TRAITÉ DE PAIX
décernés au roi et à la reine Stratoiiice, Tautonomie intérieure et la restauration du régime démocratique *. Antiochos comprit bien vite qu'à ce jeu il risquait de perdre TAsie- Mineure tout entière. Une série d'insuccès pouvait provoquer des trahisons de toute sorte et avoir même des répercussions lointaines. L'argent de Ptolémée était encore plus redoutable que ses soldats. Ses libéralités pouvaient réveiller l'ardeur belliqueuse des dynastes et cités du nord, qui avaient secoué le joug du Séleucide et se trouvaient être les alliés naturels de son adversaire. Bref, la paix se fit, après deux ou trois ans d'hostilités ouvertes, et elle se fit aux dépens du Séleucide. La Lycie, la Carie étaient définitivement perdues pour lui, et il dut se résigner à laisser Milet, son meilleur port sur la mer Egée, aux mains du Lagide (271).
Pour apprécier les résultats acquis, nous pouvons utiliser le chant de triomphe entonné par Théocritc dans le morceau connu sous le nom d' « Éloge de Philadelphe » ^. Le poète célèbre à pleine lyre la gloire du souverain qui règne sur 33,333 villes, et il énumère les provinces comprises dans son vaste empire. Ptolémée « se taille sa part ' de laPhénicie, de
i. P. Foucart in BCH., IX (1885), p. 388 sqq. = Michel, 486. Cf. HaussoulUer, Milet, p. 67-69. Inscription à dater après 266, à cause de la mention du co-régent Antiochos II. Milet ne fut reconquise que par Antiochos II (ci-après, p. 208). Cest probablement dans cet intervalle que fut bâti le gymnase Ptolémœon et que le culte d'Osiris fut introduit à Didymes, où « la reine Philotéra », sœur de Philadelphe, eut sa statue (Haussoullier). Il est impossible de dater les inscriptions qui mentionnent un portique consacré par Halicarnasse « à Apollon et au roi Ptolémée » (Michel, 595), un cadran solaire d'Héraclée du Latmos dédié f au roi Ptolémée » [Milet, p. 67), ou qui font allusion à l'insécurité du littoral (inscr. de Bargylia, Michel, 457). Il est question de Priène libérée par Antiochos (S. Empir., Adv. Gr., p. 293), c'est-à-dire reprise sur les Égyptiens (?). C'est ici que Droysen place Taide prêtée par les ïltoXt jxaïxoi aux Érythréens (ci-dessus, p. 169, 1). Quant à l'attaque de la flotte sur la Perse (?), d'où le roi rapporte les images des dieux égyptiens, c'est une flatterie sacerdotale qu'il faut laisser à la stèle de Pithom (lig. ii'i2, avant l'anXll).
2. La date si controversée de V Idylle XF//('Eyxw{iiov tU IltoXejiaïov) devient presque certaine si l'on admet que Arsinoé II, vivante au moment où Théocrite écrivit la pièce en question, est morte en 270, ce qui sera démontré ciaprès.
3. Le sens de iicoTép-vexat est controversé. Le scoliaste traduit par yjùpi^îxai,