Polyb., XVl
3. Niese (II, p. 584) pense, comme bien d autres, que les Rhodiens envoyé'* rent leurs ambassadeurs à Rome avant de se battre. Ce dut être l'avis d'Attaie, mais non pas de Théophiliscos.
4. Les Athéniens s'étaient attiré une invasion des Acarnauiens, par un acte d'intolérance stupide. Lors de la célébration des Grands Mystères (sept. 201?), ils avaient mis à mort deux jeunes Acarnauiens, qui^ ne connaissant pas les règlements, avaient pénétré dans le temple d'Eleusis sans être initiés. Les Acarnauiens avaient demandé à Philippe de les aider à venger leurs compatriote» (Liv., XXXI, 14)i
356 CHAP. IX. — PTOLÉMÉË V ÉPIPHÀRE
allié était aux prises avec les Rhodiens, envahissait la Cœlé- Syrie (201). Cette première campagne semble avoir été pour Tagresseur une promenade militaire. Ântiochos ne rencontra de résistance sérieuse qu'à Gaza. La cité philistine, qui tenait, dit Polybe, à « garder sa foi à Ptolémée * », c'est-à-dire à ne pas échanger le protectorat égyptien contre la domination moins accommodante des Séleucides, soutint vaillamment un long siège, qui, aucun secours ne venant d'Egypte, finit par une capitulation. Ainsi, le roi de Syrie était à portée de la frontière de l'Egypte, et, si Philippe n'avait pas été l'écervelé dont Polybe prend en pitié l'aveuglement, on aurait pu voir apparaître soudain à Alexandrie ou à Gyrène la flotte du Macédonien !
Pour le coup, c'en était trop. L'inertie du gouvernement alexandrin inquiéta les Romains eux-mêmes. Il y avait là quelque chose d'étrange, de nature à faire soupçonner quelque trahison en haut lieu '. Le Sénat résolut de savoir ce qui se passait à Alexandrie, et il saisit pour cela le premier prétexte venu. Une ambassade, composée de G. Glaudius Nero, M. Aemilius Lepidus et P. Sempronius Tuditanus, partit pour Alexandrie vers la fin de 201, avec mission « d'annoncer au roi la défaite d'Hannibal et des Carthaginois ; de remercier le roi d'être resté fidèle en des conjonctures douteuses, alors que les Romains se voyaient abandonnés même de leurs proches voisins, ajoutant que si, poussés à bout par Philippe, ils lui déclaraient la guerre, ils demandaient au roi
1. Polyb., XVI, 40, 6. Cf. XVI, 18, 2. XXIX, 6 a, 5. Stark, Gaza, p. 400 sqq. Les monnaies ptolémaîques de Phénicie, frappées sous Épiphane, ont pu être émises entre 203 et 201, et ne prouvent pas que FÉgypte ait gardé une partie de laPhénicie (cf. contra Niese, II, p. 578, 4). Svoronos (ntpiYpatpT^, p. 214, n. 1291) cite une monnaie de Joppé, à TefiBgie d'Épiphane, datée de Tan V (200). La ville a peut-être résisté longtemps, comme Gaza.
2. Ce qui devait surtout étonner les Romains, c'est que la cour d'Alexandrie ne demandait pas leur appui. Justin (XXX, 2, 8) prétend qu'aussitôt après la mort d'Agathocle, les Alexandrins avaient prié les Romains de se faire les tuteurs et défenseurs du jeune roi. Dans T. Live — pourtant acquis à la tradition romaine de la « tutelle » — il n'y a pas trace de cette ambassade, ni de celle qu'Agathocle avait fait mine d'envoyer à Rome (ci-dessus, p. 343).
ÂBfBASSADE ROMAINE A ALEXANDRIE 357
de conserver au peuple romain son amitié d'autrefois * »• Justin assure que les envoyés du Sénat — ceux-ci ou d'autres — allèrent trouver Antiochos en Phénicie et lui signifier « qu'il eût à s'abstenir de toucher au royaume de l'enfant confié par les dernières volontés de son père à la protection du Sénat' ». Il n'est plus guère possible de contrôler les dires de Justin, qui paraît placer cette démarche un peu plus tôt ' ; mais on peut être assuré que les diplomates romains évitèrent de prendre avec Antiochos un ton d'autorité. Décidés à abattre d'abord Philippe de Macédoine, les Romains ne tenaient pas à avoir deux ennemis à la fois : ils affectèrent de considérer Antiochos comme un ami, presque comme un allié, jusqu'au jour où ils furent prêts à lui déclarer la guerre. Aussi, à supposer qu'il ait reçu alors un avis officieux *, le roi de Syrie comprit que la défense de toucher aux possessions égyptiennes lui était signifiée pour la forme, et il n'en tint aucun compte.
Le peuple alexandrin, humilié dans son patriotisme par les succès faciles des rois coalisés, ne put qu'être froissé encore en se sentant surveillé de si près par les Romains. Il trouva sans doute qu'il avait fait assez longtemps crédit h son ancien favori TIépolème, le fainéant installé à la place