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rail de l'évoque de Chartres, qu'elle se sépara. Quelques prélats, qui avaient loué officiellement les Jésuites dans la précédente assemblée, résolurent de protester contre la censure faite par l'évêque de Chartres. Ils tinrent des réunions particulières et publièrent des manifestes qui furent combattus par des réponses contradictoires. Les uns disaient que la censure n'avait point été délibérée dans rassemblée ; les autres , qu'elle contenait beaucoup de choses qui ne pouvaient être approuvées. Le 12 janvier, le cardinal de la Valette, archevêque de Toulouse, proposa, du consentement de l'évêque de Chartres lui-même, de rédiger une censure plus courte et dans laquelle on se contenterait de condamner les libelles avec toutes les qualifications requises, mais sans toucher à aucune question particulière qui pût causer du trouble. Cette proposition fut généralement approuvée, et l'évêque de Chartres rédigea la censure abrégée. Le 21 janvier, le Parlement, instruit de ce qui avait été décidé dans la réunion du 12, donna un arrêt par lequel il défendait à toutes personnes de publier autre déclaration que celle de l'assemblée du clergé du 13 décembre, à peine contre les contrevenants d'être punis comme perturbateurs du repos public Le 18 février, le Parlement donna un nouvel arrêt pour confirmer celui qu'il avait rendu le 21 janvier, défendit aux membres du clergé de s'assembler, et à tous imprimeurs, sous peine de la vie, d'imprimer d'autre censure que celle du 1 3 décembre.
- Les cardinaux de Larochefoucault, de la Valette et tous les prélats qui se trouvaient à Paris se réunirent pour délibérer sur les moyens de s'opposer à ces arrêts. On décida qu'on prierait le chancelier d'évoquer l'affaire au conseil et de casser les deux arrêts du Parlement, et que l'on irait, s'il était besoin, faire au roi des remontrances.
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Les 26 et 27 février, les cardinaux de Larochefoucault et de la Valette, huit archevêques, trente-deux évoques et cinq députés du second ordre se réunirent au palais abba* tial du cardinal de Larochefoucault, à Sainte-Geneviève, et signèrent un acte portant désaveu de la censure rédigée par Tévéque de Chartres, comme n'ayant pas été délibérée par l'assemblée.
Le 2 mars, les prélats, réunis de nouveau à Sainte-Geneviève, signèrent une requête pour demander au roi la cassation des deux arrêts. Le lendemain, le Parlement en rendit un troisième par lequel il déclara les réunions tenues par les archevêques, évêques et autres ecclésiastiques, au préjudice des défenses faites par ses deux premiers arrêts, nulles et illicites; cassa et annula, comme attentats, les actes faits depuis ; lit de nouveau défense aux évêques susdits de s'assembler en quelque lieu que ce fût ; ordonna à tous les archevêques et évêques de se retirer en leurs diocèses, dans le délai de quinze jours, sous peine de saisie de leur temporel.
Le 7 mars, le troisième arrêt du Parlement fut signifié par huissiers à l'archevêque d'Auch, qui avait réuni chez lui six archevêques, vingt évêques et d'autres ecclésiastiques. De l'avis de tous, l'archevêque d'Auch dicta aux huissiers la réponse suivante :
« Messieurs du Parlement de Paris n'ont aucune auto- » rite sur le clergé de France, que nous représentons, sou- » mis au roi seul ; les arrêts du Parlement sont un attentat » intolérable contre l'honneur de Dieu et l'autorité de Sa » Majesté, lequel va à la subversion de la religion et de • l'État. Les prélats ont pouvoir et obligation, de tout » droit divin et humain, de s'assembler pour les affaires » de la religion et de l'Église, quand les occasions le re- » quièrent ; à présent, ils sont assemblés tant pour résou-
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» dre la cérémonie qu'ils doivent observer en la procession
* qui doit se faire demain, à l'ouverture du Jubilé, que » pour aviser à ce qu'ils peuvent et doivent aussi faire » pour obtenir du roi la cassation des arrêts dont il s'agit, » comme préjudiciables à l'autorité de l'Église et de Sa » Rlajosté ; faire défense auxdils du Parlement d en donner » de semblables à l'avenir, et à fin de détromper le? peu- » pies de la créunce qu'il* pourraient y avoir, au préju- 9 die* du salut de leurs âmes et du respect dû à la reli-
• gion. »
Le Parlement se trouva fort divisé au sujet de cette réponse. Cependant, deux jours après l'avoir reçue, dix-sept membres contre quinze furent d'avis de rendre un quatrième arrêt déclarant ladite réponse nulle, injurieuse, calomnieuse, tendante à la destruction des lois fondamentales de l'État; comme telle, on ordonna qu'elle seraitlaeéré* et brûlée par la main du bourreau. De T râpes, archevêque d'Aucb, et Miron, évéque d'Angora, furent cités à comparaître par devant le Parlement , au premier jour , pour rendre compte de leur conduite. Ordre fut donné, en outre, à tous les membres du clergé d obéir au roi, en reconnaissant le Parlement comme puissance souveraine, pour rendre, sous son autorité, justice k tous les sujets sans distinction, sous peine d'être déclarés criminels d# lèse-majesté et poursuivis comme tels selon la rigueur des ordonnances.
Le 10 mars, un écuyer de la reine-mère fut envoyé fu Parlement pour l'avertir, de la part du roi, qu'il serait avant midi à Paris, et lui défendre d'exécuter son arrêt 4e la veille ayant son arrivée. Le Parlement répondit qu'en tout ce qu'il avait fait, il n'avait agi quo pour le bien et le service de Sa Majesté.
