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D'APRÈS UN ALBUM D'IMAGES DU SECOND EMPIRE

tourner toute la machine avec le feu tout allumé dans la pièce voisine : ainsi se trouvait résolu le moyen de chauffer avec un même feu visible deux pièces complètement séparées en apparence.

VIII. — Jouets en étain vendus au dix-huitième siècle par les maîtres miroitiers-Iunettiers, les orfèvres et les potiers d'clain.

Pour en revenir aux bimbelotiers et aux marchands de jouets d'enfants, nous voyons, dans le Dictionnaire des Arts et Métiers de Jaubert, « que ce sont les maîtres miroitiers et lunettiers qui font le trafic des menues pièces en étain de bas aloi ou en plomb qu'on appelle ménages d'enfants. L'art de faire ces bagatelles et le débit qu'on s'en procure forment

un commerce considérable ; il s'en consomme non seulement beaucoup dans Paris et dans les provinces, on en envoie aussi à l'étranger et jusque dans l'Amérique espagnole. »

Ces artisans n'avaient du reste pas le privilège exclusif de ce genre de fabrication, puisque le même document nous apprend que « les orfèvres et les potiers d'étain donnent le nom de menuisiers, comme qui dirait faiseurs de menus ouvrages, aux ouvriers de leur communauté qui ne fabriquent et ne font négoce que de petits ouvrages, tels que les ménages d'enfants ».

IX. — Fabrication des menus objets en fer-blanc et en étain au début

du dix-neuvième siècle.

Au commencement du dix-neuvième siècle, l'industrie des ménages d'enfants était très développée à Paris, et dans l'album de M. Arthur Maury nous en voyons la représentation d'une multitude de pièces. On fabriquait ces objets soit en fer-blanc, soit en étain, et ce recueil nous montre toute une série de casseroles, de pots à lait, de cafetières, de sucriers, de tasses et de soucoupes, sans oublier un plateau découpé à jour qui était évidemment composé de la même matière. L'ingénieux marchand qui avait fait établir tous ces modèles n'avait pas oublié les ustensiles de cuisine, qui figuraient là tous au grand complet depuis la rôtissoire jusqu'au gril, à la lèchefrite et à la boîte au sel. Les ustensiles du feu étaient aussi soigneusement indiqués et l'artiste avait représenté avec vérité les chenets, pelles et pincettes et braseros d'enfants servant à la cuisson de ces repas imaginaires.

Les mêmes articles se fabriquaient en étain et ils étaient beaucoup plus soignés ; ils sont désignés dans le recueil sous le nom de « Jouets fins polis et tournés ». On retrouve parmi eux le petit sucrier orné de guirlandes, qui rappellent encore bien la décoration en honneur sous le règne de Louis XVI ; puis, ce sont des chandeliers, des bougeoirs, une minuscule lèchefrite ornée de perles et de fines gravures au burin, une jolie petite chaise, du plus pur style Empire ; au-dessous, des cuillers, des couteaux, des fourchettes, des tasses et un hanap sont de la même grandeur que des chenets et des pelles et pincettes.

On fabriquait aussi pour les enfants des plats ronds et ovales à bords contournés, que nous n'aurions pas hésité à attribuer au règne de Louis XV.

Dès cette époque, l'horlogerie enfantine était exécutée d'une manière

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