LES CULTES DYNASTIQUES
d'Arsinoé contenait une chapelle dorée où trônait une statue d'Arsinoé en topaze^ haute de quatre coudées \ et que Philadelphe avait fait ériger dans Fencemle un obélisque de 80 coudées, amené à grands frais des carrières où il avait été taillé au temps de Nectanébo *. Il est encore question d'une statue en fer qui devait rester suspendue dans le temple d'Arsinoé entre le sol et une voûte en pierre d'aimant, voûte que l'architecte Timocharès avait commencé à construire, lorsque sa mort et celle de Philadelphe firent abandonner ce projet '. Ce qui se dégage de ces légendes, c'est qu'Arsinoé eut un sanctuaire à Alexandrie même, et nous savons par ailleurs qu'un sacerdoce y fut institué pour desservir son culte. Le nom des « canéphores d'Arsinoé » apparaît accolé à celui des prêtres d'Alexandre dans la datation des contrats : les canéphores, à partir de 267/6 ; les prêtres d'Alexandre, à partir de 265/4 ^ L'institution des canéphores ne peut en tout cas remonter au-delà de la mort d'Arsinoé. La correspondance approximative des dates précitées donne à penser que les deux sacerdoces éponymes furent institués en même temps, en un temps où Philadelphe était tout occupé à organiser le culte dynastique. Il semble n'avoir pas accompli sans tâtonnements cette tâche délicate. Le culte d'Arsinoé Philadelphe rentrait encore dans la catégorie de Théroisation ou apothéose posthume, qui n'était elle-même qu'une ampli-
Callicrate à Arsinoé-Aphrodite ou Cypris ou Zéphyritis (Catull., lxvi, 54-57), sur le promontoire Zéphyrion (Strab., XVII, p. 800. Posidipp. ap. Athen., VII, p. 318 d. Cf. XI, p. 497 d. Steph. Byz., s. v. Zt(pi>piov) ; à Memphis (Brugsch^ Thés, inscr. aeg,y V, |). 892 sqq.), et ailleurs (ci-après, p. 237, 1-2).