Uieron., In Daniel, ^ c. xi
2. Polyb. ap. Athen., II, p. 45 b-c. Hérodote (I, 188) et Cté8ia8(ap. Athen., loc. cil,) en disent autant des rois de Perse, qui ne butaient que Teau du Choaspe. Mahaffy (EmpirCy p. 171} est convaincu que ce n'est pas une légende : Teau du Nil avait la réputation de rendre les femmes fécondes (cf. Senec., Q. Nat,, III, 25), et Philadelphe tenait à ce que sa fille donn&t un héritier à Antiocbos. Cette eau pouvait servir aussi aux ablutions rituelles du culte isiaque (cf. Juven., VI, 527. Aristid., II, p. 362 Dindorf).
3. Anliockua aulem, Berenicen consorlem regni habere se dicens el Laodicen in concubinae locum (Hieron., loc, cil,). Cf. Polychronios ap. Mai, Scr. vell, nova colleclioy I, 3, p. 21. Sur la généalogie de cette Laodice, les données sont discordantes. Polyen (VllI, 50) la dit formellement ôiioica-cpCov d6tX<rtv de son mari Antiochos Théos. Mais TEusébe arménien (I, p. 251 Schœne) la dit non moins formellement fille d'Achœos. D'autre part, on sait par Polybe (IV, 51, 4. VIII, 22, 11) que Laodice, femme de Séleucos II, était fille d'Achseos. Là-dessus, les érudits se partagent en deux camps, tenant les uns (Foy, Vaillant, Frœlich, Rœhler, Wilcken, Th. Reinach, Babelon, Radet, Niese, Bevan) pour Polyen et Tépouse-sœur ; les autres (Niebuhr, Droysen, C. Mûller, Mahaffy avec variante : Laodice sœur d'Achsos), pour Eusèbe. La question parait tranchée en faveur de Polyen par Tinscription de Durdurkar (Paris et Holleaux, in BCH., IX [1885], p. 324 sqq., XIII [1889], p. 523 sqq. = Michel, 40), qui relate Tinstitution d'un culte en Thonneur de Laodice, qualifiée par Antiochos II de dSsX^fiç ^affiXC^TT^ç (culte desservi dans la satrapie de Phrygie par « Bérénice, fille de Ptolémée fils de Lysimaque »). Laodice est encore dite dtSsX^V^ dans un papyrus postérieur à la mort d'Antiochos II (Pelrie Papyri, II [1893], xlv, p. 145. Kœhler, SB, d. Berl, Akad,, 1894, p. 445 sqq.). Il reste cependant une objection possible, à savoir que, chez les Séleucides comme chez les Lagides, le titre d' dSeXtpT^ peut être purement de protocole. Pour expliquer ôjjioicdETpio; dSeXipyi, il faut, Antiochos II étant fils de Stratonice, trouver une autre mère à Laodice. Etienne de Byzance (s. v. 'AvTi6x<ioi), dans un passage que Droysen déclare « inepte d'un bout à Tautre » (III, p. 338, 1), raconte que Antiochos I^^* Soter eut pour mère Antiochis, pour femme Nysa, et une sœur Laodice. L'existence de cette Laodice, fille de Séleucos Nicator et d'Apama, est encore attestée par Malalas (p. 198 Bonn). L'inscription de Sigée {CIG,, 3595 = Dittenberger, 156 = Michel, 525)
âl2 CHAP. V. — PTOLÉMÉE n PUILADBLPHE
Antiochos, chez qui des habitudes déplorables semblent avoir atrophié le sens moral, avait cru que Laodice entrerait avec résignation dans ses combinaisons politiques, satisfaite de vains honneurs et de libéralités qui lui assuraient une existence sortable à Éphèse, sa résidence ordinaire ^ Il ne se doutait pas des rancunes qui s'amassaient dans cette ftme, et du prix auquel il paierait un jour sa déloyauté. Philadelphe, qui avait cru faire un chef-d'œuvre de diplomatie, n'avait pas prévu non plus qu'il envoyait sa fille à la mort et que ses artificieuses combinaisons seraient balayées d'un seul coup par la vengeance de Fépouse outragée.
Pour le moment, il n'avait d'autre chagrin que celui de vieillir. Il versait dans Thypocondrie. Malgré sa haute cul-
en l'honneur d'Antiochos I*^ parle de xfiç dScX^fiç aùtoO pa9Ùii9<n\i (lig. 22). De là les partisans de Polyen concluent que Laodice, femme d' Antiochos II, était la fille de Laodice, sœur d'Antiochos !«' et épousée par lui après la mort de Stratonice. Mais ici surgit une grave difficulté. Une inscription cunéiforme (J. Oppert, in C.-R. Acad, Inscr., 5 sept. 1884. E. Peiser, in KeiUch, BibL, III, 2, p. 136 sqq.) atteste que Stratonice vivait encore en 267, c'est-à-dire en un temps où Laodice, femme d'Antiochos II, était déjà née. C'est peutêtre Tannée suivante (266) que les Ioniens décernent des honneurs « aux rois Antiochos et Antiochos et à la reine Stratonice » (Michel, 486, lig. 37-38). S'il n'y a pas erreur, substitution de nom, etc., on en est réduit à admettre, avec Wilcken (Pauly-Wissowa, il.-£., I, p. 2452), qu'Antiochos I«', à l'exemple de Ptolémée Soter, prit une seconde épouse du vivant de la première, singulière conclusion du roman d'amour dont Stratonice avait été jadis rhéroîne I
1. Une inscription cunéiforme de 173/2 a. Cbr. (Lehmann, ZeiUchr. f, Assyriol.y VII [1892], p. 330), qui relate des événements antérieurs, mentionne une donation d'un domaine en Babylonie, faite par Antiochos II à « Laodice sa femme ». Le titre de reine ne figure pas non plus dans un acte de vente faite par le Trésor royal à « Laodice » (inscription trouvée à Didymes en 1896 par Haussoullier, Milet^ p. 76-89). Il s'agit d'un vaste domaine seigneurial, du côté de Cyzique, acheté trente talents. L'acquéreur ne peut être que l'ex-reine Laodice, et la vente me paraît être une fiction légale, destinée à rendre la donation irrévocable. Quant aux honneurs divins rendus à Laodice (ci-dessus, p. 211, 2), il se pourrait qu'ils aient été institués soit comme compensation à sa déchéance réelle, — compensation calquée sur le culte d'Arsinoé II réellement morte, — soit plutôt dans le court intervalle qui s'écoula entre la restiiutio in integrum de Laodice et la mort d' Antiochos II. Comme Antiochos H avait commencé par établir le culte de sa propre divinité, sans s*adjoindre son épouse, il a dû y avoir à cette adjonction une raison spéciale, survenue par la suite.