BATAILLE DE RAPHIA
énergiquement entraînée par Sosibios et Andromachos, ayant à son centre Ptolémée, qu'Antiochos cherchait sans doute à atteindre dans sa course folle, poussait ses adversaires éperdus sur la pointe des épées de Tinfanterie et de la cavalerie ramenées de l'aile droite par le mouvement tournant. Quand Antiochos revint en arrière, la bataille était perdue pour lui. L'armée syrienne laissait sur le terrain près de 10,000 fantassins, plus de 300 cavaliers, et environ 4,000 prisonniers aux mains de l'ennemi, tandis que Ptolémée n'avait perdu que 1,500 fantassins environ et 700 cavaliers. Il est vrai que sa cavalerie avait été plus éprouvée que celle de l'ennemi et qu'il n'avait presque plus d'éléphants, tandis qu' Antiochos conservait, à cinq près, tous les siens. Mais la victoire des Égyptiens n'en était pas moins éclatante et décisive *.
Antiochos en jugea ainsi, car, tout en protestant « qu'il était victorieux pour sa part )) et en récriminant contre la poltronnerie des siens, il recula en toute hâte sur Raphia. Le lendemain, après avoir essayé de reformer les rangs et de faire face à l'ennemi, il battit en retraite sur Gaza. Il n'y resta que le temps nécessaire pour obtenir de Ptolémée la permission d'enterrer ses morts; après quoi, il rentra à Antioche avec ses troupes démoralisées, sans chercher à disputer en détail au vainqueur la Cœlé-Syrie, sans imaginer qu'il eût autre chose à faire qu'à se résigner et à faire la paix à tout prix. Son abattement était égal à ce qu'avait été quelques jours avant sa présomption. Il avait peur de la foule, peur d'Achaeos, qu'il voyait déjà prêt à saisir l'occasion ; il lui semblait que tout allait crouler sur sa tête *. La
1. Polyb., V, 84-86. Justin., XXX, 1, 6. Les Siphniens décrètent des félicitations à Ptolémée et des honneurs au navarque Périgène (Strack, in Archiv f, Papf., II, 4 [1903], n. 23). On a des monnaies de Tyr, Bidon, Ptolémaîs, portant au revers les initiales Su [viCio;] : voy. Svoronos, Utpiypotfoii (ci-dessus, p. 221, 2), p. 191-192. Peut-être y eut-il un monument érigé sur la route de Raphia à Jérusalem (Clermont-Ganneau, in C-H. Acad, Inscr.^ 1900, p. 537).