D'APRÈS U.NE GRAYDI'.E ALLEMANDE DU XVIH" SIECLE
Au siècle suivant, nous voyons citer dans le Mercure de France, à la date du 27 juillet 1722, une petite mention qui montre que dans cet ordre d'idées le luxe n'avait fait que progresser :
Madame la duchesse d'Orléans a fait présent à nnfanle Reine d'une» loilet le superbe convenant à l'âge de la princesse, avec une poupée magnifique donl la garde-robe est complète cl fournie d'habits variés; on dit que ce présent monle à près de vingt-deux mille livres.
Quelques années plus tard, le roi Louis XV ne fit pas preuve d'une moindre prodigalité, puisque nous lisons, dans le journal de Barbier, qu'il fit don d'une poupée de vingt mille livres à l'Infante venue d'Espagne pour l'épouser.
Il paraît que Jean-Jacques Rousseau fulminait contre, de pareilles folies et que le luxe déployé dans les jouets de son temps avait particulièrement le don de l'exaspérer.
VI. — Opinion tic Furetiôre et de Savary sur l'envoi des poupées françaises
à l'étrang-ei-i
Dans le Roman Bourgeois de Furetière (page 57), il est encore question de cette coutume d'envoyer à l'étranger des poupées pour donner l'idée des modes nouvelles :
« Enfin, il y auroil un greffe ou un bureau estably, avec un eslalon el toutes sortes de mesures pour régler les différens qui se formeraient dans la juridiction, avec une figure vesluë
(1) Depuis duchesse de Longueville.
selon la dernière mode, comme ces poupées qu'on envoie pour ce sujet dans les provinces. Tous les tailleurs seraient obligez de se servir de ces modelles, comme les appareilleurs vont prendre les mesures sur les plans des édifices qu'on leur donne à faire. »
Un peu plus tard, au dix-huitième siècle, Savary dans son Dictiomwire du Commerce, paru en 1723. parle de ces « belles poupées qu'on envoie