‹ Histoire des JésuitesChapitre 4 sur 35 · I> HIST01BE · texte numérisé non relu

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lai lui gardait rancune de ce qu'il n'avait pas voulu entrer dans son ordre. Xavier et Lefèyre furent bien reçus de Paul III ; ils recueillirent à Rome des aumônes assez abondantes et obtinrent du pape le privilège de recevoir les ordres de tout évêque, dans le temps et le lieu qu'ils voudraient. Ils profitèrent de ces privilèges pour se faire ordonner prêtres à Venise, et commencèrent à prêcher dans les villes des environs. Ils employaient les mêmes moyens que les saltimbanques pour attrouper le peuple autour d'eux ; mais ceux qui venaient pour rire s'en retournaient en pleurant leurs péchés. Ignace, certain d'être bien reçu de Paul III, partit peu de temps après pour Rome, avec Lefèvre et Laynès. Les jésuites racontent qu'à deux lieues de cette ville, il tomba en extase; qu'il vit le Père Éternel l'associant à Jésus-Christ, son fils, et qu'il reçut de nouvelles lumières sur sa Compagnie et sur le nom qu'il lui devait donner. Les révélations, les extases, les illuminations se multiplient à l'infini sous la plume des fervents disciples, lorsqu'ils parlent de leur patriarche. Toutes les puissances du ciel et de l'enfer étaient à ses ordres. C'est ainsi que Rodriguez, qui avait eu la pensée de quitter la Chevalerie spirituelle pour la vie solitaire, en fut empêché par un géant de l'autre monde qui lui barra le chemin et le menaça de son épée. Ignace le sut par inspiration et raffermit le courage de son faible compagnon. Nous n'entreprendrons pas de retracer mille faits aussi sur prenants que nous trouvons dans la vie d'Ignace. Il ne faut pas offrir aux yeux des profanes tant d'actions merveilleuses qui ne peuvent être appréciées que par des hommes de bonne volonté.

Ignace arriva à Rome sur la fin de l'année 1 537 . Paul III l'accueillit favorablement, chargea Lefèvre du cours d'Ecriture-Sainte et Laynès de la scholastique, au collège

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de la Sapience. Pour Ignace, il se consacra à la réforme des mœurs dans la ville de Rome.

Paul III ne se faisait pas illusion sur la nécessité de cette réforme ; dans ce but, il avait publié une bulle qui n'avait pas eu de résultat. Il avait ensuite (1 537) chargé une commission de cardinaux et de prélats de lui indiquer les principaux points sur lesquels son zèle devait particulièrement s'exercer. La commission lui remit un mémoire qui mettait à nu les plaies de l'Église. Vingthuit abus y étaient indiqués. A la tête de la commission étaient les quatre cardinaux Contarini, Caraffa, Sadolet et Polus. Ces noms donnent au mémoire sur la réforme une haute importance. L'analyse de ce document fera connaître l'état de la cour de Rome au moment où Ignace y arriva avec ses compagnons.

« Le choix des prélats et des prêtres n'est pas fait avec » assez de soin et de précaution ; on admet à ces emplois * sacrés des hommes qui n'ont ni mœurs ni capacité et » qui sont souvent trop jeunes. De là naissent des scan- » dales nombreux, le mépris pour Tordre ecclésiastique, » la diminution et la presque extinction du respect dû au » culte de Dieu. Les plus graves abus régnent dans la col- » lation des bénéfices et dignités ecclésiastiques comme » les évécbésetles cures. On ne considère que Tavan- » tage qui en revient à ceux qui les obtiennent et non le » bien du troupeau de Jésus-Christ. De là vient que l'on » donne à certains des bénéfices dans des lieux dont ils » n'entendent pas la langue et où ils ne résident jamais, » se contentant de toucher les revenus sans se préoccuper » des devoirs. On a oublié le grand principe : que celui » qui jouit des biens ou pensions ecclésiastiques n'a droit » qu'au nécessaire, et que le reste appartient aux pauvres » et à l'Église. On trafique des bénéfices ecclésiastiques

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» comme d'une marchandise, afin de se réserver des pen- » sions et de s'enrichir. Des évêques ne se réservent que • le titre de cette dignité et les biens qui y sont attachés, et » laissent les charges à des coadjuteurs qui remplissent » les devoirs, sans avoir de titre, et jouissent d'une minime » portion dès biens. Au grand scandale des fidèles, on » n'observe pas la loi par laquelle il était défendu aux en- » fantsdes prêtres de succéder aux bénéfices de leurs pères.

