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GRANDE SERRE DU MUSÉUM DE PARIS

palmiers : le phœnix daclylifera, o,u dattier d’Afrique, et les chamœrops humilis et tomentosus : ce dernier est vulgairement connu sous le nom de palmier à chanvre de la Chine; enfin diverses plantes de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et des hauts plateaux des contrées tropicales.

Dans les serres tempérées le thermomètre doit marquer, en hiver, de six à dix degrés. On y cultive un très grand nombre de végétaux des deux hémisphères, appartenant aux familles les plus diverses : iridées, amaryllidées, liliacées, cycadées, fougères en arbre, palmiers. Arrêtons-nous à quelques notabilités. Les ixias et les glaïeuls sont des iridées; l’agave du Mexique ( agave americana), vulgairement et improprement appelée aloès, est le chanvre pite, dont les fibres servent à fabriquer des tissus et des liens très résistants. Celte plante est remarquable par la rapidité avec laquelle s’allonge son pédicule floral. Ses feuilles rigides, épaisses, bordées d’épines, peuvent former des haies impénétrables.

Le Bonapartea gracilis , du Mexique, à longues feuilles linéaires et dentelées, est encore une amarvllidée beaucoup plus élégante que son robuste congénère et compatriote V agave. La famille des cycadées est voisine de celle des palmiers. Ce sont des arbres ou des arbustes de l’Afrique australe et de l’Australie, à tronc gros, simple, terminé par une couronne de feuilles pennipartites. L 'encephalartos ou zamia Altenstenii, le zamia horrida, du cap de Bonne- Espérance, et le cycas revoluta, du Japon, appartiennent à cette famille, dont d’autres membres ne réussissent qu’en serre chaude. Parmi les palmiers de serre tempérée ce sont seulement le jubœa spectabilis du Chili, dont la noix est comestible, et le chamœrops excelsa de la Chine, et parmi les fougères en arbre, le balantium antarcticum, d’Australie, le neottapteris australasiaca , le ciborium Barometz , le lodea of ricana de l’Afrique australe. N’oublions pas non plus le stercula mexicana (sterculiacées), arbre à tige élancée, à port élégant, dont les jeunes feuilles, d’un beau vert tendre, s étalent et retombent du sommet des rameaux en gracieuses ombelles;

1 aralia leptophylla de la Nouvelle-Zélande , et le co/eus scutellarioïdes , belle labiée du Pérou, au feuillage vert sombre, lustré et bronzé.

On distingue les serres chaudes en serres chaudes ordinaires et en hautes serres chaudes, qui peuvent, les unes et les autres, être sèches ou humides, selon le tempérament des végétaux qu’elles sont destinées à recevoir.

Les serres chaudes ordinaires sont chauffées en hiver entre 15 et 20 degrés, et les hautes serres chaudes entre 20 et 25. Les plantes de serre chaude ordinaire appartiennent principalement aux groupes des palmiers, des grandes graminées tropicales, des fougères, des cypéracées, des musacées, des laurinées, des broméliacées, des clusiacées, des pandanées, des liliacées, des aroïdées, des marantacées. Plusieurs sont des arbres qui, dans leur patrie, atteignent des dimensions imposantes; les uns sont remarquables par l'élégance de leur port; d’autres par le développement ou par la coloration de leurs feuilles ou de leurs fleurs ; d’autres enfin par la singularité de leur aspect. Souvent, dans les grands établissements et chez les riches particuliers,

LES JARDINS DE NOS JOURS

des serres spéciales sont affectées à certaines familles : par exemple aux palmiers, aux orchidées, aux plantes grasses. Sans nous astreindre à suivre les classifications botaniques, parcourons une serre chaude ordinaire et considérons, à mesure qu ils se présenteront à nos regards, les végétaux les plus remarquables. Voici les gigantesques graminées de l’Inde : le bambou ( bambusa ), qui rend aux habitants de l’Asie tropicale de si précieux services, et la canne à sucre ( saccharum offïcinarum) , dès longtemps naturalisée dans nos colonies, dont elle est une des principales richesses. Ce grand et bel arbre, aux larges feuilles palmées et flabelliformes , c’est le latania Borbonica, ou Livistona sinensis.

Non moins majestueux est le cocotier d’Amérique ( cocos nucifera), aux feuilles pennées, au fruit énorme et ligneux, renfermant la noix de coco; on a placé près de cet arbre d’autres palmiers : les cocos flexuosa , schizophylla , coronata , Mikaniana; puis Vareca monlana et l 'areca lutescens, le sabal Blaekburniana, dont les longs pétioles aux bords tranchants portent de larges feuilles palmées. Bien plus larges encore sont les palmes de son congénère le sabal umbraculifera , dont les frondes s’épanouissent en une gerbe magnifique. Plus loin le cycas circinnalis déploie sa belle cime de feuilles pennées, au-dessus des feuilles palmées du thrinax argentea. Le cycas Rinminiana (femina) des Philippines se distingue par ses frondes épineuses, qu’on se plaît à arranger en corbeille autour d’un cerceau. Une ravissante fougère de la Nouvelle-Hollande, Yasptenium nidus avis, prend d’elle-même cette disposition à laquelle elle doit son nom. A peine reconnaissons-nous, au premier coup d’œil, un palmier dans le caryota Cummingii des Philippines, dont les frondes partent de la racine et portent des folioles courtes et cunéiformes. Le caryota urens de l’Inde fournit, pendant la saison la plus chaude, d’abondantes quantités de toddy ou vin de palmier. Aucun arbre de cette famille’n’a mieux mérité l’épithète d’élégant que le scaforthia de la Nouvelle- Hollande; près de lui s’élève le dracœna australis, au tronc fusiforme, surmonté d’une épaisse touffe de feuilles ensiformes.

