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V. — Automates construits pour Louis XIV

Sous Louis XIV, on réalisa de véritables prodiges au point de vue de la composition des automates; pour amuser le roi, on avait construit une pièce à automates des plus compliquées; ce groupe consistait en un carrosse à huit chevaux, couverts d'un harnachement complet et conduits par un élégant postillon.

Quand la machine était remontée, on voyait le cocher faire claquer son fouet et les chevaux partir en agitant leurs jambes; le carrosse tournait sur la table où il était placé et, arrivé devant le roi, il s'arrêtait, un page descendait alors et ouvrait la portière à une dame qui mettait pied à terre et, avec une révérence profonde, présentait un placet et remontait en voiture ; d'un mouvement simultané, le page refermait la portière et l'attelage se remettait en mouvement.

M. Franklin cite un autre automate tout aussi curieux que la voiture dont nous venons de parler ; cette petite merveille fut construite pour Louis XIV déjà vieux par le savant père Truchet. C'était un théâtre sur lequel se jouait un opéra en cinq actes. Il suffisait de tirer une petite boule pour animer toute la machine. Les mouvements des personnages étaient rendus avec une admirable vérité, et les décors changeaient d'eux-mêmes quatre fois au moment voulu.

Cet opéra, dit Fontenelle qui l'avait vu, recommençait quatre fois de suite sans qu'il soit besoin de remonter les ressorts, et, si l'on voulait arrêter le cours de la représentation à quelque instant que ce fût, on le pouvait au moyen d'une détente cachée dans la bordure ; on avait aussitôt un tableau ordinaire fixe, et si l'on retouchait la boule tout reprenait où il avait fini. Ce tableau, long de 16 pouces 6 lignes (45 centimètres environ) sans la bordure et haut de 13 pouces A lignes, n'avait que 1 pouce 3 lignes d'épaisseur pour renfermer toutes les machines. Quand on les voyait désassemblées, on était effrayé de leur nombre prodigieux et de leur extrême délicatesse.

LA CHUTE DE POLICHINELLE d'après u.ne gravure sur cuivre du xviii" siècle.

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VI — Les têtes parlantes de Yalentiii Merbiz et de l'abbé Mical.

Il a été souvent question, dans les mémoires du temps, des têtes parlantes faites à l'imitation de celle d'Albert le Grand, et entre autres, de celle qui fut faite par Valentin Merbiz pour l'amusement de la reine Catherine de Suède; cette tête pouvait, paraît-il, au gré de son inventeur, répondre aux questions en hébreu, en grec, en latin et en français.

D'autre part, on voit mentionnées également les deux têtes parlantes qui furent l'œuvre de l'abbé Mical et présentées par lui le 2 juillet 1783 à l'Académie des Sciences.

La première tête pouvait distinctement prononcer la phrase suivante : « Le roi donne la paix à l'Europe. » La seconde ajoutait : « La paix couronne le roi de gloire. » La première tête continuant le dialogue ajoutait : « Et la paix fait le bonheur des peuples. » On pouvait même, en appuyant sur un certain ressort, obtenir cette nouvelle phrase : « 0 roi adorable, Père de vos peuples, leur bonheur fait voir à l'Europe la gloire de votre trône. »

Ainsi qu'on peut le voir par la gravure qui reproduit ce prodige de mécanisme, les têtes parlantes de l'abbé Mical étaient placées sous une sorte de dôme et reposaient sur un socle destiné à contenir tous les rouages de la machine.

Le Dictionnaire universel rapporte que ces tètes furent brisées par leur auteur, mais Montuchat raconte qu'elles furent vendues à un prix élevé à un noble étranger.

VU. — Tête parlante de Wolfang- de Kempelen.

Wolfang de Kempelen, né en 1737 et Conseiller de la Chambre des domaines de Hongrie, avait, paraît-il, fait une tête parlante supérieure à celles de l'abbé Mical. Enfin, dans le Journal des savants d'octobre 1787, il est question d'une quatrième machine parlante, construite par C.-S. Kratzenstein.

Comme toutes les inventions surprenantes ne tardent pas à être mises à profit par les plagiaires fort avisés, un ventriloque, en 1783, exploita cette idée et fît courir tout Paris en annonçant l'arrivée d'une figure parlante des plus rares.

C'était une tête d'environ un pied et demi, qui était suspendue en l'air par un ruban et répondait distinctement à toutes les questions. Après de longues dissertations, on découvrit le secret de ce ventriloque; à défaut d'autre mérite, il eut du moins celui d'être le premier à exploiter cette innocente supercherie qui a fait le succès d'un nombre considérable de ses confrères aux époques suivantes.

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VII T. — Automates de Yaucansoii.

Les plus célèbres automates du dix-huitième siècle furent sans contredit ceux dus au génie de Vaucanson.

Le premier que l'illustre mécanicien montra à Paris, en i738, fut le

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