» Un autre abus consiste dans les grâces expectatives et » les réserves. Il arrive de là que ceux qui sont désignés » d'avance pour des bénéfices désirent la mort de ceux » qui les possèdent, afin d'en jouir plus tôt.

» Que dirons-nous, ajoutent les commissaires du pape, » de ces bénéfices qu'on appelle communément incompa- » tibles, c'est-à-dire dont la même personne ne peut pas

■ jouir simultanément? Cette ancienne discipline n'est » plus guère en vigueur, et l'on voit aujourd'hui, à la » honte delà religion, un seul homme posséder plusieurs » évêchés. Les cardinaux eux-mêmes, qui doivent résider » à Rome, vendent leur voix aux princes dont ils obtien- » nent des évêchés dans lesquels ils ne peuvent résider, » malgré la loi qui les y oblige. Est-il cependant un spec- » tacle plus digne de pitié que de voir les églises aban- » données presque partout par dos évêques qui ne sont » que des mercenaires? D'après les canons, les évêques » qe doivent pas être absents de leurs diocèses plus de » trois mois, et l'on en voit qui les abandonnent des an-

■ nées entières.

» Les crimes restent impunis ; ceux qui s'en rendent » coupables savent bien, à prix d'argent, se soustraire aux » peines qu'ils ont méritées.

» Les désordres ne sont pas moins grands dans les mai- » sons religieuses; ces désordres sont publics et causent

• dans le peuple les plus grands scandales. Notre avis est » donc que Ton abolisse les monastères qu'on nomme » conventuels, non pas d'une manière violente et préci- » pitée, mais en leur défendant de prendre des novices.

• On laissera ainsi mourir les anciens, que Ton rempla* » cera par de nouveaux religieux. Nous pensons même

• que dès à présent on devrait congédier des monastères » tous ceux qui ne sont pas profès. Les abus sont énormes' » dans les monastères de religieuses. On ne peut y remé-

• dier qu'eu ôtant la direction de ces maisons aux moi- » nés, pour la donner à des hommes non suspects et avec » lesquels les religieuses ne courent aucun danger. » ♦

La mauvaise doctrine de plusieurs universités; les dispenses de vœux ou de mariage; les quêtes des moines eC les superstitions qui les accompagnaient; la simonie, c'estr~à-dire la vente ou Tachât des choses saintes; l'abus des indulgences , les chapelains à gage, furent indiqués par la commission comme autant d'objets dignes d'une réforme prompte et sévère. Après avoir signalé ces abus généraux, la commission attira l'attention de Paul III sur ceux qui étaient particuliers à la cour de Rome. Les prêtres peu soigneux dans leurs ministères, les désordres de mœurs, les haines, la négligence dans le soin des malades et des pauvres, sont les principaux points qu'elle crut devoir indiquer.

La réforme de tous ces abus fut remise à un autre temps. Pendant le moyen âge, le gouvernement pontifical ne prit pas l'initiative des réformes ; il aima mieux fermer les yeux jusqu'au moment où les peuples, las des abus, se levèrent pour les détruire. Alors on passa les bornes; au lieu de réformes on eut des révolutions, dont les effets immédiats, furent déplorables. Ceux qui profitaient des abus regardèrent ces révolutions comme des attentats ; d'autres

les considérèrent comme une défense légitime des opprimés contre les oppresseurs, et des moyens par lesquels la Providence châtiait les coupables. Si la papauté eût été alors un gouvernement vraiment sage, elle eût, au moyen de réformes progressives, satisfait aux besoins des peuples. Tel ne fut pas le gouvernement de Paul III.

