NAISSANCE DE PTOLÉMÉE ÉPIPHANE
La naissance de cet héritier, qui survint peu de temps après (8 oct. 209) *, et les présents apportés à « la reine » par l'ambassade romaine nous montrent que Ptolémée s'était enfin décidé à épouser sa sœur Arsinoé. Longtemps tenue à Técart, traitée en orpheline pendant que la maîtresse en titre, Agathoclia, sœur du favori Agathocle et instrument de domination pour les ministres, régnait à sa place, l'infortunée princesse, qui avait montré tant de courage et de tendresse pour son frère à Raphia, reçut enfin le titre — et ^ guère plus que le titre — auquel elle avait droit. Sur la date de cet événement, nous n'avons d'autre indication assurée que la naissance du futur Ptolémée Épiphane. 11 est probable que le mariage, différé d'abord à cause de l'âge de Arsinoé, fut ajourné ensuite, et au-delà du nécessaire, par les calculs des ministres, qui trouvaient leur compte au voluptueux célibat du monarque et pouvaient se demander si la reine ne chasserait pas la maîtresse ^ Mais ils avaient aussi à craindre que le roi, prématurément usé par la débauche, mourût sans laisser d'héritier, et la perspective d'une longue minorité à exploiter leur souriait plus que celle d'une révolution. Arsinoé accomplit la tâche qu'ils lui
1. Le quantième (30 Mesori, iv { xà fcv^BXia xoO paatX^dK df^xai), correspondant au 8 octobre dans les années 209-206, est fixé par Tinscription de Rosette (lig. 46). L'année se déduit de l'âge qu'avait Ptolémée V Épiphane à son avènement : cinq ans suivant Justin (XXX, 2, 6], quatre ans suivant saint Jérôme {In Dan»^ xi, 13). Ces deux données ne sont pas contradictoires. Quatre ans révolus ou cinq sont synonymes dans le langage courant. Mais la date de Tavènement est controversée pour des raisons qui seront exposées plus loin. En admettant qu*elle tombe au cours de Tannée 205/4, on trouve que la naissance remonte au 8 octobre 209.
2. Les opinions flottent entre 216, let*minus poat quem, et 210, terminus ante quem. On a oublié que le culte des a dieux Philopators » se rencontre à Ptolémaîs dès 215/4 (ci-après, p. 329), et que, par conséquent, le mariage a dû avoir lieu, comme il était vraisemblable, peu après Raphia, où Arsinoé gagna sa couronne. Mahaffy {Eialoi^y, p. 128) conjecture, avec sa hardiesse ordinaire, que les ministres empêchèrent le roi de se marier, dans Tespoir qu'Agathoclia lui donnerait un héritier, et ne le lui permirent que quand cet espoir fut déçu. Ce plan eût été bien aventuré, et, si de pareils scélérats ravalent conçu, ils auraient eu recours, plutôt que de l'abandonner, à la supposition d'ei^ant.