II. — La lanterne magique du Père Kircher
On a également attribué l'invention de la lanterne magique au Père
T. A PIECE CirRIEJJSE .
Inventée Pai" le Père Kircker Jefuite Allemand
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Pour Jaire jouer cette Lanterne ilfnut avoir une muraille* éref olanche^au/un d/^ap treJ j*in,poiir que 1er couleunf
smentplnâ -viveâ '. poser la* Lanterne* sur une- tal le portative a/m de ta mouvoir a, ^volante, la mettre* a S.piedédu drap, affamer ta. Lanterne' avec* u/te* porte 7/iecAe* et d'iuilè* d'o-
-Itve tires le tuyau- det*veref enou-on* a- moitiés pour les rrïet'-
-fre a, lezunjÇyer^ distraire toute autre àunteré .prendre* wie des èandeJ de *verre- peùit sur la ou. 'elle* est des petl*
-tes tiyuret, la- latre* passé? re/wersé dans la* coulisse de la* lanterne en lace de la lumière*, a* l'instant an fvéra*sur le* drap lerlujuref en ar and S 'd* elles n'etoiJenirpaj' par/ailement distinctes dlaudroit enlimeer las tuyaux- au* 1er tzrer, ou-^f bien approcAer la tulle ou* la reculer avec* précaution, et/1 un peu d'attention-^ On- oltîenara- toute- la* clarté-, grosseur, et* illuswn, aue cette* instrument? peut produire . A PARIS ert 1787*
Kircher, dont l'érudition et la fécondité d'imagination sont généralement connues : la lanterne, magique est, en effet, décrite dans son ouvrage Magnes sive de magnelka arte (Rome, 1645), et nous pouvons voir, par une
curieuse gravure du dix-septième siècle, [ que son procédé est sensiblement le même que celui qui est encore aujourd'hui en usage.
A l'intérieur d'une boîte parfaitement close et munie d'une cheminée pour l'échappement de la fumée, il a placé une lampe garnie d'un réservoir; en avant de cette lampe est une monture métallique contc-
DÉMONSTRATION DU .MÉCANISME DE LA LANTERNE MAGIQUE d'après une gravure sur bois du xvii' siùclr.
nant les verres d'une longue vue et aboutissant à une ouverture percée dans la paroi latérale de la caisse. Devant ce faisceau de rayons lumineux, il faisait défiler une série de Saints finement peints sur de petits médaillons en verre : l'exemple que nous avons sous les yeux reproduit des sujets religieux, et la figure projetée sur le mur montre l'àme de quelque pécheur endurci brûlant dans les inextinguiblesJeux de l'enfer.
LU. — Définition donnée par Kichelet.
Au dix-huitième siècle, la lanterne magique était considérée par les contemporains avec une certaine appréhension, c'est du moins ce qui
ressort de la définition qu'en donne Richelet dans son Nouveau Dictionnaire français, édité en 1719 :
C'est une petite machine d'optique qui fait voir dans l'obscurité, sur une muraille blanche, plusieurs spectres et monstres affreux, de sorte que celui qui n'en sçait pas le secret croit que cela se Tait par art magique.
Le montreur de lanterne magique et les « Cris de Paris ».
Le métier de montreur de lanterne magique faisait partie de la série des métiers qui sont reproduits dans les Cris de Paris. Les Savoyards avaient la spécialité de parcourir la France en montrant la lanterne magique, et ce métier était généralement associé à celui de joueur d'orgue de Barbarie qui taisait aussi voir « le marmotte en vie ».
Carie Vernet a reproduit ce petit métier parisien et nous montre ce modeste imprésario parcourant les rues en criant :
« Lanterne magique, pièce curieuse à voir. »
Un peu plus loin on aperçoit son confrère, le joueur d'orgue de Barbarie, qui s'en va mélancoliquement chercher aventure en portant sa musique sur son dos.
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LE MONTREUR DE LANTERNE MAGIQUE d'après les « Cris de Paris » de Cable Verset (xix" siècle).
