‹ Histoire des JuifsChapitre 8 sur 104 · LES SAMARITAINS · texte numérisé non relu

LES SAMARITAINS

Jérusalem, avait commis quelque méfait et en redoutait le chùtiment, se réfugiait chez les Samaritains, qui l'accueillaient a bras ouverts. De ces cléments se forma un État pseudo-judaïque, la secte des Samaritaitis, qui eut pour centre ou la ville de Sama* rie, d'où ils avaient pris leur nom, ou celle de Sichem. Les membres de cette secte formaient un petit peuple teaace, alerte, inventif, à qui Sanballat semblait avoir soufflé son esprit. Malgré sa faiblesse numérique, il s'est, par une sorte de prodige, conservé jusqu'à nos jours. En réalité, la naissance du samaritisme Ait une victoire de la doctrine judaïque, si l'on considère qu'une population si disparate se sentit invinciblement attirée par elle, en fit rétoile polaire de son existence et, en dépit de maintes mésaventures, ne Ta jamais abandonnée. La Thora, — ce code transmis par Moïse et que les prêtres exilés de Jérusalem leur avaient apporté, ^ les Samaritains la révéraient à T^al des Judaîtes, et relaient d*après ses prescriptions leur conduite religieuse et civile. Pourtant, malgré cette communauté de principes, le peuple juif n*eut pas à se louer des nouvelles recrues acquises à sa doctrine. Loin de là, cette première secte judaïque lui prépara autant de maux qu'aucune de celles qui depuis se développèrent dans son sein. Les Samaritains ne furent pas seulement, pendant une longue période, ses plus violents ennemis, ils lui contestèrent nettement ses droits à Texistence. Ils soutenaient être les seuls héritiers légitimes d'Israël, niaient la sainteté de Jérusalem et de son temple ; et toutes les œuvres, tous les mérites du peuple juif ' n*étaient, à les entendre, qu'une falsification du judaïsme primitif. Ils ne cessaient de regarder furtivement du côté de la Judée, pour savoir ce qui s'y faisait et l'introduire chez eux, et pourtant ils auraient de bon cœur, s'ils l'avaient pu, étranglé leur modèle. Au reste, du côté des Judaîtes, la haine du voisin n'était pas moins grande : pour eux, c'était « le méprisable peuple qui demeurait à Sichem. » L'animosité qui avait régné entre Jérusalem et Samarle à l'époque du royaume d'Israël renaissait de ses cendres ; à la vérité, de politique qu'il était, son caractère était devenu religieux; mais elle n'en était que plus violente et plus passionnée.

Toutefois, l'existence de la secte samaritaine exerça sur les II. 3

Judéens une ioflueace sUmuIaote. Rencontrant sans cesse dans leur plus proche voisinage des pratiques contraires aux leurs, des idées et des doctrines qui les froissaient au plus profond de l'âme, ils durent se recueillir afin de se rendre compte de leur propre essence. Ce sont les Samaritains qui les ont incités a se connaître eux-mêmes. Qtt>st-elle au vrai cette chose qui les dis^ fingue non seulement du monde païen» mais encore de ces voisins adorant le même Dieu qu*eux et prenant pour base le même livre? Alors seulement cette pensée, qu'ils avaient une religion proprot s*accusa nettement pour eux ; c'est par le contraste que se fit jour, dans leur conscience, la notion du « judaïsme. » Elle ne s'appliquait plus désormais à une nationalité, mais û une confession religieuse. Le nom de JudaUes ou Judéem (Juifs) perdit sa signification de tribu particulière et désigna dè^t lors, d'une façon générale, les sectateura du judaïsme, qu'ils appartinssent à la tribu de Juda ou à celle de Bei^amin, qu'ils fussent Aaronides ou Lévites. Ce qui constituait avant tout cette croyance, c'était de reconnaître le code de la Thora comme révélé directement de Dieu par l'organe de Moïse. Autant le peuple, en général, était autrefois indiflTérent a Teodroit de ce code fondamental, autant il rhooora et le glorifia dans les temps qui suivirent l'action d'Esra et de Nébémie. La Thora fut considérée comme le résumé de toute sagesse et révérée comme telle. La poésie hébraïque, toujours vivace encore, l'exalta par les plus pompeuses louanges.

n s'ensuit naturellement que la Thora devint la loi fondamentale de la petite république de Juda. Quoi qu'il s'agit de faire on de ne pas faire, on se préoccupait de savoir si c'était conforme à € ce qui est écrit. » — L'esclavage, en ce qui concerne les indigènes, disparut complètement. Si un Judéen voulait se vendre comme esclave, il ne trouvait point d'acheteur. Aussi l'institution du Jubilé n'eut-elle plus de raison d'être, ayant pour but essentiel de procurer la liberté aux esclaves. En revanche, on observa strictement l'année sabbatique, eu égard aux personnes el aux terres. Chaque septième année éteignait les deltos des pauvres, el ^ les champs y restaient en triche. Précédemment déjà, selon toute

/ ^ apparence, les favoris juifs des rois dt^ Perse avaient obtenu que,

dans cette année de chômage, les redevances agricoles fussent

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