‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 80 sur 144 · MORT D'ATHALIE · texte numérisé non relu

MORT D'ATHALIE

détails de l’action furent arrêtés et le jour choisi pour l'exécution. Un sabbat, une partie seulement des gardes et des Cariens se rendirent à leurs postes, les autres prirent position à l'entrée du temple : ils avaient l’ordre formel de tuer quiconque tenterait de forcer les barrières du parvis. L'enfant royal ainsi couvert de toute attaque, Joïada fit entrer la foule dans le vestibule. Après un moment d’anxieuse attente, Cariens et gardes tirèrent leurs épées, les officiers prirent en main les armes de David, et le grand prêtre, amenant de son asile le jeune Joas, lui mit la couronne sur le front, lui conféra l’onction royale, et le fit asseoir sur le siège réservé aux rois dans l’avant-cour du temple. Les trompettes sonnérent, les gardes entre-choquèrent leurs armes, le peuple battit des mains et tous crièrent : « Vive le roi Joas! » Athalie, qui n'avait aucun soupçon, confiante d'ailleurs dans ses mercenaires, ne se réveilla de: sa sécurité que lorsque les rumeurs du temple parvinrent jusqu’à son palais. Elle accourut en toute hâte, suivie de quelques fidèles. Saisie de frayeur en apercevant ce jeune enfant ceint de la couronne, ses propres troupes rangées autour de lui, et la multitude transportée d’allégresse, elle se sentit livrée, déchira ses vêtements et s’écria : « Tahison, trahison ! » Quelques officiers s’emparérent d'elle, la firent sortir du parvis et, passant par un détour sous la grande porte orientale, la ramenèrent au palais, où ils la tuërent. Ainsi finit misérablement, comme sa mère, la dernière descendante de la maison d'Omri. L’intimité de Tyr n'avait porté bonheur ni à l’un ni à l’autre royaume; la mére et la fille, Jézabel et Athalie, furent, comme leur déesse Astarté, une source de dépérissement, de ruine et de mort. La fille d’Achab n'avait guère de partisans à Jérusalem ; elle n’eut pas un défenseur à l'heure de son agonie. Les prêtres de Baal ne lui furent d'aucun secours ; impuissants à sauver leur propre vie, ils tombèrent eux-mêmes sous les coups de la fureur populaire.

Joïada, promoteur et exécuteur de cette grande révolution, eut soin de prendre des mesures pour éviter le retour d'événements si tragiques. Il profita de là joie et de l'enthousiasme universels pour rallumer dans les âmes un attachement sincère au Dieu des ancêtres. Il adjura le roi et le peuple, réunis dans le temple,

d'affirmer solennellement qu'ils seraient à l'avenir un peuple de Disu, qu'ils serviraient l'Éternel fidèlement et n'adoreraient plus d'autrs Dieu. Peuple et roi le jurèrent à haute voix et scellèrent cette déclaration par une alliance. La foule se precipita ensuite vers le temple de Baal, y détruisit autels, statues avec tout ce qui avait servi au culte idolâtre, pendant que, Joas porté en triomphe au palais par les troupes, les gardes et la multitude, prenait possession du trône de ses pères. Une joyeuse animation régna dans tout Jérusalem. Les partisans de la reine déchue se tinrent à l'écart et n'osèrent pas troubler la joie populaire.

On est surpris d2 ne pas trouver l'action directe d'Élisée dans la double révolution politique et religieuse accomplie à si peu d intervalle à Samarie et à Jérusalem. C'est par les mains d’un de ses diseiples qu'il avait fait donner l'onction à Jéhu, choisi pour instrument de la vengeance divine ; quant à lui-même, il se tint à l'arrière-plan et n'assista pas même au renversement des autels de Baal. Il ne semble pas qu'il ait eu jamais des relations avec le roi Jéhu. Encore moins prit-il part à la chute d’Athalie et à l'extirpation de l'idolâtrie à Jérusalem. Sa principale occupation fut apparemment de former des disciples pour continuer la tradition d'Élie. Mais tous ne le reconnurent pas pour chef à l'égal de celui-ci : beaucoup lui reprochaient de ne pas porter comme eux les cheveux longs et incultes et de paraïtre ainsi moins estimer la vie naziréenne ; les enfants de quelques-uns, à Béthel, lui criaient : « Tête chauve ! tête chauve! » Élisée différait encore de son maître en ce qu'il ne vivait pas exclusivement dans la solitude et conservait des rapports avec les hommes. Dans les commencements de sa mission, sous les Omrides, il séjourna sans doute aussi sur le Carmel, d’où il faisait de fréquentes visites aux apôtres sur les rives du Jourdain, toujours accompagné de son disciple Ghechasi ; plus tard, sous les rois de la race de Jéhu, il s'établit à demeure dans la capitale du royaume d'Ephraïm, ce qui lui valut le nom de «a prophète de Samarie. » L'affabilité de son commerce lui donnait de l'ascendant sur les hommes ét transportait ses convictions dans leurs esprits ; des personnages considérables venaient s'instruire en l’'écoutant ; le sabbat et les jours de néoménie, c’était le peuple qui l'allait voir. Mais il évita constamment de se montrer dans Juda et

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