‹ Histoire des jardins anciens et modernesChapitre 93 sur 100 · AVENUE DE PALMIERS DANS LE JARDIN BOTANIQUE DE RIO-DE-JANEIRO · texte numérisé non relu

AVENUE DE PALMIERS DANS LE JARDIN BOTANIQUE DE RIO-DE-JANEIRO

blissements scientifiques comparables à ceux dont s’enorgueillissent à juste titre les grandes nations de l'Europe. Toutefois, la capitale du Brésil, Riode-Janeiro, a été dotée d’un jardin botanique : jardin admirable par sa situation, par son étendue, par la beauté de ses plantations, mais pour lequel la nature a beaucoup plus fait que les hommes. Ce jardin est situé à six ou sept kilomètres de la ville, derrière le Carcovado, et entre cette montagne et la mer. Une magnifique haie d’arbustes et de lianes le sépare de la route. Des allées sablées, des treillages et des sièges entourent un bassin; un joli ruisseau, après avoir couru en murmurant dans un lit de pierres, se termine en cascade. La plupart des arbres à épices de l’Inde et des îles de l’Archipel croissent là côte à côte avec les plus belles plantes de l’Amérique tropicale. Mais ce qu’on admire surtout dans ce jardin, c’est une avenue vraiment monumentale de palmiers gigantesques. «Aucune colonnade construite par l’art, dit M. Emmanuel Liais, n’approche de l’effet de cette merveilleuse colonnade naturelle, dans laquelle l’artiste n’est intervenu que pour la plantation des pieds en ligne droite. L’élévation et la régularité des stipes grisâtres de ces palmiers géants; les anciennes lignes d’insertion des feuilles, encore marquées sur les troncs et qui contribuent, avec la couleur de ces derniers, à simuler la pierre; le sommet des colonnes d’un beau vert ; d'élégants bouquets de feuilles qui, en se rejoignant, forment le toit de cette allée splendide; enfin les petits gazons placés au pied de chaque palmier pour compléter le socle, tout s’harmonise dans ce monument de la nature légèrement aidée de l’art. Derrière l’allée se montre la masse imposante du Carcovado. Quand on voit l’effet extraordinaire que la belle forme du palmier, ce roi des végétaux, permet d’obtenir, on ne peut douter que cette magnifique plante ait inspiré quelques-unes des dispositions de l’architecture L »

1 L’Espace céleste et la nature tropicale, Paris, 1863.

Page 1