‹ Histoire des LagidesChapitre 135 sur 258 · Plin.,VI · texte numérisé non relu

Plin.,VI

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PROJETS ET TENTATIVES d'aNTIOCHOS II 497

Il lui fallait cependant avoir Tœil ouvert sur les événements qui se déroulaient autour de la mer Egée. Ântiochos I" avait péri en 261, en essayant de déposséder le neveu et successeur de Philétaeros, Eumène de Pei^ame, qui, avec des mercenaires gaulois, avait battu Tarmée syrienne à Sardes *. Antiochos II s'apprêtait à faire un effort énergique pour reprendre cette Asie-Mineure qui échappait morceau par morceau à la dynastie des Séleucides. Ses projets ne menaçaient pas directement TÉgypte, mais il n'en était pas moins de l'intérêt des Lagides d'éloigner leurs rivaux de la mer Egée et de les refouler vers l'Orient. Aussi tous les ennemis des Séleucides, les dynastes de Pergame, les rois de Bithynie et de Pont, les républiques maritimes, y compris Rhodes, Byzance, Héraclée, considéraient le roi d'Egypte comme un allié ou un protecteur '. Antiochos, n'osant attaquer de front Pergame et intervenir dans les affaires de la Bithynie, revint à un projet qui avait été l'idée fixe de son père et de son grand-père. Il voulut prendre le Bosphore et la Propontide à revers, en s'emparant de la Thrace d'Europe et surtout de Byzance, la clef de tout le trafic maritime entre l'Archipel et le Pont-Euxin. Il faut croire que son plan n'éveilla pas les susceptibilités du roi de Macédoine, car l'alliance entre les deux dynasties, scellée par le mariage d'Antigone Gonatas avec Phila, la tante d'Anliochos II, fut resserrée encore par le mariage de Démé-

contient deux indications qui ne peuvent convenir au temps de Ptolémée Soter, à savoir : 1<> que les Romains sont en guerre avec les Carthaginois; 2* qu'ils n'ont pas encore de marine (oôxix'. évauicif,Youv). Il faut donc que t6v nToXc{X3itov ToO Aiyoo soit un anachronisme, imputable peut-être à quelque glossateur. On ne compte plus les méprises causées par Thomonymie des Ptolémées. Les deux conditions indiquées par Appien ne se rencontrent qu'au début de la première guerre punique. Dès 260, C. Duilius battait la flotte carthaginoise à Mylae (Polyb., î, 20-24).

1. Sur sa mort, voy. ci-aprés (ch. vu, § 2) les détails donnés par Phylarque et attribués aussi à la mort d'Antiochos Kiérax.

2. C'est à Philadelphe, à Antigone, à Byzance, etc., que Nicomède !•«• de Bithynie confia en mourant (vers 260?) la tutelle de ses enfants (Memnon, 22). 11 prenait ses précautions contre Antiochos.

trios, fils aîné d'Antigone, avec Stratonice, sœur du roi de Syrie *. Ântigone, qui avait à surveiller sa frontière du côté de rÉpirc et plus encore FHellade, avait sans doute renoncé & s'étendre au-delà de THèbre. La Thrace étant partagée entre des Galates établis à demeure et des Tbraces indépendants, on suppose que ceux-ci aidèrent Antiocbos, à des conditions pour nous problématiques ^ Cependant, Antiocbos ne réussit pas à prendre Byzance ; la ville fut si efficacement secourue par les vaisseaux des Héracléotes et l'argent de Philadelphe que « la guerre s'arrêta aux menaces ^ ». En revanche, on peut admettre que la plupart des villes situées sur la mer Egée acceptèrent le protectorat du Séleucide, résultat fâcheux pour la politique égyptienne et conséquence de la bataille perdue à Cos.

Mis en goût par le succès, Antiocbos dut songer à reprendre l'œuvre que son père n'avait pu mener à bout^ la lutte contre les envahissements des Lagides. L'Egypte possédait alors, outre la Cœlé-Syrie et la Phénicie, tout le versant méridional du Taurus; la Cilicie, où Philadelphe avait fondé Bérénice, Philadelphie, Arsinoé; la Pamphylie, où s'élevait une Ptolémaïs ; la Lycie même, où l'on rencontre

1. Euseb. Armen.^ I, p. 249 Schœne. La date de ce mariage est inconnue. Démétrios 11, né d'un mariage conclu en 279 (ci-dessus, p. 168), pouvait approcher de vingt ans en 259.

2. Cf. Polyaen., IV, 16. On a contesté que cet Antiocbos, assisté au siège de Cypséla par « de nombreux eupatrides tbraces », fût Antiocbos II, et non pas Antiocbos Hiérax. Il suffit de lire Polyen pour voir que les trois paragraphes (IV, 15-17) sont consacrés à trois Antiocbos différents, et dans Tordre de succession.

3. Memnon, 23. Don de 500 artabes de blé, envoyés d'Egypte aux Héracléotes (Memnon, 25). Au rapport de Denys de Byzance, Pbiladelpbe fournit aux Byzantins du blé, de l'argent et des aroies, et ceux-ci lui élevèrent un temple sur la côte de Fera, au Palinormikon (Dion. Byz., fr. 41). On ne voit pas trop en quelle autre occasion ils auraient eu besoin des libéralités de Pbiladelpbe. Droysen (III, p. 206-7) veut qu'il y ait eu siège effectif, et il y fait jouer un rôle à un certain Léonide ou Léonidas (FHG.^ iV, p. 377) que d'autres identifient à Léon, l'ami de Phocion (Plut., Phoc, 14). On ne peut guère songer au Léonidas qui était au service de Ptolémée Soter cinquante ans plus tôt (Suidas, s. v. Air;)iif;Tpioç : ci-dessus, p. 66, 6).

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