DÉCRET
Les grands prêtres et prophètes, et ceux qui pénètrent dans le sanctuaire pour Thabillement des | dieux, et ptérophores et 7 hiérogrammates, et tous les autres prêtres qui, des temples du pays, s'étant rendus à Memphis au devant du roi, pour la panégyrie de la réception de la | couronne de Ptolémée toujours s vivant, chéri de Phlha, dieu Epiphane, Euchariste, laquelle il a reçue immédiatement de son père, réunis dans le temple de Memphis, ce même jour, ont dit : | Considérant que le roi 9 Ptolémée toujours vivant, chéri de Phtha, dieu Epiphane, Euchariste, issu du roi Ptolémée et de la reine Arsinoé, dieux Philopators, a comblé de bienfaits les temples et | ceux qui y lo demeurent, et tous ceux qui sont rangés sous sa domination ; qu'étant dieu, né d'un dieu et d'une déesse, comme Horos, le fils d'Isis et d'Osiris, qui a vengé son père Osiris ; envers les dieux I plein d'une piété généreuse, il a consacré aux temples ii des revenus en argent et en vivres, et supporté de grandes dépenses pour amener la sérénité en Egypte, et pour établir
Al. Moret {pp. cit., p. 260), U s'agit encore de la fête sed^i de la durée approximative de son influence, influence dont le bénéficiaire est le « maître » ou possesseur. M. Ed. Navillc songe maintenant (communication verbale) à une période fiscale, analogue à Tlndiction.
1 . Le titre, d'ailleurs très peu mérité, d^Eô^ipi^Toc n'est pas resté dans Tusage courant; mais il se retrouve sur plusieurs inscriptions (Strack, nn. 71, 73-77, 79, 89, 93). D'après Gutschmid, le surnom d'Épiphane (en égyptien p' mitr pr, le « dieu qui surgit ») indique un avènement providentiel, qui sauve la dynastie prête à s'éteindre.
li Tordre en tout ce qui concerne le culte; | il a manifesté de toutes ses forces ses sentiments d'humanité ; d'entre les revenus publics et impôts perçus en Egypte, il a supprimé définitivement quelques-uns et allégé d'autres, afin que le peuple et
13 tous les autres | fussent dans Tabondance sous son règne ; les sommes que redevaient au Trésor les habitants de TÉgypte et ceux du reste de son royaume, lesquelles étaient considérables, il en a fait une remise générale ; quant à ceux qui
14 avaient été | emprisonnés et ceux à qui Ton avait intenté procès depuis très longtemps, il les a délivrés de toute réclamation : il a ordonné en outre que les revenus des temples, et les contributions qui leur étaient accordées chaque année, tant en |
15 vivres qu'en argent, ainsi que les parts équitables assignées aux dieux sur les vignobles, les jardins et sur les autres terrains qui appartenaient aux dieux sous le règne de son père | ,
16 resteraient sur le même pied ' ; relativement aux prêtres, il a ordonné encore qu'ils ne payent rien de plu^ à la caisse télestique * que ce à quoi ils étaient imposés jusqu'à la première année sous son père; il a de plus affranchi ceux d'entre les |
17 tribus sacrées de la descente annuelle à Alexandrie ; il a ordonné également de ne plus lever la contribution pour la marine; des toiles de byssus livrées dans les temples au Tré-
18 sor royal | , il a remis les deux tiers ; et tout ce qui était précédemment négligé, il l'a rétabli dans l'état convenable, veillant à ce que tout ce qu'il était d'usage de faire pour les dieux
19 fût exécuté comme | il convient ; en même temps il a distribué ë, tous la justice, comme Hermès deux fois grand ; il a ordonné, en outre, que les émigrés revenus, gens de guerre et tous
20 autres qui | auraient manifesté des intentions hostiles dans le temps des troubles, conservent les biens en la possession desquels ils sont rentrés ; il a pourvu à ce que des corps de cavalerie et dUnfanterie et des vaisseaux fussent envoyés contre
21 ceux qui se seraient avancés | contre l'Egypte, tant par terre
1. Ce texte paraît viser la taxe de ràicopLotpa établie par Pbiladelphe, qui aurait été restituée « aux dieux » par Philopator, rétablie depuis, et ici de nouveau supprimée (Cf. Mahaffy, Empire, p. 319).
