‹ Histoire des LagidesChapitre 148 sur 258 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Caractère de Ptolémée Philadelphe. — Les maîtresses royales.

§ I. — La culture litt]£rairb. — Le Musée : relations de la cour avec les savants du Musée. — La Bibliothèque du Musée ; le commerce des livres; la prétendue « version des Septante ». — Les Bibliothécaires : biblio^aphie et critique littéraire. — Les poètes et la littérature alexandrine. — Théocrite et Gallimaque.

§ IL — La Religion. — Les cultes dynastiques. — Apothéose et culte posthume d'Arsinoé Philadelphe. — L'à;co(iotpa de la déesse Philadelphe et le budget des cultes. — La divinisation des couples royaux : les dieux Adelphes.

§ in. — Les Finances et les travaux publics. — Opulence proverbiale de Ptolémée Philadelphe : inventaire de ses revenus. — La politique des subventions aux cités étrangères. — La part strictement mesurée aux édifices religieux du culte égyptien : le Sérapéum d'Alexandrie. — Achèvement du canal de Nécho. — La route de Koptos à Bérénice. — La colonisation du Lac ou nome Arsinoîte (Fayoûm) .

Ptolémée Philadelphe est, de tous les Lagides, celui qui représente le mieux le caractère, les tendances et comme le génie propre de la dynastie. Celle-ci arrive avec lui à l'apogée de sa fortune. Sans Être un guerrier, il fit par ses généraux des guerres heureuses et laissa le royaume plus grand qu'il ne l'avait reçu. Indolent et voluptueux par nature, il avait pourtant une certaine force de volonté et le désir de faire avec dignité son métier de roi. Il ne voulait pas qu'en le comparant à son père on pût dire qu'il avait dégénéré.

^éocrite a soin d'appeler le mattre « le belliqueux Ptolémée »y fils d'un père belliqueux, et de le rapprocher de Diomède et d'Achille '. De même, Callimaque vante l'énergie de Ptolémée et la rapidité de ses décisions. « Le soir même, il accomplit ce qu'il a médité le matin : le soir, les plus grandes choses ; les moindres,- aussitôt qu'il les a conçues. D'autres, au contraire, mettent un an et plus à réaliser leurs projets ; il en est, enfin, dont tu as [ô Zeus] complètement arrêté l'essor et brisé la volonté '. » Si l'on peut suspecter le témoignage de ces courtisans, on doit croire tout au moins qu'ils savaient leur métier et qu'ils choisissaient, pour les décerner au monarque, les éloges qui lui plaisaient le mieux.

Le mariage de Philadelphe avec sa sœur Arsinoé dut faire passer le pouvoir réel aux mains de cette reine, qui n'avait pas supplanté une rivale et bravé l'opinion pour se ménager une arrière-saison d'amours. L'hypothèse, devenue certitude, qui la fait disparaître en 270, réhabilite sa mémoire. Nous ne sommes plus obligés de croire que, satisfaite de régner, elle vit d'un œil indulgent et encouragea, par sa complaisance, les plaisirs de son frère-époux. Les maîtresses de Philadelphe ne furent pas toutes modestes : il est telle d'entre elles qui affecta des allures de reine et qui aurait porté ombrage à l'ambition vigilante de l'épouse légitime '.

1. Theocr., XVII, 53-57 : lici<xTi|«voç 8<îpo iciXXsiv (v. 103) — icorpl lotxiaç {v, 63], etc. « Horos, Tadolescent vaillant », dans le protocole égyptien.

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