‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 56 sur 144 · ALLIANCES ET LUXE DE SALOMON · texte numérisé non relu

ALLIANCES ET LUXE DE SALOMON

princesse. — De plus, à la suite de cette alliance avec une dynastie égyptienne, des nouveautés graves s’introduisirent en Israël, entre autres un luxe de chevaux et de chars. Salomon entretint aussi des relations étroites avec Hiram, roi de Tyr, qui avait déjà été avec David sur un pied d'excellent voisinage. Il paraîtrait que Salomon épousa aussi une princesse de sa maison. Cette étroite alliance entre Salomon et Hiram eut pour conséquence de vastes entreprises. |

L'existence d'un nombreux harem impliquait une domesticité considérable. Salomon dut s’entourer d'une cour brillante. Les ambassadeurs des rois tributaires et amis, envoyés fréquemment à Jérusalem pour apporter leurs hommages ou leurs tributs au roi, avaient droit à une réception pompeuse. Salomon attachait d'’ailleurs un grand prix à déployer en tout temps de la magnificence, et il fallait de grosses sommes pour l'entretien de sa cour. Comment faire face à ces énormes dépenses? La maison royale ne possédait point de grands domaines. C’est donc le peuple qui dut supporter les frais de tout ce luxe. Le pays tout entier fut divisé en douze parties ou cantons, administrés chacun par un préposé (xeésib) qui avait mission de percevoir, chaque mois, des fournitures de bétail et de blé pour la table, et même d'orge et de paille pour les chevaux. Ces douze cantons n'étaient pas distribués d’après l'ancienne et étroite délimitation des douze tribus, dont les domaines, au contraire, furent morcelés. Cette nouvelle division du sol semble avoir eu un but, celui de faire cesser l’ancienne organisation des tribus, qui les isolait les unes des autres. Les douze préposés. étaient sous la direction d’un inspecteur général, qui devait s'assurer de la régularité des perceptions.

Salomon se montra surtout magnifique dans les constructions qu'il entreprit. Sa première préoccupation à cet égard fut d'élever un beau temple au Dieu d'Israël dans la capitale du pays. Il ne pouvait lui être indifférent que dans les pays voisins, dans l'Égypte et la Phénicie, dont les rois étaient ses amis, les dieux eussent des temples à proportions colossales, tandis que, dans son pays à lui, le sanctuaire n'était toujours qu’une simple tente. En conséquence, dès son avènement au trône, Salomon commença les préparatifs de cette édification. L'emplacement était désigné d’a-

vance : c'était la colline de Moria, au nord-est de la ville, où David, après la disparition de la peste, avait dressé un autel. L'argent et l'or étaient prêts également; mais les matériaux, les pierres et le bois de cèdre, il fallait se les procurer. Les pierres, sans doute, abondaient aux environs de Jérusalem; mais non les blocs réguliers, les pierres de taille propres à la construction, et. qu'il fallait extraire des carrières. Les pierres destinées aux murs furent taillées, sur les bords, de manière à pouvoir s’encastrer et s'adapter exactement entre elles. Mais d’où venaient les nombreux travailleurs dont on avait besoin pour les pénibles opérations de la taille, de l’ajustage et du transport de ces matériaux ? Salomon avait appris de son beau-père, Pharaon Psusennès, comment on peut se procurer à peu de frais des ouvriers. Dans le pays d'Israël vivaient encore des débris de l’ancienne population cananéenne. Saül avait bien commencé à en réduire le nombre, mais ses démêlés avec David l’avaient empêché de poursuivre énergiquement . son œuvre. David les avait laissés tranquilles, parce qu'ils vivaient en paix avec les Israélites et lui étaient utiles à lui-même dans ses guerres contre les Philistins et d’autres ennemis. Plus les Israélites devinrent puissants, moins le voisinage de cette population indigène pouvait leur nuire. Or, à tout ce qui restait d’Amorréens, de Héthéens, de Hivéens, même aux Jébuséens, autorisés. par David à demeurer près de Jérusalem, Salomon imposa d’un coup un quasi-esclavage et les contraignit à des corvées. Ensemble, ils comptaient encore cent cinquante mille jeunes genset hommes valides, qui formèrent la population ouvrière. Plus de trois mille surveillants israélites maintenaient dans l’obéissance ces indigènes condamnés à la servitude; un préposé supérieur, Adoniram, inspectait et les ouvriers et les surveillants euxmêmes. Quatre-vingt mille de ces malheureux étaient occupés jour et nuit à extraire des carrières des blocs énormes, à les équarrir, à les polir, à les ajuster, à la lueur des lampes et sous la direction de maîtres habiles venus de Biblos{G4iälim). Soixantedix mille esclaves tiraient les lourdes pierres de l'orifice et les transportaient sur le chantier.

Les bois de cèdre et de cyprès pour la charpente furent fournis par Hiram, roi de Tyr, ami de Salomon, et qui mit à sa disposi-

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