur le terrain, pour la création de beaux jardins publics, des enceintes appropriées par leurs dimensions et leur situation aux besoins et à la commodité des citoyens. Mais les choses, pour l’ordinaire, ne se passent point ainsi. Saint-Pétersbourg est, je crois, le seul exemple d’une ville à qui son fondateur ait dit : « Tu seras une grande capitale , » et qui ait rempli docilement les intentions de son fondateur. Toutes les autres capitales doivent leurs développements à des circonstances que leur modeste origine ne permettait pas de prévoir; les plus importantes même n’ont pris qu’à une époque peu éloignée le développement rapide auquel nous assistons; et c’est seulement lorsqu’on a vu leur population atteindre un chiffre considérable que s’est fait sentir impérieusement la nécessité d’ouvrir à cette population des promenades spacieuses et d’un aspect aeréable. Il était trop tard alors pour en choisir l’emplacement. Celles de ces promenades qui existaient déjà étaient en général des parcs dépendant de palais ou châteaux bâtis autrefois près de l’enceinte de la ville, soit en dedans, soit en dehors, et souvent à une certaine distance de cette enceinte, et qui avaient été rejoints peu à peu, puis enveloppés par les maisons; car une tendance facile à expliquer porte la population à se rapprocher des demeures royales ou princières. De là l’inégale répartition des jardins publics dans les grandes capitales de l'Europe : les habitants de certains quartiers ayant a leur porte les plus belles promenades, tandis que ceux des autres quartiers doivent aller chercher fort loin un peu d’espace, de soleil et de verdure.
Londres n’est pas exempt de cet inconvénient dont Pans avait naguère a se plaindre. Là comme à Paris, c’est la région ouest (1 Vest-End), hab par l’aristocratie, qui est favorisée. Une série non interrompue Je qua re o T ands parcs s’étend depuis le palais de White-Hall, a l est, jusqu a celui
de Kensington , à l’ouest, sur une longueur de près de qua'.rc kilomètres. C’est Saint James Park, Green Park, Ilyde Park et Kensington Gardens. Au sud de Hyde Park, de l’autre côte de la Tamise, sont les parcs de Kennington, de Southwark et de Battersea, et au nord, Finsbury Park et Regent’s Park. Pour trouver un autre jardin public, il faut traverser Londres tout entier, de l’ouest à l’est, ou mieux, prendre le chemin de fer (Norlh London rail-way ) qui conduit à Victoria Parle. Greenwich est tout à fait hors de la ville. Y aller est un voyage comme de Paris à Saint-Cloud. Sydenham est encore plus loin ; trente-cinq à quarante minutes en chemin de fer.
Hyde Park, qui n’est séparé de Kensington Gardens que par une grille et im fossé, et qui couvre avec ses jardins une étendue d’environ deux cents hectares , est de beaucoup la plus fréquentée des promenades intérieures de Londres : il est à la fois pour la haute société londonnaise ce que sont pour le beau monde parisien les Tuileries, les Champs-Elysées et le bois de Boulogne. On y pénètre par une dizaine de portes dont les plus importantes sont le Hyde Park Corner , à Piccadilly, et le Marble Arch, qui donne sur Oxford Street. L’une et l’autre sont monumentales. En entrant par Hyde Park Corner, on se trouve en face de la statue colossale « élevée par les femmes d’Angleterre à Arthur duc de Wellington et à ses braves frères d’armes. » Cette statue représente le héros de Waterloo dans le costume plus que léger d’un guerrier antique. A droite, et de l’autre côté de l’avenue, on a placé récemment une autre statue assez médiocre, mais plus chaudement vêtue, de lord Bvron. On se promène dans Hyde Park à pied, à cheval, en voiture et en bateau; mais les voitures de maître seules y sont admises. Une belle allée, Rotten Row, est réservée aux cavaliers et aux amazones; il n’y a que la reine qui ait le droit d’y passer en voiture. Une très belle rivière, la Serpentine,
Où glissent sur les eaux
Mille bateaux légers pareils à des oiseaux,
est animée par les joyeux ébats d’une foule de cygnes , d’oies et de canards of every description, comme disent les Anglais. Des moutons et des vaches paissent sur des vertes pelouses; tout cela est éminemment champêtre. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est une poudrière placée au beau milieu de ce charmant paysage.
Battersea Park a été créé de 1852 à 1858; c’est le moins ancien de tous les parcs de Londres. Son étendue est de cent quatre-vingt-cinq acres, soit un peu moins de neuf hectares. On peut le comparer à notre parc Monceau pour l’abondance et le choix des arbres et arbustes qu’on y a réunis et poulie soin avec lequel il est entretenu; mais sa principale attraction est le petit jardin « subtropical » qu’il renferme, et dont les parterres offrent une magnifique collection de plantes exotiques.
Tous les jardins publics de Londres, hormis celui de Kensington, fi u * a
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