‹ Histoire des LagidesChapitre 145 sur 258 · Tome L · texte numérisé non relu

Tome L

nous pouvons en juger, il laissait à celui-ci le littoral de FAsie-Mineure *, en y ajoutant peut-être les possessions ^yptiennes en Cilicie et en Pamphylie, dont la mention ne figure plus dans la liste des États légués par Philadelphe à son successeur '. La Carie seule restait à TÉgypte. Mais ces arrangements n'étaient que le corollaire d'un pacte étrange, qui suppose des calculs à longue portée du côté de Philadelphe, beaucoup de légèreté et d'imprudence chez l'autre contractant. L'événement prouva, du reste, que l'un était aussi imprudent que Tautre. Quoique marié à sa sœur Laodice et ayant d'elle au moins quatre enfants ^, Antiochos devait épouser la fille de Philadelphe, Bérénice, qui lui apportait en dot une somme d'ai^ent considérable et, très probablement, les revenus de la Cœlé-Syrie, constituée pour elle en apanage. Seulement, le mariage n'était conclu et cette magnifique dot livrée qu'à la condition qu' Antiochos répudierait Laodice et disqualifierait par là ses enfants du premier lit. On s'est demandé si le Lagide, spéculant sur la cupidité inconsidérée de son partenaire, ne cherchait pas à semer la discorde dans la famille royale de Syrie et à faire en sorte que, même si Antiochos n'avait pas d'enfants de son nouveau mariage, les droits des enfants de Laodice pussent toujours être contestés ^.

Beloch (Beitr. z, ait. Gesch.y I [1901], p. 293, 2). Il faut probablement, comme le soupçonne Haussoullier {Milet, p. 87), l'avancer encore, vers 234/3.

i. La liste des villes grecques qui ont émis des monnaies au nom d'Antiochos II dans E. Babelon, Les rois de Syrie, p. lvi. Cf. Uolm, IV, p. 264.

2. Niebuhr {Kl. Sckr,^ p. 292) suppose, avec assez de vraisemblance, que ces provinces faisaient partie de la dot de Bérénice. Il n'est aucunement question de la Cœlé-Syrie : mais on se demande, en voyant que Ptolémée conduit sa fille jusqu'à Péluse seulement, si la Coelé-Syrie n'était pas cédée aussi comme apanage de Bérénice. C'était un appât auquel Antiochos devait infailliblement se prendre. Nous rencontrerons plus tard une stipulation analogue, mais en sens inverse, intervenue entre Antiochos III et Ptolémée V Ëpiphane.

3. On en connaît trois par leur nom : Séleucos II Callinicos, Antiochos Hiérax, Stratonice, mariée plus tard à Ariarathe de Cappadoce. En outre, une fille (probablement Laodice) mariée à Mithridate 11 de Pont.

4. Droysen, Roepp, Mahafify, etc. Niese (II, p. 140, 1) trouve cette conjecture « peu vraisemblable ». On ne peut cependant pas faire de Ptolémée un naïf.

AMTIOGHOS n ÉPOUSE BÉRÉNICE 21 i

Quoi qu'il en soit, le mariage se fit. Ptolémée conduisit jusqu'à Péluse sa fille, qui entra en grande pompe à Antioche. On fit grand bruit des richesses qu'elle apportait à son époux : sa dot devint proverbiale (yepvYi^époç) * . On racontait que cette haute et puissante princesse ne buvait que de l'eau du Nil, laquelle lui était expédiée à grands frais par son père *. Il n'en fallait pas moins pour justifier la répudiation de Laodice, naguère traitée en déesse, et l'injustice commise à l'égard de ses enfants. Mais la fière Laodice, fille de roi, ne voulait ni être, ni avoir été une concubine '.

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