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I. — La crécelle et la claquelte au Moyen Age

Au Moyen Age, les crécelles servaient pendant le temps où il était interdit de sonner les cloches.

Dès le neuvième siècle, Amalarius, abbé de Hornbacb, au diocèse de Metz, parlait d'instrument en bois destiné à annoncer les offices religieux.

Le type le plus connu et le plus simple de crécelle consiste en six planches fixées autour d'un axe ; entre chacune de ces plauches était un marteau que le mouvement de rotation envoyait frapper violemment contre la paroi de bois qui lui était opposée.

Ces petits appareils étaient plus connus sous le nom de claquette. Ils étaient imposés aux lépreux, qui les portaient suspendus à leur ceinture et devaient les agiter pour signaler leur présence et éviter le contact avec les autres personnes.

La claquette des ladres était formée de trois planchettes terminées par un grelot.

Dans Pantagruel (1), il est fait mention de la claquette :

Tira un Iranson de cosle bovine blanche cl deux pièces de bois de forme pareille, l'une d'ébène noir, l'autre de brésil incarnai et les misl entre les doigls d'icelle, en bonne symétrie, en les chocquant ensemble, faisoit son tel que le font les ladres en Bretagne avec leurs clicqueltes.

1 Edition de 1530.

Il y a quelques années on pouvait encore voir, dans la célèbre collection

de M. Jubinal, une crécelle en bois datant du quatorzième siècle et qui avait été vendue par le couvent de l'Escaladieu près de Bagnières. Cet instrument était de tous points semblable à celui dont se servent les enfants encore aujourd'hui, et il ne devait produire qu'une bien faible impression sur le tympan des fidèles qu'il conviait à la prière.

Dans le recueil des Trente-six figures contenant tous les jeux, etc., édité en 1587, la crécelle est désignée par ces deux vers :

CRÉCELLE phovenant nu couvent

Ij'EsCALADIEU (Xl\" SIÈCLE).

Un peu plus grands, d'une façon nouvelle Ils font tourner la génie crécerelle.

Au seizième siècle, la crécelle faisait encore partie des menus accessoires du culte, et Pasquier, dans ses Recherches, la définit ainsi : « Petit moulinet dont nous usons le jeudy et le vendredy de la sepmaine sainte au lieu de cloche, que nous appelions cresserelle; il a emprunté son nom du son qu'il produit. » Dans certaines provinces, cet instrument est également appelé tartarelle, simandre, routelle.

On a fait des crécelles de différentes formes : Dideron, dans ses Annales archéologiques, donne la description d'un de ces moulinets provenant de la cathédrale de Bourges; il est formé d'une table sur laquelle viennent retomber des marteaux mis en mouvement par la manivelle d'un cylindre. Cet antique instrument a été repris aune époque contemporaine, pour en faire un véritable jouet d'enfant qui était exécuté à Notre-Dame de Liesse et se vendait dans le commerce sous le nom de « moulin tapage » .

A Burgos, on conserve encore une crécelle d'un genre tout particulier : elle est formée de six caissons creux assemblés en forme de croix; pour augmenter la sonorité, le bois est doublé de plaques de fer sur lesquelles viennent frapper des marteaux mis en mouvement par une manivelle.

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