‹ Histoire des Juifs (volume 2)Chapitre 98 sur 144 · FIN DU ROYAUME DE SAMARIE · texte numérisé non relu

FIN DU ROYAUME DE SAMARIE

Ninive, et avec elles d'innombrables captifs, que le vainqueur dispersa par groupes dans des régions peu peuplées, dont la situation n’est pas exactement connue, à Chalach, à Chabor, au fleuve Gozan et dans les montagnes de la Médie. Le royaume des dix tribus, ou Maison d'Israël, avait subsisté deux cent soixante ans ; vingt rois avaient régné sur lui, et un matin il disparut sans laisser de traces, parce que, obéissant à l'indocilité d'Éphraïm, il s'était rendu étranger à son principe, en avait méconnu volontairement les éléments de progrès moral et de liberté, et en était ainsi arrivé à choir dans l'idolâtrie et dans les vices énervants qui lui font cortège. Le sol vomit les dix tribus, comme autrefois les peuples cananéens. Que sont-elles devenues? On les a cherchées aux extrémités de l'Orient et de l'Occident, et on a cru les avoir - retrouvées. Des imposteurs et des fous ont prétendu descendre de leur postérité. Mais il est hors de doute que, à part de minces fractions, elles se sont perdues parmi les peuples et ont disparu. Il n’en est probablement resté dans le pays qu’un petit nombre d'hommes, agriculteurs, vignerons ou bergers; quelques autres, débris de familles nobles, surtout de celles qui habitaient à la frontière de Juda, ont pu se réfugier sur le territoire voisin.

Il était donc retranché, le membre gangrené, qui avait infecté tout le corps de la nation et l'avait paralysé. La tribu d'Éphraïm. dont l’égoisme avait provoqué jadis, lors de l'occupation du pays, le morcellement de l'unité nationale, dont l’arrogance avait, plus tard, déterminé la scission etl’affaiblissement d’un empire devenu puissant, Éphraïm gémissait maintenant à l'étranger : « J'ai été châtié comme un jeune taureau indocile ; je’ suis couvert de confusion et je rougis, car je porte l'opprobre de ma jeunesse. » Ce membre une fois séparé, le corps de la nation sembla revenir à la santé. Les tribus de Juda et de Benjamin, qui, avec leurs annexes de Siméon et de Lévi, formaient depuis la chute du royaume des dix tribus le « reste d'Israël », reprirent vigueur et refleurirent. Si la ruine de Samarie les avait frappées de stupeur, elle leur avait aussi, pour le moment du moins, donné une leçon, en les avertissant de se corriger des désordres qui, pour Juda également, avaicnt amené la dégénération et la décadence. Le peuple et les grands cessèrent, dans les premiers temps qui suivirent, de se

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Au reste, il rérnuit aiors uu frinée comme Ja maison de Juda n'en avait plus vu depuis Lrevid. Fis d'Achaz. Æ:échias Chiskivahou, ‘724-546 était luut l'orpusé de son pere. Son àme tendre et poétique n'avait de penchant que pour l'iduai, et cet idéal] lui apparaissuil dans Sa propre relixion, dans les commanderments et la tradition des temps antiques. Autant sou pere avait mis de zele à propager les us étrangers et à faire la guerre au caractère nationai, autant Ézichias ’appliqua à restaurer les mœurs de l'ancienne Judée, à cpurer les idées et les institutions religieuses. Il prit la Thora pour guide. régla sur elle sa propre vie el celle de &on peuple. Ni jamais rui fut pour ses sujets un modéle et une lumière. ce fut Ézéchias. Eu lui Lrillaient non seulement la justice, la générosité. la grandeur d'äme, mais encore les vertus que d'ordinaire Ja couronne intimide et fait fuir : . la mansuétude, la modestie et l'humilits. I] possédait cette piété profonde et celte pure crainte de Dieu qui sont aussi rares que la perfection artistique et le génie du capitaine. Les prophètes et les poètes sacrés avaient de bonne heure reconnu la noblesse de sentiment ei les qualitcs du jeune prince. lendant le regne funeste d'Achaz, qui fut une oscillation continue entre la faiblesse et la folie, ces hommes de Dieu, avec la communauté des Humbles, avaient mis leur espoir dans le jeune fils du roi et attendu de son avènement le relour des temps glorieux de David. Ézéchias, qui avait vu avec douleur les égarements de son père, montra, aussitôt apres sa mort, la répulsion qu’elles lui inspiraient. H ne fit pas inhumer Achaz dans la sépulture héréditaire des rois de la race de David, mais dans un caveau tout exprès consiruit pour cet objet. Dans les débuts de son règne, les courtisans, les dignitaires

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