Cf. Polyb., V
4. Le texte altéré de Trogue Pompée {ProL xxvn) pose deux problèmes en deux lignes : UlPlolemaeus adeum [ilc^ei/m, Niebuhr; Ecdemum^ C. MûUer; Adaeuïïij Gutschmid et Jeep] denuo caplum inlerfeceiHl, el Anligonus Andro proelio navali oprona [Sophrona,C. MûUer, Gutschmid, Jeep] viceril. Comme on rencontre plus tard à Bubastis un stratège Adœos (Polyb., XV, 27, 6), on a voulu faire d'Adseos un rebelle égyptien (Gutschmid, Wilcken) ou cyrénéen (Droysen). Mais le nom se rencontre aussi dans la région thraco-macédonienne, et, au jugement d'Imhoof-Blumer (ap. Niese, II, p. 150, 2), les monnaies d'Adseos, dynaste de Cypséla (cf. ci-dessus, p. 198, 2) et autres lieux, peuvent remonter jusqu'à l'époque de cette guerre. Quant à la bataille d'Andros, Droysen s'obstine après Niebuhr à lire ul Ptolemaeus,,, Anligonum.., perviceril et à écarter Sophron, ou à faire de lui le vainqueur. Il est persuadé qu 'Antigone est sorti affaibli de la lutte, et que, par conséquent, il a été vaincu. *Avt{Yovo; ô Y<?wv, 6t8 voiu|i,a}(stv -nspl "AvBpov {{jLfiXXsv (Plut, Pelop., 2), est pour lui non pas le vieil Antigone, mais Antigone-le- Vieux, c'est-à-dire le Borgne. La date de la bataille est, comme toujours, problématique. Mahaffy {Empire^ p. m et 490) la reporte en 247 et en fait une victoire égyptienne, la revanche de Cos. Quoi capila^ loi sensus. Nous la plaçons, comme Droysen, vers 244. J. Beloch la fait descendre vers 228.
Là bataille dVndros 2S7
seulement la Ligue achéenne, dirigée par Aratos, s'agrandissait de jour en jour à ses dépens, mais le représentant de son autorité dans THellade et le Péloponnèse, Alexandre, fils de son beau-frère Cratère, fit défection et prit le titre de roi. Quand même nous ne saurions pas qu' Aratos avait été en relations suivies avec Philadelphe et que, plus tard, il fit déclarer Ptolémée Évergète allié de la Ligue et généralissime de ses forces de terre et de mer *, nous aurions deviné que les conseils et l'argent du Lagide avaient préparé ce revirement, lequel surprit Antigone au moment où il entrait en lice dans TArchipel, peut-être même avant la bataille d'Andros. En ce qui concerne la guerre de Syrie, Antigone était maintenant hors de combat. Il usa le reste de sa vie à lutter pour ressaisir ce qu'il avait perdu, à intriguer au jour le jour, au milieu d'un chaos anarchique dont il ne vit pas la fin.
Cependant, Séleucos II, réfugié dans l'intérieur de TAsie- Mineure, se préparait à reprendre la lutte en n^ociaut des i alliances par le procédé usuel, les mariages politiques. Ses deux sœurs, Laodice (?) et Stratonice, épousèrent l'une Mithridate de Pont, l'autre — alors ou un peu plus tard — Ariarathe de Cappadoce. Il eut ainsi des beaux-frères qui pouvaient lui fournir de l'argent et des soldats; et lui-même, en épousant la fille d'Achaeos', se donna un beau-père capable de lui servir au besoin de diplomate ou de général. Ainsi pourvu, il prit l'offensive et envahit la Syrie « Séleucide ». L'occupation égyptienne, œuvre de surprise, n'avait été supportée qu'à contre-cœur; dès qu'il y eut chance pour
1. Plut.,ilra/., 24: fait daté par la deuxième stratégie d'Aratos (243/2). Comme protecteur de la Ligue, Ptolémée eut un parti en Crète, et File se trouva en quelque sorte sous sa dépendance. Il est question d'un traité entre Gortyne et Knosos, conclu sous la garantie d'un Ptolémée et juré cv [£ixuov]iqi h tÇ yaif xi^ 'AOava(x< (Cf. Dûmmler, Zwei Gortyniscke Urkunden^ in Pbilologus, LIV [1895], p. 206-210).
2. Laodice^ fille d'Achsos I (père d'Andromachos et grand-père d'Àdisos H). Antiocbos UI est né de ce mariage en 242, et il avait un frère plui âgé : la date probable du mariage ne peut être qu*entre 245 et 244 au plus tard.
Tomt I. 47
Qoo^ç:
258 CHAP. Vn. — PTOLÉMÉE lll ÉVERGÈtË
les Syriens et Giliciens de secouer le joug, elle fut balayée en un instant. Séleucos rentra dans sa capitale et poursuivit sa marche victorieuse jusqu'à l'Euphrate, où il fonda, dit-on *, en guise de trophée, la ville de Gallinicon (242). Il est probable que les provinces au delà de TEuphrate reconnurent du même coup son autorité et reprirent spontanément leurs anciennes habitudes. Ce mouvement de réaction paraît avoir gagné la Cœlé-Syrie, où une trentaine d'années de domination égyptienne n'avaient pu faire oublier la communauté de race et de langue qui unissait les deux moitiés, artificiellement séparées, de l'Aram. Ptolémée, qui tenait médiocrement à ses conquêtes, ne pouvait laisser entamer son héritage. Ses troupes assiégeaient en 242/4 les villes rebelles de Damas et d'Orthosia sur la côte phénicienne ; mais Séleucos, revenant de l'Orient, réussit à les débloquer l'une et l'autre *. Le jeune roi, enhardi par cette suite ininterrompue de succès, se crut en état de reprendre la Cœlé-Syrie et de soutenir le choc qu'il était aisé de prévoir. Il fut complètement battu et se réfugia, avec les débris de son armée, à Antioche '. On ne voit pas que Ptolémée ait songé à l'y poursuivre, ni qu'il ait utilisé la scission qui se produisit alors au sein de la famille royale de Syrie. Séleucos avait sans doute secoué trop ostensiblement la tutelle et mal servi les vengeances de sa mère Laodice*: tout à coup, son jeune frère, Antiochos dit Hiérax, se fit proclamer roi en Asie- Mineure et annonçait l'intention de détrôner son frère. Au lieu de profiter de ces discordes pour reprendre l'offensive,
1. Chron. Pasch,, p. 330 Bonn. (Test une explication suspecte et anticipée du surnom de Séleucos Callinicos. La Gallinicon en question (Zosim., III, 13. Theodoret, H, E,, 26, etc.), doit être la Nicéphorion d'Alexandre.
2. Plolomaeus autem, qui et Triphon, partes Syriorum occupavit : quae vero apud Damoêcum et Orthosiam obsessio fiebat, finem accepit 01. CXXXIV^ S (242/1 a. Chr.), guum Seleukus eo descendisset (Euseb. Arm., I, p. 251 Schœne).