JEUNES ENTANTS DANS UN PARC JOUANT A LA POUPEE
d'après i.f. tableao de Cuvpf.l \viii« siècle).
(Gravure de Jodlain.)
toutes coiffées et richement habillées dans les cours étrangères pour y porter les modes françaises des habits » .
Dans la relation du voyage que Deisbeck fit en Allemagne et notamment à Vienne en 1788, nous lisons que daus cette dernière ville « on suit généralement les modes françaises ; on fait venir des poupées de Paris, afin que les dames puissent en faire imiter les costumes par leurs modistes. »
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VIL — Principaux marchands de jouets à la fin du dix-huitième siècle
et sous l'Empire.
Dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, le marchand en vogue pour la vente des poupées était un sieur Juhel, rue Saint-Denis, qui tenait « un des plus fameux magasins de jouets d'enfants, poupées à ressorts et autres joujoux d'Angleterre ». [Almanach Dauphin pour J 777 , suppl., p. 6.)
Les colifichets et joujoux en or se trouvaient au Petit Dunkerque, magasin célèbre situé à l'angle de la rue Dauphine et du quai Conti. {Baronne d' Oberkirch , t. Ier, p. 230.)
■A peu près à la même époque, un autre magasin, qui disputait aux premiers la faveur du public, était la boutique ayant pour enseigne Au Singe Violet. Le propriétaire était un certain Biennais, marchand tabletier ébéniste, qui vendait tous les jeux possibles pour les grandes personnes et tenait en même temps les jouets d'enfants ; dans cette échoppe on pouvait trouver, par la même occasion, des souvenirs en écaille et en ivoire garni d'or, de même que des pipes en vraie écume de mer, des parapluies et des parasols.
Au dix-neuvième siècle, le marchand le plus renommé est Darbo, Aux Trois Singes; il demeure rue de Richelieu, 95, vis-à-vis la rue Feydeau ; sa carte est ainsi libellée :
Darbo tienl magasin de tabletterie dans tous genres, des jouels d'enfants du plus nouveau goût, caries géographiques découpées par département, des arcs, carquois et flèches et autres jeux, el fait des envois en province; on trouve chez lui un bel assortiment de pipes fines et de tuyaux.
Le même ^Biennais, que nous avons vu au dix-huitième siècle, tient encore boutique ouverte sous le premier Empire, rue Saint-Honoré, 119 ; il s'intitule alors « marchand orfèvre, tabletier-ébéniste », et son commerce était analogue à celui du Petit Dunkerque. On trouvait chez cet honorable industriel toutes les coûteuses futilités destinées à l'amusement des dames, pour le plus grand préjudice de la bourse des maris.
11 existait en 1808, à Paris, huit marchands en gros s'occupant spécialement de la vente des jouets d'enfants ; on trouvait dans ces maisons tous les joujoux, depuis les plus simples jusqu'aux plus coûteux, ainsi que nous pouvons nous en faire une idée des plus exactes, par le curieux album de M. Arthur Maury.
L'un de ces marchands, nommé Lobjoy et demeurant rue Saint- Antoine, avait la spécialité de la fabrication de ces ravissants petits meubles de
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poupées, dont beaucoup étaient vendus daus les somptueuses boutiques du Palais-Royal.
Les autres marchands étaient :
Cacheleux, rue Saint-Denis, 116, qui s'intitulait : marchand de jouets des Enfants de France;
Cochet-Dehenne, rue du faubourg Montmartre, SI ;
Dubois, rue Saint-Honoré, 53 ;
Ncrville, rue Saint-Denis, 199 ;
Revenus, rue Grenetat ;
Rheimbolds et C'% rue Bourg-l'Abbé, 11 ;
Stos, Palais du Tribunal, 228.
VIU. — Les poupées sériant de gravures de mode au dix-neuvième sièele.
L'habitude de se servir des poupées comme de gravures de modes se
HOBES DE POUPEES
DESTIHÉES A ÉTHE ENVOYÉES COMME MODÈLES POUR PORTER A L'ÉTHANGEIt LES MOUES FRANÇAISES (1).
retrouve encore au dix-neuvième siècle ; en 1849 on se sert encore de la
poupée pour donner à l'étranger une idée des modes françaises :
Les ouvrières parisiennes, dit M. Nalalis Itonilot dans son excellent rapport sur l'exposition de 1849, n'ont pas de rivales pour l'habillement de la poupée ; elles savent, avec une prestesse et une habileté merveilleuses, tirer parti des moindres morceaux d'étoffe pour créer une toilette
(1) L'idée de se servir de ces petits mannequins, comme carte d'échantillon, a été reprise de nos Jours par le plus grand nombre des industriels qui s'occupent du vêtement féminin. Ces modèles en réduction présentent l'avantage de tenir moins de place dans les vitrines d'exposition et de présenter une grande économie dans les frais d'établissement.
élégante. Le manlelel, la casareeka et la robe d'une poupée d'un franc sont la reproduction fidèle et correcte des modes nouvelles ; et, dans ces costumes chiffonnés avec tant de coquetterie, l'habilleuse ne se montre pas seulement excellente lingère, couturière ou modiste; elle fait preuve en même temps de goût dans le choix des tissus et le contraste des couleurs. Aussi la poupée est-elie expédiée dans les départements et souvent à l'étranger comme patron des modes; elle est même devenue un accessoire indispensnble de toute exportation de nouveautés confectionnées et il est arrivé que, faute d'une poupée, des négociants ont compromis le placement de leurs envois. Les premiers mantelets vendus dans l'Inde furent d'abord portés sur la tête, en mantille par les dames de Calcutta; la poupée modèle arriva enfin et l'erreur fut reconnue.