‹ Histoire des LagidesChapitre 169 sur 258 · C/ff., 5127. Ci-après, p · texte numérisé non relu

C/ff., 5127. Ci-après, p

4. Voy. les stèles sacerdotales citées plus haut (pp. 105 et 159, 3). Dépouiller l'ennemi de ses dieux était le dernier outrage que le vainqueur était toujours

RETOUR DE I>TOLÉMÉE 2S5

immanquable sur le peuple égyptien, dont il flattait à la fois la dévotion et le patriotisme. Le retour du maître, les mesures qu'il prit pour remédier à la disette, « en faisant venir des blés de Syrie, de Phénicie et de Cypre et de beaucoup d'autres lieux * », quelques exécutions de rebelles traqués dans les marais du Delta *, eurent bien vite raison de la « sédition domestique ». Les poètes purent déjà célébrer les triomphes de Ptolémée Évergète et Theurcuse influence de la nouvelle constellation formée au ciel par les boucles de cheveux que Bérénice avait consacrées dans le sanctuaire d'Aphrodite Zéphyritis, en guise de vœu pour le salut de son époux. Il est à croire que le galant astronome Conon de Samos ne tarda guère à découvrir ce qu'était devenue la Chevelure de Bérénice^ miraculeusement disparue, et Callimaque à en informer l'univers '.

Mais la guerre était loin d'être terminée. Le conflit entre deux puissantes dynasties avait déterminé un ébranlement général dont les répercussions se faisaient sentir tout autour , de la mer Egée. Les Rhodiens se portèrent au secours d'Éphèse, livrée aux Égyptiens par Sophron. Leur flotte, sous la conduite d'Agathostratos, surprit dans le port et

censé infliger (Cf. S. Reinach, Rev, Archéol,, XXVI [1895], p. 389-390). Ce qui rend plus suspecte encore cette ptiraséologie, c'est que la stèle de Pitbom fait revenir Philadelphe de Perse (où il n'est jamais allé ?) par le canal de la mer Rouge au Nil, et que Tinscription d'Adulis se termine aussi par Suvifiti; àTdoxtikvf Bià TtJv 6pux0ivTu>v icoTafjLûv... Droysen voyait là une expédition dirigée de Babylone par les bouches du Tigre et de TEuphrate contre ilnde ou TArabie. Mais Évergète n*en était pas à chercher des aventures, et le contexte indique qu'il s'agit d'un fait postérieur à son retour. A titre de conjecture libre, je suppose qu'il s'agit de troupes envoyées dans l'enchevêtrement des canaux du Delta, refuge ordinaire des rebelles, i. Fait relaté, sans date, dans l'inscription de Canope (ci-après, p. 268).

2. On raconte que Ptolémée, jouant aux dés, se faisait lire une liste de gens qu'il devait condamner à mort, et que Bérénice survenant lui fit honte de cette façon de juger (Aelian., V, H,, XIV, 43). Le procédé conviendrait assez à des fournées d'insurgés.

3. Catull., Lxvi. Hygin., Il, 54. Pour parler en simple prose, Conon donna un nom propre à un groupe de sept étoiles (slellae obscurae Vil, quae vocanlur crines Bérénices Eôsp-j^tiBoç (Schol. German., p. 394 Eyssenhardt) avoisinant la queue du Lion.

2o6 CHAP. vit. — PTOLÉMÉE III ÉVERGÈtÉ

détruisit une escadre égyptienne commandée par Ghrémonide *. Mais Ephèse resta au pouvoir des adversaires, qui y entretinrent désormais une forte garnison '. Par contre, les Égyptiens s'emparaient de la Ghersonèse de Tlirace et de la côte qui confine à la Macédoine, avec le concours de mercenaires thraces * et malgré la résistance d'un certain Adaeos, probablement un dynaste de la région, vassal des Séleucides. De son côté, Antigone, inquiété par ces succès, avait aussi armé une flotte qui rencontra près d'Andros une flotte égyptienne commandée par Sophron et, bien qu'inférieure en nombre, remporta la victoire *. Victoire glorieuse, mais inutile; car le vieux roi de Macédoine se trouva de nouveau assailli, à soixante-quinze ans, par des complications qui lui rappelaient les plus mauvais jours de sa jeunesse. Non

1. Polyaen., V, 18. Frontin., III, 9, 10 : date conjecturale. On s'est demandé (H. van Gelder) si les Égyptiens n'avaient pas pris leur revanche, parce que Ampélius (c. 35) écrit : Ptolemaeus Soter, gui ingenti classe Rhodios vieil. Il est très ingénieux de supposer qu'Ampélius a traduit par Soler le Primus accolé à Evergeles ; mais c'est prendre bien au sérieux un auteur qui fait d'Évergéte le compagnon d'Alexandre.

2. 11 y avait encore, au début du règne suivant, orpsTiutûv icXi^Ooc h toîc xat' 'E^ptjov (Polyb., V, 35, 11).

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