LES JARDINS SCIENTIFIQUES FRANÇAIS
Les premiers jardins scientifiques furent les jardins de plantes médicinales, ou réputées telles. Alors que les médicaments minéraux étaient peu connus, que la foi aux vertus des simples était générale et profonde, que toute maladie se traitait par des infusions ou des décoctions d’herbes, de feuilles, de fleurs, d’écorces ou de racines, la connaissance des propriétés funestes ou salutaires des végétaux était presque, à elle seule, toute la médecine, et 1 on peut ajouter qu’elle constituait aussi , avec l’art purement empirique de l’horticulture, toute la botanique. Jusqu’à une époque très rapprochée de la nôtre, il n’y eut d’autres botanistes que des médecins et des apothicaires; et ce fut d’une part pour faciliter aux jeunes gens qui se destinaient à ces professions l’étude des drogues simples, d’autre part pour tenir à la disposition des praticiens les éléments nécessaires à la composition de leurs remèdes, que furent créés au moyen âge, d’abord en Italie, en Allemagne et en Hollande, puis en France, ces jardins dont quelques-uns, se développant et se métamorphosant peu à peu, sont devenus avec le temps des établissements encyclopédiques destinés à l’enseignement général des sciences naturelles.
Telle fut l’origine et telle !a destinée du jardin des Plantes de Paris. On attribue la première pensée de cette fondation à Jean Robin, médecin de la reine Marie de Médicis, et arborisle au simpliciste de Henri IV. Ce savant homme présenta en effet, en 1618, une requête au roi pour l’établissement d’un jardin médicinal dans l’université de Paris; mais bientôt enveloppé dans la disgrâce de Marie de Médicis, il ne put donner suite à son projet, qui fut repris avec persévérance et avec succès par Jean Héroard, par Charles Bouvard, et surtout par Guy de Labrosse, tous trois médecins de Louis XIII- Ce dernier offrit d’acheter de ses deniers le terrain nécessaire pour cette fondation, qui fut autorisée par lettres patentes du mois de mai 1635. On acquit, au nom du roi, pour le prix de soixante-sept mille livres, une maison avec