‹ Histoire des LagidesChapitre 160 sur 258 · LES CULTES DYNASTIQUES · texte numérisé non relu

LES CULTES DYNASTIQUES

laissant à ses successeurs le soin de combler la lacune dans le culte alexandrin, ce qui eut lieu, en effet, sous le règne de Ptolémée IV Philopator. Quant au culte spécial de la « déesse Philadelphe », le roi avait d'autres raisons encore que son inconsolable douleur et le fait accompli pour le laisser subsister à part. C'était, nous l'avons vu, au nom, en l'honneur et pour l'éternelle satisfaction de la Philadelphe que le Trésor royal percevait un prélèvement d'un sixième sur les revenus du clergé. Le culte d'Arsinoé se propagea dans toutes les possessions égyptiennes S et même en dehors, partout où les Lagides avaient des protégés ou des adulateurs ^

Les finances et les travaux pubucs.

Le règlement des affaires religieuses laisse apercevoir ç& et là des préoccupations et des mesures intéressant les finances. L'administration financière dut être le principal souci d'un roi qui tenait à sa réputation de prince opulent entre tous et en tirait bon parti. La découverte d'un document offlrtel provenant du Fayoûm, qui est probablement un exenïplaire d'instructions adressées à tous les gouverneurs de provinces, nous met maintenant sous les yeux le mécanisme compliqué de la perception des taxes, avec toutes les

1. En Egypte, temple BepsvCxi^^ xxl 'A^poSCtt^c 'A,oaivÔT|c au Fayoûm (Fi. Pétrie Papyri, I, xzi, 7). Le nome Arsinoïte (Fayoûm) était pour ainsi dire voué tout entier au culte d^Axsinoé. Dédicaces à Arsinoé Philadelphe provenant d'Alexandrie (Strack, nn. 24. 27), de la Thébaide (n. 26), sur un Tase égyptien (n. 25). A Cypre (Amathonte), 'Apaivôt^? ♦tXaSiXçou (Strack, n. 22); à Rition, canéphore éponyme d'Arsinoé Philadelphe (CISemiLy I, 93). La restitution 6c&v <t»t>a6A9<i>v dans des inscriptions cypriotes (Strack, nn. 46-47) est plus que suspecte. De même, à Cyrène (Strack, n. 28), la restitution 6sà[v «^iXâSeX^ov] est possible^ mais [Scûv £(OTf|pfa>v] impossible sous Philadelphe.

2. Cf. les dédicaces épigraphiques, réunies par Strack (nn. 20. 22 a. 23), en rhonneur 'Apvivdi^ç <^iXa6iXf ou ou Ofid!ç4>iXat8iXf ou (Amorgos, Théra, Méthymne). Les dédicaces de Callicrate à Olympie (Strack, n. 17), qui ne portent pas trace d'apothéose, sont antérieures à 270.

238 CHAP. VI. — GOCVERNEBIENT DE PTOLÉMÉE PHILÂDELPHE

précautions prises, dans l'intérêt du fisc et des contribuables, contre les fermiers de l'impôt, la gérance des monopoles, la distinction entre les perceptions en nature et en argent, etc., tout cela réglé jusque dans l'infime détail et surveillé par une série de contrôles superposés ^ Ce n'est pas ici le lieu d'analyser ce chef-d'œuvre de la bureaucratie égyptienne, dont la portée dépasse le règne de Philadelphe, car il a dû rester en vigueur par la suite. Il nous a suffi pour le moment d'en noter le trait caractéristique, le prélèvement de l'exTTi en l'honneur de la Philadelphe.

L'opulence de Ptolémée Philadelphe étant devenue proverbiale, il était inévitable que la légende se chargeât de grossir l'estimation de ses revenus et du capital accumulé dans son Trésor*. Si Ton prenait pour or et argent massif ou même « plaqué » toutes les dorures étalées dans la procession décrite par Callixène, on arriverait — même en supposant im certain nombre de ces objets prêtés par des particuliers — à des conclusions insoutenables. Appien, après avoir fait, en chiffres précis et formidables, le dénombrement des forces militaires, armée et marine, de l'Egypte au temps des Ptolémées (toiç epLoIç^ao-iXeûtn), ajoute que Ptolémée II, roi « ingénieux à prendre et généreux à dépenser )),.n'en a pas moins laissé une épargne de 740,000 talents '. Appien écri-

1. C'est le document connu sous le nom de Revenue Laws (ci-dessus, pp. 182, 1, 234, i. 236, 1), un rouleau de papyrus de 13 m. 40 de longueur, comprenant 107 colonnes de texte grec, acheté au Caire par FI. Pétrie en 1894, complété par quelques fragments acquis par Grenfell en 1895, traduit et commenté par Grenfell, aTec une Introduction (p. xvu-lv] de Mahaffy. Ce règlement est de ran XXVII de Philadelphe (259/8 a. C).

2. Sujet traité par Niebuhr, Bôckh, Letronne, 6. Lumbroso, et en dernier lieu par F. Rûhi, Der Schatz des Ptolemaios II Philadelphos (Jahrbb. f. kl. Philol., CXIX [1879], p. 621-628), et J. G. Droysen, Zum Finanzwesen der Plolemâer (SB. d. Berlin. Akad., 1882= if/. ScAn/ïen, II, p. 275-305). Le débat portant sur la Taleur des unités monétaires données par les textes, il faut aussi renvoyer aux nombreux articles de E. Revillout, cités par son contradicteur P. GrenfeU dans les Revenue Laws (Append. III, The silver and copper coinage of the Ptolemiesy p. 193-240), et les Tebtunis PapyH (Append. II, The ratio of silver and coppei* under the Ptolemies, pp. 580-603).

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