APPEL A L*INTERVENTION ROMAINE
sonèse rhodienne *. Sauf Éphèse, TÉgypte avait, pour le moment, perdu à peu près tout ce qu'elle possédait en Asie- Mineure. Mais Philippe n'était pas le plus dangereux de ses ennemis. Gomme il attaquait tout le monde à la fois, une clameur d'indignation s'éleva de tous côtés, une clameur dont l'écho parvint bien vite à Rome. Attale avait dû songer tout d'abord à faire appel aux Romains, dont il était l'allié depuis dix ans. C'est à regret qu'il avait consenti à faire cause commune avec les Rhodiens *, qui, eux, tenaient beaucoup moins à provoquer l'ingérence de la République romaine dans leurs affaires ^ Maintenant, les députés de Rhodes « se joignirent aux siens pour aller dénoncer au Sénat romain les entreprises de Philippe contre les villes d'Asie. Ils se rencontrèrent à Rome avec les députés athéniens et étoliens, qui apportaient de leur côté leurs doléances *. Le moment était bien choisi. Vainqueurs de Carthage, les Romains s'apprêtaient h demander compte au Macédonien de ses accointances avec Hannibal, et ils n'étaient pas fâchés de le faire sous d'autres prétextes, qui leur permettraient de prendre des airs plus désintéressés. Des deux rois coalisés contre l'Egypte, le plus brutal n'était pas pour elle le plus inquiétant. Le gouvernement alexandrin, se sentant protégé par l'orage qui s'amassait sur la tète de Philippe, n'eut de ce côté qu'à laisser faire.
Mais, ce qui donne une idée de l'incroyable désarroi qui régnait à Alexandrie et de l'incapacité des gouvernants, c'est qu'on avait laissé faire aussi Antiochos, qui, pendant que son