Le mémoire de la commission de réforme fut respectueusement déposé aux archives. Paul III eût voulu réformer, mais sans rien entreprendre de difficile. Il crut avoir rempli sa tâche de souverain et de pape en engageant quelques particuliers à travailler à la réforme du clergé et du peuple ; il avait encouragé à ce titre Tordre des clercs réguliers du cardinal Caraffa. Lorsque Ignace arriva à Rome, il se hâta de l'engager à travailler à la réforme des mœurs.

Tandis que Lefèvre et Laynès faisaient leurs cours au collège de la Sapience, Ignace entreprenait bravement la réforme de Rome. On doit lui rendre cette justice, qu'il aimait et pratiquait la vertu depuis sa conversion, et que son zele était sincère. Son imagination ardente, remplie des images exagérées de la chevalerie errante, donnait à ses actes un caractère souvent excentrique ; ses disciples lui ont peut-être aussi prêté beaucoup d'actions qu'ils croyaient utiles à sa gloire. Quoi qu'il en soit, Ignace était un homme vertueux qui entreprit de bonne foi la réforme des vices, et qui n'institua sa Compagnie de chevaliers spirituels que pour aller de par le monde pourfendre les mécréants avec le glaive de la prédication ; redresser les torts ; défaire les enchantements diaboliques et rendre à l'Église toute sa splendeur. Nous verrons si les disciples furent fidèles à la pensée du maître.

Ignace, chargé par Paul III de travailler à la réforme des mœurs dans la ville de Rome, appela à son aide ses

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autres compagnons. Il en avait perdu un, Hozez, qui mourut à Padoue, où il prêchait avec Codure. Hozez était, de son vivant, brun et très-laid ; la mort le rendit si blanc et si beau que Codure ne pouvait se lasser de l'admirer et de le baiser. Ignace, qui était au Mont-Cassin lorsqu'il mourut, vit son âme entrer dans le ciel, couronnée de rayons lumineux. Bien plus, étant allé à la messe , au moment où le prêtre prononçait ces mots du Confiteor : A tous les saints, il vit le ciel ouvert et Hozez qui semblait plus brillant que tous les autres saints. Cette vision le rendit si heureux qu'il en pleura pendant deux jours. Depuis ce miracle, il fut admis dans la Compagnie que Dieu avait une prédilection pour les chevaliers spirituels dont il faisait les plus grands saints du paradis. Ignace gagna dans le même temps plusieurs autres compagnons, entre autres François Strada, qui obtint en Espagne une grande réputation d'éloquence.

La troupe était devenue assez considérable pour que Ton songeât à en former une Compagnie régulière, approuvée par le pape. Tous les membres étaient réunis à Rome vers la fin du carême de Tannée 1538. Ils logeaient tous dans la maison d'un gentilhomme nommé Quirino Garzonio. C'est là qu'ils tinrent leur première assemblée générale. Ignace prononça un discours digne d'un général d'armée : « Les chevaliers étant appelés de Dieu pour faire la » conquête spirituelle de l'univers, il fallait de toute néces- » site qu'ils fussent enrôlés dans une milice qui pourrait se

* perpétuer jusqu'à la fin des siècles. On ne pouvait dou- » ter que l'éternité ne fût promise à la nouvelle Compa- » gnie, puisque Jésus-Christ et le Père Éternel lui en

* avaient positivement donné leur parole. » Ce discours produisit le meilleur effet sur la troupe, qui décida qu'il fallait préparer l'esprit du pape et travailler à en obtenir