V. — Diverses sortes de. lanternes niagiques à la fin du dix-huitième sièele.
Cet instrument devait naturellement tenir une place prépondérante dans les amusements des sciences mathématiques et physiques ; aussi trouvons nous dans le recueil qui porte ce nom une description fort intéressante, qui indique les divers perfectionnements qui avaient été apportés à cet appareil à la fin du règne de Louis XVL
La lanterne magique est un de ces instruments qu'une trop grande célébrité a presque rendu ridicule aux yeux de bien des gens. On la promène dans les rues ; on en divertit les enfants et le peuple; cela preuve, avec le nom qu'elle porte, que ses effets sont curieux et surprenants.
On peut construire des lanternes magiques de deux manières, soit en se servant de la lumière artificielle, soit en employant à cet effet les rayons du soleil. Dans ce dernier cas, ses
/ci Lanterne? MagiaiieJ
effets sont assez semblables à ceux du microscope solaire. Quand on a recours à une lampe comme source lumineuse, on a le soin de placer un miroir spliérique qui réllécbil vivement la lumière et éclaire les objets dessinés sur la bande de verre.
On savait déjà à cette époque la manière Je faire des projections animées au moyen de deux plaques de verre, dont rime est fixe, taudis que l'autre porte la partie mobile.
Par ce moyen, un homme ôlera son chapeau et le remettra, une figure grotesque branlera la mâchoire, un forgeron frappera sur une enclume, on verra tourner un moulin; une femme paraîtra faire la révérence; un danseur de corde marchera sur la corde de l'un à l'autre bout. Pour empêcher quele frottement ne gâte la peinture, l'on aura l'attention d'interposer une forte bande de papier pour tenir les surfaces des doux verres respectivement éloignées l'une de l'autre
Pour donner une idée de cette petite mécanique, nous allons indiquer la manière d'imiter une tempête. On prend deux bandes de verre d'environ quinze pouces de longueur, qui soient encadrées dans des châssis assez minces pour que toutes deux puissent entrer ensemble et glisser facilement dans la coulisse. On dessinera sur toute la longueur d'une de. ces bandes de verre les effets de la mer, depuis la plus légère agitation, jusqu'à la tempête la plus horrible. On divisera, pour cet effet, son dessin en cinq parties : la première représentera un temps calme et des nuages tranquilles ; la seconde, une légère agitation et quelques nuages ; la troisième, une agitation des vagues plus sensible ; la quatrième, une mer plus agitée et des
« Voilà la lanterne magique »
d'après une caricature allemande du commencement DU XVlll0 SIÈCLE.
nuages qui s'obscurcissent; eL la cinquième, un temps très sombre et un soulèvement généra des flots. Il faut avoir attention à ne pas trancher tout à coup les différents effets contenus dans les espaces et à les amener au contraire par degrés; c'est de là que dépend l'effet pittoresque de ce tableau. Sur l'autre verre, on peindra des vaisseaux de diverses formes el grandeurs el à différents éloignements. Il ne faut peindre sur ce verre que la partie des vaisseaux qui doit paraître hors de l'eau. Si on fait passer doucement le verre dans sa coulisse et qu'à l'endroit où commence la tempête on lui fasse faire quelque balancement, on produira par ce moyen les effets d'une mer qui, peu à peu, devient agitée et forme enfin une tempête. La manière dont on a peint les nuages contribuera aussi à augmenter beaucoup l'illusion : à mesure qu'on retirera ce verre, ces effets cesseront et la mer paraîtra s'apaiser petit à petit. Si, dans le même temps, on fait couler très doucement le verre sur lequel sont peints les navires,
il semblera qu'ils traversent le tableau, et, en les agitant un peu lors delà représentation de la tempête, ils paraîtront alors être battus par les flots. On peut, au moyen de deux verres ainsi disposés, représenter une bataille, un combat naval et mille autres eboses que chacun peut imaginer à son gré; ils peuvent aussi servir pour représenter quelques actions singulières ou grotesques entre plusieurs personnages, et quantité d'amusements qu'un génie industrieux pourra facilement imaginer.