LA GUERRE DE CURÉMONIDE
et il ne lui déplaisait pas que Ton sût combien leur sort était enviable. C'est en 268 que la perle de son harem, la Macédonienne Bilistiché, faisait courir à Olympie et remportait le prix de la course des chars à deux chevaux *. On vit bientôt ces courtisanes se bâtir des palais, et Tadulation leur élever des statues en costume léger. L'une d'elles, Kleino, osa même usurper l'attribut de la corne d'abondance et s'égaler ainsi à la divine Arsinoé '. La carrière de Bilistiché finit, comme celle d'Arsinoé, par l'apothéose. La période tragique du règne était passée, et le deuil étalé au dehors semble avoir été porté assez légèrement dans la maison du veuf inconsolable.
Cependant, en dépit de ses goûts pacifiques, Philadelphe se trouva entraîné dans des complications engendrées par l'insurmontable antipathie des Hellènes pour la domination macédonienne. Tous n'étaient pas encore résignés à la perte de leur liberté, et les Athéniens moins que les autres. C'est d'Athènes que partit, cette fois encore, le signal de la guerre de l'indépendance, connue dans l'histoire sous le nom de « Guerre de Chrémonidc ' ».
Les Athéniens avaient cru bien des fois toucher à la délivrance et éprouvé autant de déceptions. Leur « Sauveur »,
1. Paus., V, 8, 11. Cf. Afric. ap. Euseb., I, p. 207. Clem. Alex., ProtrepL, IV, 48 (où elle est appelé BXCtrcixK). FHG., III, p. 187. Cette Bilistiché (aux dépens de laquelle le « phlyacographe » Sotade fit encore rire la galerie SIC BtXEffxCyT.v. Suid., s. v. ïwTdfiTj; Mapwvt^TTiç) paraît avoir pris des allures de reine. D'après Plutarque {Amator.; 9) c'était une papfiapov èl àyopiç YUV3Ï0V ; mais, à Olympie, elle passait pour originaire Ix M2xs6ovi2( x^; èiti BaXaétKTfi (Paus. ibid.). Athénée (XIII, p. 596 e) la dit Argienne et d'illustre origine, descendante des Atrides. Elle eut, « par ordre du roi amoureux », dit Plutarque, un culte et des temples, comme Aphrodite Belestiché. Arsinoé n'était pas oubliée; au contraire, elle servait d'original à ces copies.