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une approbation. La chose semblait d'autant plus nécessaire que Paul III, désolé des maux que faisaient les religieux à l'Église, était bien décidé à n'en pas approuver de nouveaux. On espérait cependant le faire revenir sur cette résolution, et Ton s'occupa, séance tenante, du nom qu'aurait le nouvel ordre. « Si vous m'en croyez, dit Ignace, • nous l'appellerons la Compagnie de Jésus. Ce nom, qui » est au-dessus de tous les noms, m'a été divinement in*- » pire dès ma retraite de Manrèze, et dernièrement encore » lorsque le Père Éternel m'apparut près de Rome et qu'il » tri associa avec son fils*. Ainsi, mes très chers frères, » n'en cherchons point d'autres. »

Nous voulons croire qu'Ignace , dans son exaltation , ne mesurait pas ses termes autant qu'il l'eût fait de sangfroid, et qu'il regardait réellement ses visions comme certaines : autrement j on serait obligé de le regarder comme un fourbe et un impie. Il faut admettre que son ardeur fébrile l'emportait involontairement au delà des bornes ; à moins qu'on n'aime mieux penser que ses historiens, jaloux de faire de lui le personnage le plus favorisé de visions et d'extases , nous aient donné comme des faits ce qui ne serait que le produit de leur imagination. Ignace n'était pas théologien et n'avait pu suivre avec succès les cours des Facultés, malgré les lumières surnaturelles qu'il avait, dit-on, reçues; mais il en savait sans doute assez pour être convaincu qu'il ne pouvait sans impiété dire qu'il avait été associé par le Père Éternel à son Fils. En prenant ces mots à la rigueur et en les rapprochant de quelques passages des Exercices spirituels, on pourrait en conclure qu'Ignace n'avait sur la divinité de Jésus- Christ que les idées vagues et hétérodoxes qui ont depuis fait condamner ses disciples Hardoin et Berruyer. Le

1 Quando el P<idr* Eterno me puso con su Higo.

Neeterianisme des Jésuites sérail ainsi d'assez haute date ' . Les disciples d'Ignace croyaient sans doute à ses révélations. Ils applaudirent au nom de Compagnie de Jé$u$ ' qu'il avait reçu du cfel', et ne songèrent plus qu'atu aojrens d'obtenir l'approbation du pape. Paul III était à Jfke, où H devait traiter de la paix avec François Ier et Charles-Quint. En l'attendant, ils prêchèrent et prirent surtout pour thème de leurs discours la fréquente communion. Les pécheurs les plus scandaleux trouvèrent qu'il était si facile d'être digne de communier souvent, d'après la doctrine des nouveaux ApMres, que la sainte table, presque déserte auparavant, fut bientôt assiégée. Après avoir prêché pendant le jour, Ignace et ses compagnons passaient une partie des nuits à organiser la Compagne future et à jeter les premières assises de ses Constitutions. Ils décidèrent qu'outre les vœux de pauvreté et de chasteté qu'ils avaient faits, ils feraient celui d'obéissance ; qu'à la tête de la Compagnie, il y aurait un Général élu à vie et revêtu d'une autorité absolue ; que pour décider Paul III 1 donner son approbation , on ajouterait aux trois foeux, communs à toutes les communautés religieuses, celui d obéir au pape et d'aller partout où il le jugerait à propos, sans même se préoccuper de ce qui serait nécessaire pour le voyage.

1 Ignace met souvent Jésus-Christ sur le môme rang que la Vierge, et fait de son humanité une véritable personne qui intercède pour les pécheurs. Le Directoire pour les Exercices a soin de faire remarquer que lorsque Ignace parle de Jésus-Christ, ce n*est pas en tant que Dieu, mais en tant qu'homme avocat et médiateur* (Direct, in Exercit., cap. 15.)

En prenant ces mots à la rigueur, et en interprétant le livre d'Ignace comme le veut le Directoire, il faudrait lui attribuer une - erreur grave sur l'Incarnation.

'Tovs les Jésuites affirment que ce nom a été révélé.

