‹ Histoire des LagidesChapitre 206 sur 258 · Polyb., IX, 43. XXIII · texte numérisé non relu

Polyb., IX, 43. XXIII

2. Liv., XXVII, 30. XXVIIl, 7. Polyb., XI, 4^. En 206, réponse de Ptolémée aux Magnésiens du Méandre, à propos de leurs Jeux Leucophryena (Kern, n« 23).

3. Strab., X, p. 478. La longueur de mur construit, iicl 6^oi^%o^a trcMov^ (près de 14 kil.), est ramenée par une correction vraisemblable à dxxcb oraSiouç.

324 CHAP. vin. — PTOLÉMÉE IV PHILOPATOR

officieuse, provoquée par les guerres intestines qui constituaient le régime normal de File. Gortyne, qui tenait pour le parti achéo-macédonien, efirayée peut-être par le cruel traitement infligé aux Éginètes, dut faire appel à Ptolémée et obtenir de lui au moins des subsides pour des travaux de défense. C'était pour FÉgypte une occasion de reprendre pied dans l'Archipel et de récupérer de proche en proche tout ou partie de son ancien protectorat. Mais il eût fallu pour cela un efibrt dont le gouvernement égyptien était incapable. On construisait à Alexandrie des navires de luxe, mais on n'entend plus parler de flotte de guerre. La mer appartenait aux nouvelles puissances maritimes, aux Rhodiens, à Attale, aux Romains. Ptolémée craignit sans doute d'être entraîné dans quelque aventure, s'il acceptait un rôle actif dans le nid de brouillons et de pirates qu'était la Crète '. Nous arrivons, en louvoyant à travers ces épaves de la tradition historique *, à la fin du règne de Philopator. Il est temps de jeter un coup d'œil en arrière et de résumer ce que nous savons de la vie intime du roi, puisqu'aussi bien le mystère qui plane sur sa mort serait sans cela inintelligible.

1. Niese (II, p. 406) fait remonter cette occupation (?) de la Crète au début du règne, continuant celui d'É vergeté. Mais, dès 220, les Gortyniens font des avances à Philippe (ci-dessus, p. 292, 2), sans doute parce qu'ils étaient délaissés par Philopator. En tout cas, les inscriptions de Sestos (Strack, n. 59) et de Théra (Strack, n. 60) sont de la fin du règne, car elles sont dédiées aux dieux Philopators « et à leur fils ». Il y avait garnison à Théra, commandée par Théoxénos TAlexandrin, ô xtx<xy\Lévo<: èicl Bifipa;, et des administrateurs ayant autorité sur la Crète, d'un côté, et Methana (?) de l'autre {IGInsuL, 111, 466). Comme exemple des tracas qui pouvaient naître du protectorat en Crëte^ remarquer ce qui arriva en 204 aux Rhodiens. Philippe lança contre eux les pirates crétois de son parti, et un affidé de Philippe, Héraclide, faillit brûler leur flotte dans le port môme de Rhodes (Polyb., XIII, i, 5. Polyœn., V, 17). Un proxène d'Athènes rachète des citoyens athéniens capturés par les pirates étoliens et crétois (Th. Homolle, in BCH., XV [1891], p. 354-369). Razzias de pirates àAmorgos (C/G., 2263 c).

2. Je laisse délibérément de côté une prétendue guerre de Cœlé-Syrie dans laquelle Antiochos le Grand aurait vaincu Ptolémée (Joseph., A, J,, XII, 3, 3) et qu'Eusèbe (II, p. 122 Schœne)^ sans doute sur la foi de Josèphe, place en 01. cxLiu (208-205 a. C). Josèphe vise collectivement Philopator et Épiphane ; il s'agit probablement des campagnes de 202-201 (ci-après, pp. 351-356).

DÉBAUCHES DE PHILOPÂTOR 325

La pin du règne.

On a vu plus haut comment, dès le début du règne, une série de crimes fit disparaître Toncle, le frère, la mère du roi et le fâcheux Cléomène. Philopator tomba sous la tutelle de favoris qui prirent à tâche de développer ses mauvais penchants. Il faudrait, pour dépeindre l'ignoble et crapuleuse existence où se complut dès lors Ptolémée IV, réunir une foule de traits et d'anecdotes non datés, qui exagèrent encore parleur rapprochement la teinte sombre du tableau ^ Il y a aussi des progrès dans le vice ; il n'est pas probable que Philopator soit tombé du premier coup au plus profond de l'abjection : il laissa même sur ce point quelque chose à inventer à ses successeurs. Polybe dit lui-même que c'est surtout après la campagne victorieuse de Cœlé-Syrie que le roi se vautra dans la débauche ^ Un trait de son caractère que Polybe signale dès le début, c'est, avec la paresse, une sorte de défiance à l'égard de tous ceux qui n'étaient pas de son cercle intime ^ Il était d'abord difiicile, défendant son loisir avec une égale âprelé contre les curieux et les fâcheux et ne se sentant à l'aise que derrière des portes closes. Là, au milieu de ses maîtresses et de ses mignons, auxquels il avait soin d'adjoindre, pour varier ses plaisirs, des hommes de lettres, poètes, grammairiens, philosophes même, gens rompus à tous les exercices de l'esprit et passés maîtres en fait de flatteries *, au milieu des boufibns (^eXotarrat) qu'il

1. La plupart de ces anecdotes doivent provenir de la biographie de Philopator par Ptolémée, fils d'Agésarchos, dit aussi de Mégalopolis : fragments dans FHG., III, p. 66-67.

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