‹ Histoire des JuifsChapitre 7 sur 104 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA PÉRIODE DBS SÔPHBRIM

La haine qui naît de l'amour est plus lui le et plus passionn«'>e que celle qui pivnd sa source dans une n'jHilsion irrétlcchio, dans un mouvemenl d'envie ou dans le ressen Liment d'une oflensp;. C'étuil par auiuur pour le Dieu qu'on adorait à Jérusalem ijue Sonbiallat, ses Samarilaius el autres compagnons avaient tiavailh' «)l)Stinémenl h se l'aire admettre dans la eommunnnli' !<■ la vie judaïque, i^a violence môme de leur hostilité contre .N'élït aiir. qui avait relevé l'Klat de ses runies, n'était au fond «lue le désir indiscret et impétueux d'obtenir de haute hi!!-^ une iusion intime. Mais se voyant toujours et sans cesse repousses, leur ardeur impatiente se changea en haine furieuse. Lorsque Sanballat, qui, par son alliance avec la famille du grand prêtre, se croyait arrivé au terme de ses vœux, subit celte humiliation de voir son {^'cndre Manassé banni pour avoir épouse sa tille, il estima (jue la mesure était comble. Ilusé comme il était, il courut le dessein de luire saper les bases de l'i^tut judaïque pai' ses propres membres. Ne pouvait-il pas élever à ce même Dimi un temple rival, qui disputerait la prééminence à celui du .It'rusalem N'avait-il pas des prôlrcs, des descendants d'Aaron, qui pourraient, dans le sanctuaire projeté, fonctionner selon les rites légaux, selon les prescriptions de la Thora ? Son gendre Manassé pourrait y exercer la dignité de grand prêtre, et les autres Aaronides, expulsés comme lui, l'assisteraient. De la sorte, tout s'arrangeait pour le mieux au gré de ses désirs. Son vœu ardent de s'attacher au Dieu d'Israël, et son ambition d'être le chef d'uae république fermée, serateai »aUs£aits du même coup.

C'est ainsi que Sanballat, vraisemblablement npn' s la mort du roi ArtaxerxAs (420), éleva un temple au sommet do la i>v\\\p montagne de Gori/im (Garizimy nu pied do la ville de S eliem, dans une coiilrée mIhi e iin i-jscuieut au centre de la Palestine. Les Aaronides bannis de Jérusalem firent choix de cet emplacement, parce que c'élail du haut de cette nionlopne que, d'après le Deutéronome, devaient être bénis les observateurs de la Loi. Les Samaritains chnnf^èrcnt subrepticement la significalion du mot. Ils désignèrent et désif^ncnt aujourd'hui encore le Gerizim sous le nom de « montagne de la Bénédiction », comme si elle était, absolument parlant, la source de la bénédiction et du salut. Conséquemuient aussi, ils nommèrent la ville de Sichem a Bénédiction » {MaâracAta). — Sanballat, ou les prêtres du temple de Gerizim, déclarèrent en outre que les Samaritains ne descendaient nullement des bannis transplantés là autrefois par un roi d'Assyrie, mais qu'ils étaient bel et bien des Israélites, les restes des dix tribus ou des souches de Joseph et d'Éphraîm. Il se peut, en elTet, que parmi eux se soient trouvés quelques descendants des familles qui, après la chute du royaume d'Israël, subsistèrent près de Samarie ; mais que tous les Cutlié ns de Sanballat se donnassent pour la postérité authentique de Joseph etd'Éphraïm et prissent le nom d'Israélites, c'était une de ces impostures audacieuses qui déconcertent, par leur audace même, ceux qui savent le mieux à quoi s'en tenir. Mais leur langue trahissait l*origine hétérogène de ce ramassis d'étrangers : 6*était un jargon composé d'éléments aramaîques et autres» si barbares et si confus qu'il est impossible d'en reconnaître la source.

Quoi qu'il en soit, la tentative avait réussi. Les Samaritains avaient un temple autour duquel ils pouvaient se réunir, ils avaient des prêtres de la famille d'Aaron ; ils opposarent hardiment leur ffar-OerUim ~ comme ils nommaient leur montagne sainte — à celle de Noria, prouvaient par le livre de la Loi que Dieu lui-même avait destiné cette montagne a son culte, el s'appelaient eux-mêmes fièrement Israélites. Sanballat et ses successeurs s'appliquèrent a attirer parmi eux le plus grand nombre possible de Judéens. Ils leur concédaient des demeures et des terres, et leur prèlaient un appui efficace. Celui qui, dans Juda ou à

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