2. Le TtXtvTtKÔv était un droit payé pour Tordination ou investiture sacerdotale.
Là pierre de rosette 373
que par mer', supportant de gprandes dépenses en argent et en vivres, afin que les temples et tous les habitants de l'Egypte fussent en sûreté; | s'étant rendu à Lycopolis, celle du nome 22 Busirite, ville dont on s'était emparé et qu'on avait fortifiée contre un siège par de grands dépôts d'armes et toute autre sorte de munitions, Tesprit de révolte s'y étant affermi depuis très long | temps parmi les impies qui, rassemblés dans cette 23 ville, avaient fait beaucoup de mal aux temples et aux habitants de TËgypte; et ayant formé le siège de | cette place, il u Ta environnée de retranchements, de fossés et de murs solides ; le Nil ayant fait une grande crue dans la VII^* année et, comme il est accoutumé de le faire, inondant les | plaines, 25 le roi Fa contenu en beaucoup de lieux en fortifiant l'embouchure des fleuves, pour lesquels travaux il a dépensé des sommes non petites ; après avoir établi des troupes, tant de cavalerie que d'infanterie pour la garde | de ces fleuves ', il a 26 pris en peu de temps la ville de vive force et détruit tous les impies qui s'y trouvaient, comme Hermès et Horos, fils d'Isis et Osiris, s'étaient rendus maîtres dans ces mômes | lieux de 27 gens révoltés auparavant; quant à ceux qui s*étaient mis à la tôte des rebelles sous son père et qui avaient vexé le pays sans respecter les temples, s'étant rendu à Memphis, pour venger | son père et sa propre couronne, il les a punis comme ils le 28 méritaient, à l'époque où il vint pour célébrer les cérémonies prescrites pour la réception de la couronne ; de plus, il a remis ce qui dans | les temples était dû au Trésor royal jusqu'à la 29 VHP année, montant, tant en vivres qu'en argent, à une quantité non petite ; pareillement, il a remis la valeur des toiles de byssus qui n'avaient point été fournies au Trésor royal | ainsi 30 que les frais de vérification pour celles qui l'avaient été, jusqu'à la même époque ; il a affranchi les temples du droit d'artabe par aroure de terre sacrée ; de même, | quant au kéra- 31
1. Le texte xoù; è'ictXOdvxa; è'^rl x^y AXyuiztoy ne parait pas nécessiter ce conditionnel. Letronne songe aux Syriens, qui ne sont pas entrés en Egypte après leur victoire à Panion ; Mahaffy {Empire, p. 321), à des « raids de Nubiens et autres » sur les frontières du S. et côtes duS.-E.
2. Dpô; T^ çuXax^ aO-cwv. Il vaudrait mieux traduire, comme le propose Mabaffy {Empire, p. 322) m pour bloquer les insurgés ». Les icotsjjioC sont ici des canaux .
mion par aroure de vignoble * ; il a fait beaucoup de donations à TApis, au Mnévis, et aux autres animaux sacrés en Egypte, prenant beaucoup plus de soin que les rois ses prédécesseurs zi de ce qui concerne | ces animaux, en toute circonstance ; et ce qui était nécessaire à leur sépulture, il Ta donné largement et noblement, ainsi que les sommes accordées pour leur culte particulier, y compris les sacrifices, panégyries et autres céré-
33 monies prescrites; | les privilèges des temples et de l'Egypte, il les a maintenus sur le même pied, conformément aux lois ; il a embelli TApiéum de magnifiques ouvrages, ayant dépensé
34 pour ce temple, d'or, d'argent | et de pierres précieuses, une quantité non petite ; il a fondé des temples, des naos, des autels ; il a restauré, à son tour, ceux qui avaient besoin de
35 réparations ; ayant, pour tout ce qui concerne | la divinité, le zèle d*un dieu bienfaisant; après nouvelle information, il a réparé les plus honorés des temples sous son règne, comme il convient ; en récompense de quoi, les dieux lui ont donné
36 santé, victoire, force et tous les autres biens, | la couronne devant demeurer à lui et à ses enfants, dans toute la durée du temps ;