Cependant le roi avait donné avis ans prélats de s as-
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sembler en toute hâte dans la matinée du 10, afin de for* muler les plaintes qu'ils voulaient lui adresser. A une heure après midi, ceux-ci se rendirent à la cour, et l'évêque d'Auxcrre adressa ces plaintes au roi. Celui-ci blâma le dernier arrêt du Parlement, mais il reprocha aussi auxévêques de s'être réunis sans permission. Il leur promit une audience publique pour entendre leurs remontrances. La cour changea ensuite d'avis ; le 26 mars, elle évoqua l'affaire à la personne du roi. Malgré cettt évocation, le Parlement, deux jours après, déclara que, selon son arrêt du 9, l'archevêque d'Auch et l'évèque d'Angers étaient ajournés à comparaître, sous peine de saisie de leur temporel. Les prélats s'assemblèrent en toute hâte à Sainte-Geneviève et demandèrent au roi l'audience publique qu'il leur avait promise pour lui adresser leurs remontrances. On la leur promit pour le 30 ; mais, ce jour-là, le Parlement déféra à révocation qui lui fut officiellement notifiée, et l'audience promise aux prélats n'eut pas lieu.
Nous avons dit que la censure de l'évèque de Chartres avait été attaquée de deux manières : les uns disaient qu'elle n'avait point été délibérée par l'assemblée, ce qui donna lieu aux agitations dont nous avons parlé; d'autres prétendaient qu'elle contenait plusieurs choses qui ne pouvaient être approuvées. L'évèque de Chartres attaqua, de son côté, la censure abrégée, rédigée par lui sous l'influence du cardinal de La Valette, et s'efforça de justifier la première. Il prouva d'abord, par le procès-verbal de l'assemblée, que son travail avaitété lu et approuvé unanimement. Hiron, évêque d'Angers, un des plus ardents antagonistes de celui de Chartres, contesta l'extrait du procès-verbal délivré par le secrétaire de l'assemblée ; il accusa l'évèque de Chartres d'avoir usé de ruse pou? obtenir l'attestation
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qu'il contenait et d'avoir provoqué un faux. Les réunions particulières, réunies à Sainte-Geneviève, ratifièrent l'accusation de Hiron et annulèrent l'extrait du procès-verbal délivré h l'évêque de Chartres. Celui-ci contesta aux réunions particulières le droit de déclarer nul un extrait du procès-verbal d'une assemblée générale.
Lorsque les prélats furent séparés, parut, sous le nom du cardinal de Larocbefoucault , un écrit ajant pour titre : Raisons pour te désaveu fait par les évêques de ce royaume, etc. On y attaquait non-seulement la forme de la censure de l'évêque de Chartres, mais on y prétendait « qu'elle contenait tant d'impertinences et d'erreurs, que » k dignité de l'ordre ecclésiastique ne pouvait permettre » qu'elle parût en public sous l'autorité d'une assemblée » du clergé. »
Comme les Jésuites étaient attaqués en plusieurs endroits de la censure, le cardinal consacra la section 19* de son écrit à leur justification.
En 1 628, Richer rompit le silence où il s'était condamné depuis l'attaque dont il avait été l'objet, et fit imprimer une réfutation de l'opuscule de Larochefoucauld, sous ce titre: Considérations sur un livre intitulé: Baisons pour le disaveu. Il y suit son adversaire pas à pas et répond à toutes ses assertions.
La raison de toute cette agitation, à propos d'une censure plus ou moins longue et explicative, est facile à pénétrer. Les Jésuites étaient en cause ; ils ne voyaient qu'avec peine leur doctrine et deux de leurs Pères si explicitement censurés. Plusieurs prélats, et surtout le cardinal de La Valette, fils du duc d'Épemon, leur étaient dévoués. De là cette vive opposition dont le motif restait caché et dont les effets étaient si évidents.
Mais si les Jésuites avaient des amis puissants, leurs en-
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nemis étaient nombreux. Une des principales causes qui les multipliaient était, selon le cardinal de Richelieu, la lassitude que chacun avait de voir qu'ils se mêlaient de trop d affaires.
L'année même où les UbeÏÏes Admonilio et Mysteria étaient si vivement poursuivis, on s'éleva à Paris contre un ouvrage d'un de leurs Pères nommé Santarelli, qui renouvelait tous les principes déjà condamnés dans les ouvrages de Becan et de Mariana. Pour Santarelli et ses confrères, le pape était tout dans le monde, il résumait à lui seul la suprême autorité ; les dépositaires de l'autorité civile n'étaient que ses lieutenants, révocables à sa volonté. Dans l'idée des Jésuites, l'armée de ce pouvoir, un, suprême et universel, était leur Compagnie, dont tous les membres, par un vœu solennel, immolent leur volonté à la sienne; de là la place exceptionnelle qu'ils s attribuaient dans l'Eglise.
Le livre de Santarelli fut publié à Rome sous les yeux du pape et avec l'approbation du Général de la Compagnie. Dès qu'il fut connu à Paris, Filesac, l'antagoniste de Ricber, et Servin, l'indomptable adversaire des Jésuites, l'examinèrent et y trouvèrent exposée dans toute sa rigueur la doctrine ultramontaine. Filesac, qui avait été pendant quelque temps dévoué aux Jésuites, était revenu à ses premiers sentiments. Il mit en demeure son successeur comme syndic, George Froger, de dénoncer à la Faculté le livre de Santarelli : celui-ci requit en conséquence le doyen Roguenan de la convoquer pour le 16 mars
Dès le 6 de ce mois, le Parlement avait été saisi par Servin de la cause du livre de Santarelli. Le roi tenait, ce jour-là, un lit de justice. Servin tomba. frappé d'apoplexie au moment où il allait dénoncer l'œuvre du Jésuite ; mais