‹ Histoire des LagidesChapitre 189 sur 258 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

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substance le récit de Polybe, qui, on le sait, n'a guère de sympathie pour l'irréconciliable ennemi des Achéèns. Plutarque, biographe et panégyriste de Gléomène, ne nie pas que le Spartiate ait été mis dans la confidence. Il le fait même assister à un conseil secret, où Ptolémée lui fit part de son dessein de « supprimer son frère ». Mais il ajoute : « Bien que tous engageassent Ptolémée à le faire, seul Cléomène Ten dissuada, disant qu'il vaudrait mieux pour le roi, si la chose était possible, avoir plusieurs frères, en vue de la sécurité et de la stabilité de l'État. Sosibios, le plus influent des « amis », ayant fait observer que, Magas vivant, on ne pouvait se fier aux mercenaires, Cléomène répliqua qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, attendu que plus de trois mille de ces étrangers étaient des Péloponnésiens dévoués à sa personne et qui, au premier signal, seraient en armes à ses ordres * ». Il est très possible que Cléomène ait déconseillé le crime; mais il y aida par son abstention même, qui garantissait l'impunité aux criminels. En tout cas, Tune et l'autre version mettent en évidence la complicité morale et aussi l'imprudence de Cléomène. L'apologie maladroite de Plutarque n'atténue ni l'une ni Tautre, car il suppose Cléomène plus complètement informé, sans méprise possible sur les desseins des conspirateurs royaux^ et plus infatué de son prestige.

Sosibios avait pris bonne note de « l'audace » de Cléomène, dont il s'était servi pour abattre celle de Bérénice. Un homme persuadé qu'il n'avait qu'à lever le doigt pour faire sortir les épées du fourreau était un homme à supprimer. Dès lors, Sosibios, arbitre des décisions royales, l'irrita par ses tergiversations et ses refus. Cléomène ne sut déguiser ni son impatience, ni son mépris pour les débauches royales. Une dénonciation provoquée et exploitée par Sosibios persuada au roi que Cléomène songeait à soulever les mercenaires, au

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