LE JEU DU PORTEUR
■d'apIIÈS UNE IMAGE POPULAIRE DU COMMENCEMENT DU XIXe SIÈCLE.
Le cheval bâton au Moyen As-e.
Le cheval de bois ainsi simplifié a eu également la faveur de tout le Moyen Age, et, dans les peintures des manuscrits du quinzième siècle, il n'est pas rare de voir de petits personnages, à cheval sur un bâton, se livrer à mille gambades au milieu de riches rinceaux qui habillent d'une manière si somptueuse les marges de ces précieux livres.
Les articles d'inventaire du seizième siècle sont unanimes à nous montrer que les fils des plus grands seigneurs aimaient fort à se livrer à cette innocente distraction :
1556. — Demy quart veloux rouge cramoisy baulte couleur à 1G 1. l'aulne, pour faire capa-
LE JEU DU MOULINET ET DU CHEVAL BATON d'après une gravure allemande du commencement
IIU XVIIIe SIÈCLE.
rasson à ung petit clieviil do bois que lad. dame (la reine) donna à Mgr. le duc d'Orléans son fils.
... 10 s. t. pour 5 aulnes de cosle j aulne et rouge par moitié pour servir à faire fillelz à deux petilz chevaulx de bois painclz qui trainnent deux pièces d'artillerie que lad. dame a donné à Mgr. d'Orléans pour ses eslrennes. (Argenterie de la reine, folios 1 et 13.)
1565. — Pour ung cheval de bois couvert de toille, amply de foing, pour servir aux paiges à aprendre à voltiger, 11 liv. (Compte de l'écurie du roi, folio 47.)
Ainsi qu'où le voit par ces articles d'inventaire, les jeunes enfants, au seizième siècle, recevaient également eu présent des chevaux en ronde bosse que l'on peut considérer comme de xévitables travaux de sculpture.
Dans la précieuse collection de M. Albert Figdor, nous avons trouvé un de ces jouets qui a dû être exécuté pour le fils de quelque grand seigneur; il se trouve représenté dans l'attitude de la marche, la tète légèrement inclinée, allure que l'on rencontre fréquemment dans les statues équestres de cette époque. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est § que ce noble coursier a conservé encore intact son riche harnachement de velours rouge; la selle, la housse et les brides sont couvertes de somptueuses broderies d'or qui forment de gracieuses arabesques dans le goût de la Renaissance. Les galons et les passementeries, qui forment le complé-