Justin., XXXI
3. Justin ordonne ainsi les faits : Mittuntur itaque legati^ qui Philippo et Antiocho denuntient, regno Aegypti ahstineant. Mittitur et M. Lepidus in Aeqyptum^ qui tutorio nomine regnum pupilli administret, Dum haec aguntui\ intérim legationes Attali régis et Rhodiorum injurias Philippi querenies Romam venerunt (XXX, 3, 3-5). On sait que la tradition représentée par Justin (cf. Liv., XLV, 44), Valère Maxime (VI, 6, 1), Tacite [Ann,, II, 67), propagée ou créée parForgueil nobiliaire des Lepidi, qui firent frapper en 54 a. Chr. une monnaie ancestrale avec la légende TVTOR REGis (Mommsen, R, MUnzw.y p. 633-634], s'obstine à faire de ce Lépidus le tuteur légal d*un Ptolémée. On a longuement et de divers côtés discuté la question de savoir s'il s'agissait de Ptolémée V Épiphane ou de Ptolémée VI Philométor. Nous reviendrons plus loin sur ce débat ; mais en rejetant dès à présent, comme inadmissible a prioH^ la « tutelle », au sens juridique du mot.
4. L'ambassade visée par Justin doit ^«tre celle qui se rencontra l'année suivante (200) à Athènes avec Atlale, et qui partit de là u>( 'Avt{o/ov xal nToXE^iaiov tirl Ti; ciaXJffgi; (Polyb., XVI, 23-27),
d'Agathocle. Les adversaires du régent surent exploiter le mécontentement public, et Tlépolème fut remplacé par une sorte de duumvirat, composé du somatophylaque acamanien Aristomène et du condottiere étolien Scopas. Sans doute, on savait qu'Aristomène s'était poussé aux honneurs en faisant sa cour à Agathocle * et on était édifié depuis longtemps sur la rapacité et l'insolence de Scopas *; mais l'État avait besoin d'un administrateur habile et d'un général énergique, et les nouveaux gouvernants remplaçaient avantageusement Tlépolème, qui n'était ni l'un ni l'autre.
Scopas était homme à faire partager aux autres la confiance qu'il avait en lui-même. Il s'empressa de justifier l'attente du peuple en faisant des préparatifs sérieux pour reconquérir la Cœlé-Syrie, sans s'attarder aux combinaisons diplomatiques et surtout sans laisser croire aux Romains que leur soi-disant « pupille » avait besoin de leur secours. Son caractère audacieux et quelque peu fanfaron rend assez bien compte de la façon singulière dont le gouvernement égyptien fit échange de politesses avec les Romains. Ceux-ci devenaient décidément indiscrets, et il était bon de leur faire sentir que le roi d'Egypte n'était pas, comme on affectait peut-être déjà de le dire, sous leur tutelle ^ Il paraît que
' les Athéniens, habitués de longue date à trouver bon accueil à Alexandrie, avaient fait appel à Ptolémée quand ils se virent menacés par Philippe, avant de s'adresser aux Romains. Il n'y avait pas apparence que l'Egypte, incapable de défendre ses propres possessions, pût porter secours à ses amis. Pour-
' tant, au début de l'an 200, une ambassade égyptienne vint
1. Polyb., XV, 31, 7-8. Mais Polybe loue sJi conduite, quand il fut devenu xtjpio; Twv 8^wv -TCpaYjiiTwv.