Strab., XVII, p. 793. Cf. Vitruv., VI
3. C/G., 5900. Dittenberger, 169= Michel, 1154 (inscr. de Délos : le dédicant qualifie TAlexandrin Chrysermos, t6v auyYevfi paatXéoK IlToXe|jwt(ou xal IÇTriTTi-rtiv xal licl twv laTpûv, xal iictoritTiv toO Mou«(oo).
4. Photius (cod. 190) parle d'un classement par lettres de Talphabet, dont chacune représentait ce que nous appellerions un fauteuil académique. Ainsi, Ératosthène était classé à TA, et Apollonios de Perge à TE. On a cru aussi qu'il n'y avait que six membres émargeant au budget, parce que, dans
LE MUSÉE d'aLEXANDRIE 219
ils des savants libres de toute fonction obligatoire ou des professeurs officiels ; avaient-ils un certain droit de cooptation, comme celui de présenter des candidats à la nomination royale; ce sont là autant de questions litigieuses sur lesquelles, faute de textes précis, les débats s'éternisent. On a trop cédé, ce semble, à la tentation de faire du Musée alexandrin un grand établissement scolaire, prototype des Universités occidentales. La fondation royale assurait aux savants le vivre et le couvert, ainsi que des instruments de travail; ceux qui voulaient enseigner pouvaient ouvrir des cours au dehors, dans des écoles privées. Ce qui est certain, c'est que Tinstitution survécut même à la dynastie des Lagides, et que les Romains, peu curieux d'érudition pure, ne l'auraient pas conservée si elle n'avait justifié, par ses services, les prévisions de ses fondateurs.
Cela ne veut pas dire qu'elle fût admirable de tout point. Il ne suffit pas aux savants d'être libérés des soucis de la vie matérielle ; il faut encore qu'ils soient indépendants. Ceuxci étaient trop près de la cour et sentaient trop sur eux l'œil du maître. On cite des anecdotes qui, authentiques ou non, montrent assez que les souverains ne savaient pas toujours être délicats avec leurs protégés. Philadelphe humilia un jour le vieux grammairien Sosibios, qui aimait trop les subtilités, en lui prouvant qu'avec des subtilités analogues on pourrait lui retenir son traitement et soutenir qu'on l'avait payé *. Quand Zoïle lut à Philadelphe son Anti- Homère^ il fut tancé par le roi, qui lui refusa ensuite des secours en disant que, puisque Homère faisait vivre tant de gens depuis lantiquité, Zoïle devait bien pouvoir se nourrir lui-même '. On trouva la leçon méritée, sans aucun doute ;
Tanecdote rapportée par Athénée (XI, p. 494 a), Philadelphe se fait présenter une liste sur laquelle figurent six noms.