‹ Histoire des LagidesChapitre 20 sur 258 · Diod., XVIII · texte numérisé non relu

Diod., XVIII

3. Aegyptios insigni moderatione in favorem sut sollicilaveral (Justin., XHI, 6, 19). On reviendra plus loin sur la politique religieuse de Ptolémée; inaugurée par des libéralités pour les funérailles d'un Apis (Diod., I, 84) et des restitutions de biens au clergé. Un érudit en Yeine de conjectures (Frftnkel) d même supposé que Ptblémée était devenu L(arf\p dès le début, pour avoir délivré TÉ^^rpte de Cléomène.

16 CHAP. II. — PTOLÉMÉE SATRAPE d'ÉGYPTE

nure que prenaient les événements et redoutait Tingérence de Perdiccas dans les affaires d'Europe, Ptolémée le fit sonder par des hommes de confiance et conclut avec lui une alliance éventuelle contre Perdiccas \. D'autre part, la défaite des Hellènes coalisés et la sévérité d'Antipater victorieux provoqua en Grèce un exode de proscrits et d'aventuriers en disponibilité, dont bon nombre durent chercher un asile en Egypte, étant assurés de trouver dans le c( doux » Ptolémée un protecteur et, au besoin, un intercesseur auprès d'Antipater. C'étaient autant de forces vives mises sous la main de Ptolémée.

Le satrape d'Egypte, qui n'armait que contre Perdiccas, eut l'occasion d'essayer la valeur de ses nouvelles troupes dans une entreprise où il s'engagea en auxiliaire et, victorieux, garda pour lui l'enjeu de la partie. Vers la fin de 323, le condottiere Spartiate Thibron, qui, l'année précédente, avait assassiné Harpale pour lui prendre ses trésors et ses mercenaires *, avait été appelé à Cyrène par nn parti de Cyrénéens et Barcéens proscrits. Il y avait réintégré ses clients et s'était payé de ses services en levant sur la riche cité une énorme contribution de guerre. Au partage du butin, les aventuriers s'étaient brouillés entre eux. Le Cretois Mnasiclès offrit aux Cyrénéens de les débarrasser des exigences de Thibron, et même de lui reprendre ce qu'il avait déjà emporté et emmagasiné à ApoUonie. Battu d'abord, Thibron avait fait de nouvelles recrues sur le grand marché d'embauchage installé au Ténare : avec ces renforts, il avait taillé en pièces l'armée cyrénéenne et mis le siège devant la ville (322). Les souffrances de la cité affamée y réveillèrent les factions ; la populace en expulsa les riches, que Mnasiclès accusait probablement de pactiser avec l'ennemi. De cet essaim de proscrits, les uns passèrent au camp

«.Diod., XVIII, 14.

2. £q Crète, suivant Diodore (XVII, 108. XVIII, 19); en Laconie, suivant Arrien (ap. Phot., p. 70 Bekker).

CONQUÊTE DE CYRÊNE 17

de Thibron, les autres allèrent supplier le satrape d'Egyplc de les ramener dans leur patrie \ Ptolémée ne pouvait souhaiter occasion plus propice. Il allait intervenir au moment où l'épuisement des deux parties belligérantes promettait au troisième larron un prompt et facile succès. Vers le milieu de Tannée 322, il envoya en Cyrénaïque un de ses compagnons d'armes, FOlynthien Ophellas, avec une forte armée et une flotte. La résistance fut plus vive peutêtre qu'on ne s'y serait attendu. Les démocrates cyrénéens, redoutant les vengeances des proscrits ramenés par Ophellas, firent leur paix avec Thibron et s'allièrent avec lui contre les Égyptiens. Mais Thibron, battu devant Cyrène par Ophellas, fut pris à Taucheîra et mis en croix à ApoUonie '. Cyrène, étroitement bloquée, se rendit enfin à Ptolémée, qui vint en personne, avec des renforts, pour briser sa résistance. L'orgueilleuse cité, qui avait jadis bravé les convoitises des Pharaons et battu l'armée d'Ouhabra, fut incorporée & la satrapie d'Egypte ' et provisoirement administrée par Ophellas. Il y avait environ cent dix ans que Cyrène, débarrassée de ses Battiades, vivait en république. L'heureux Ptolémée revint de là plus puissant, acclamé par l'amour-propre national des Égyptiens et illustré de tout le bruit que fit dans le monde grec la chute de Cyrène (fin 322). Il devait s'apercevoir par la suite que les Cyrénéens n'oubliaient pas leur passé. Leur indomptable amour de l'indépendance servit de point d'appui à toutes les compétitions

1. Sur ces événements, Diod., XVIII, 19-21. Cf. J. P. Thrige, Res Cyrenensium (édition posthume par N. J. Bloch). Hafniae, 1828, p. 206-211. A. F. Gottschick, Gesch, der GrUndung und Blûlhe des hell Staates in Kyrenaika, Leipzig, 1858 (insignifiant). Â. Rainaud, De Cyrenaicae Pentapolis natura et fructibus, Paris, 1893. Ophellas ou Ophélas, Opheltas dans Plutarque. Pour Thibron, Thrige hésitant adopte Torthographe Thimbron.

2. Arrian., ap. Phot. p. 70 Bekker. Sur le v<Jjiia|xa etCpcavtiov (Phot.), monnaie de mauvais aloi émise par un Thibron, soit le Lacédémonien du temps de Xénophon (Mommsen, Lenormant, Babelon, Willers), soit ce lieutenant d'Harpale (Th. Reinach), voy. en dernier lieu Th. Reinach, Lhistoire par iea monnaies (Paris, 1902), p. 257-260.

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