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SÉANCE DE MARIONNETTES A DOMICILE

d'une réputation presque européenne pendant le premier quart du disneuvième siècle, appartenaient évidemment à ce genre de marionnettes.

La plupart de ces acteurs eu miniature, qui out causé le bonheur d'un si grand nombre d'enfants, ont été recueillis par un collectionneur émérite, M. Arthur Maury, qui a même tenté ces dernières années une nouvelle restauration du théâtre Séraphin.

Parmi ces anticjues marionnettes on retrouve le type le plus curieux et le plus populaire ; nous signalerons particulièrement une de ces poupées qui était destinée à jouer le rôle à transformation ; à un moment donné, celui qui la faisait mouvoir s'écriait : « Les bras m'en tombent » ; aussitôt, par un habile déclanchement, chacun des bras de l'automate se détachait du corps et, par un simple renversement de l'étoffe formant les manches, devenait une charmante petite danseuse qui concourait au ballet final de la pièce.

Un autre personnage de cette troupe mérite une mention spéciale : c'est le sieur Polichinelle qui, par son esprit et sa gaîté, avait su s'attirer l'affection de tous ces jeunes spectateurs ; c'était, au surplus, un acteur émérite doué d'un mécanisme perfectionné qui lui permettait de faire mouvoir les yeux et d'ouvrir la bouche, ce qui ajoutait beaucoup d'expression à la physionomie. À tous ces talents, Polichinelle joignait le mérite d'être un excellent cavalier; il lui arrivait, en effet, souvent de faire son entrée sur la scène monté sur un magnifique caniche dressé à ce genre d'exercice ; c'était, alors, des tonnerres d'applaudissements que le grand acteur accueillait avec modestie, comme il convient au vrai mérite.

Les fabricants de mariomielles au dî.v-neuvième siècle.

Dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, les fabricants de jouets

se sont préoccupés d'établir des poupées pouvant être employées comme acteurs clans les théâtres servant de jouets à des enfants.

A l'Exposition de 1844, M. François, demeurant faubourg du Temple, avait présenté des spécimens intéressants de ce genre de fabrication.

A l'Exposition de 1849, on avait exposé une série de personnages

LE PETIT GUIGNOL d'après une lithographie de la Restauration.

destinés à ces petits théâtres ; les renseignements que nous trouvons dans le rapport du jury de cette année constituent un document précieux sur ce sujet :

Les personnages et les grotesques, à partir de 2tr,50 la douzaine, sont préférés à ceux de Nuremberg, Neusladl, Sonnenberg. Ils sont pour la plupart modelés avec goût et grimés avec esprit. Leur fabrication est très importante tant à Paris, dans le VIe arrondissement (le Temple) que dans le Jura et dans l'Isère.

En 1849, on vendit à Paris pour 18 810 francs de polichinelles et de pantins.

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