Mais voici quelques-unes de ces grandes fougères arborescentes qui sont un des traits caractéristiques de la flore tropicale, et qui rappellent la végétation, dès longtemps anéantie, des âges géologiques. La plus remarquable peut-être est le cyathea meduUaris (Nouvelle-Hollande), dont les frondes, semblables à des barres de fer, régulièrement épanouies comme les branches d’un candélabre, mesurent près de cinq mètres et ne portent des folioles que sur le dernier tiers de leur longueur. La hampe, recourbée en forme de crosse épiscopale, qu’on voit au milieu, n’est autre chose qu une fronde en train de se développer. Le cyathea dealbata est la plus haute fougère de la Nouvelle-Zélande, où il est confiné. Que de belles plantes s offrent encore à notre attention, et qu’il faut me borner à indiquer ! Le cyanophyllum magnificum ( mélastomacées ) ; les caladium metallicum et Belleymii (aroïdées); le Carolinea insignis , arbre géant à feuilles digitées, à folioles spatulées; le chamœdorea scandons, palmier caractérisé par des frondes pennées, dont les fo-

lioles sont lisses, grandes et très espacées; le chamœdorea dentiflora (encore un palmier), à feuilles linéaires, à tige droite, cylindrique, marquée de noeuds annulaires très rapprochés ; le dracœna marginata , dont les branches minces et cylindriques, d’un gris argenté, s'allongent et se tortillent comme de longues couleuvres, et se terminent par des bouquets de feuilles linéaires; puis le Wigandia urens du Mexique (borraginées), à larges feuilles tomenteuses; et la tribu éminemment ornementale des marantacées : maranta zebrina, albo-linecita , micans, regalis, fasciata, etc.; et ces Ivcopodes, ces ficus repens, qui forment contre les parois et sur le sol de la serre un tapis si charmant et si moelleux! Dans la serre sèche des orchidées, nous trouverions réunies toutes ces plantes aux allures bizarres, la plupart épiphytes, quelques-unes terrestres, qui tiennent une si grande place dans la flore de l’Inde, de l’Archipel indien et des forêts de l’Amérique tropicale : l’ærides quinque vulnerum , dont la fleur est marquée de cinq taches sanglantes; les saccolabium violaceum et guttalum; les vanda Lowi bicolor et suavis, les lœlia

superbiens et purpurata; les epidendrum crassi folium et cochleatum ; les ancydium luridum, lancecdiim et Forbesii (Mexique et Brésil). Toutes ces orchidées sont épiphxtes. Le sobralia , le lihastrum, le meottia , le cypvipedium sont terrestres.

La serre des plantes grasses est presque entièrement peuplée par la famille des cactées et par les genres aloès, cereus, opuntia, echinocactus et melocactus, mamillaria, etc.

Il nous faut abréger. Pénétrons pourtant encore dans l’aquarium, qui, outre sa destination spéciale, appartient à la fois à la catégorie des hautes serres chaudes, dont la température ne descend jamais au-dessous de 20 degrés et s’élève souvent au-dessus de 35, et à celle des serres dont l’atmosphère est constamment saturée d’humidité. Au milieu s’étend un vaste bassin de pierre, dont l’eau est maintenue à 30 degrés au moins. Au bord de ce bassin croissent des plantes herbacées, des arbrisseaux, de grands arbres même, qui poussent vers leur élément favori de nombreuses racines adventives : les pan danus bromœhæfolia et candelabrum , membres d’une famille nombreuse qui compte des représentants dans les régions équatoriales des deux côtés du Pacifique; le scindapsus pertusus ou phyllodendron pertusum, ou tornelia fragrans, singulière plante sarmenteuse, à larges feuilles découpées et percées de trous elliptiques; le cyclanthus bipartitus , aux longues feuilles linéaires; le colocasia zebrina , aux feuilles de même forme que chez l’espèce précédente, mais bordées d'épines, et le latania Commersonii, dont les larges frondes sont liserées de pourpre.

Dans 1 eau tiede du bassin flottent le pontederia crassipes du Brésil et le pystia slratwtes des Antilles; à la surface viennent s’épanouir les feuilles et es eurs d autres plantes aquatiques à racines fixes : des nymphæa dentata, rubra, adunca or ligiana, de l’Inde; du nymphæa gigantea, dont les magnifique^ eur s bleues mesurent jusqu'à cinquante centimètres de diamètre: enfin du Victoria regia et de ïeuryale ferox. Le Victoria regia est la merveille

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