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Le projet de Constitutions ébauehé, Ignace en dressa un mémoire qu'il fit présenter au pape par le cardinal Contarini. Paul III le lut ; il fut flatté surtout du quatrième vœu, qui semblait promettre au Saint-Siège une armée dévouée, toujours prête à voler où le péril serait plus grand ; il s'écria : Le doigt de Dieu est ici. Ignace pria le pape de confirmer par écrit ce qu'il avait ainsi approuvé de vive voix ; mais Paul III ne voulut rien décider sans l'avis de trois cardinaux. Le premier qui fut chargâ de l'examen des nouvelles Constitutions fut Barthélemi Gui* diccioni , théologien et canoniste fort savant. Fidèle aux décisions des conciles de Latran et de Lyon S qui avaient interdit les nouveaux ordres religieux, il ne voulut même pas jeter un coup d'œil sur le mémoire qui lui fut présenté : « De quelque nature que soit le nouvel ordre, » dit-il, TÉglise n'en a pas plus besoin que de tant d'au- • très dont elle serait bien heureuse d'être délivrée. » Les deux autres cardinaux consultés par le pape furent du même avis. Ignace ne se découragea pas. Il avait su gagner Paul III , qui employa ses compagnons à divers ministères, avant d'avoir approuvé la Compagnie. Sur la demande de Jean III, roi de Portugal, Rodriguez et Fran- * çois Xavier se rendirent en ce royaume, d'où ce dernier partit pour les Indes orientales.

Ignace resta à Rome et continua ses instances pour l'approbation de sa Compagnie. Le Jésuite Ribadeneira rapporte qu'il renonça à tous moyens humains pour l'obtenir, et qu'il s'adonna à la prière , aux jeûnes et à la pénitence. Tout cela était aussi inutile que le reste , lorsqu'il

1 Le 4e concile de Latran eut lieu en 1215, sous Innocent III, et le deuxième de Lyon en 1274, sous Grégoire X. Ils défendirent l'un et l'autre d'approuver de nouveaux ordres religieux : ce qui n'a pas empêché ces ordres de se multiplier, du consentement des papes.

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s'avisa de promettre à Dieu trois mille messes, s'il loi ao cordait ce qu'il demandait. A peine eut-il fait ce vœu, que, selon le même historien, le cardinal Guidiccioni se sentit tout à coup changé sans savoir ni pourquoi ni comment. Il lut Técrit qu'il n'avait même pas voulu regarder , ses scrupules se dissipèrent, et le nouvel ordre lui sembla absolument nécessaire pour faire la guerre aux hérétiques. Les autres cardinaux se rangèrent à son nouvel avis; Paul III, qui avait vu là tout d'abord le doigt de Dieu, donna sans plus de délai la bulle d'approbation. Elle fut expédiée le 27 septembre 1 540, sur un simple exposé des Constitutions qui n'étaient pas encore faites. Cet exposé est inséré tout entier dans la bulle. On peut le résumer ainsi : La Compagnie de Jésus est composée de ceux qui veulent porter les armes pour Dieu sous l'étendard de la croix et servir le seul Seigneur et le Pontife Romain, son vicaire sur la terre ; les enrôlés doivent faire vœu de chasteté, de pauvreté, d'obéissance au Général et de soumission au pape. Le Général est absolu ; il fera des Constitutions de concert avec la majorité des associés. Son pouvoir pour le gouvernement de la Compagnie est illimité. » Voici le passage qui se rapporte au vœu de pauvreté : « Nous voulons que tous les membres, et chacun d'eux, fassent vœu de pauvreté perpétuelle, leur déclarant qu'ils ne peuvent acquérir ni en particulier, m même en commun, pour Y entretien ou usage de la Compagnie, aucun droit civil à des biens immeubles ou à des rentes et revenus quelconques, mais qu'ils doivent se contenter de l'usage de ce qu'on leur donnera pour se procurer le nécessaire. Néanmoins, ils pourront avoir dans les Universités des collèges possédant des revenus , cens et fonds, applicables à l'usage et aux besoins des étudiants, le Général de la Compagnie conservant toute administration et i. 3

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