‹ Histoire des LagidesChapitre 239 sur 258 · A LA BONNE FORTUNE · texte numérisé non relu

A LA BONNE FORTUNE

Il a paru convenable aux prêtres de tous les temples du pays

37 que tous les honneurs rendus | au toujours vivant roi Ptolémée, chéri de Phtha, dieu Épiphane, Euchariste, de même que ceux de ses parents, dieux Philopators, et ceux de ses aïeux, dieux

38 Ëvergètes, et ceux | des dieux Adelphes, et ceux des dieux Soters, soient de nouveau augmentés grandement ; qu'on élève au toujours vivant roi Ptolémée, dieu Ëpiphane, Euchariste, une image en chaque temple, dans le lieu le plus apparent, |

3ô lequel portera le nom de Ptolémée, celui qui a vengé l'Egypte ; qu'auprès soit placé debout le dieu principal du temple, lui présentant une arme de victoire, le tout disposé à la manière

40 égyptienne * ; | que les prêtres fassent trois fois par jour le ser-

1. Ce sont des libéralités et privilèges octroyés Tannée précédente, lors du couronnement. Les arriérés dont il est fait remise indiquent bien que les troubles intérieurs avaient gêné le recouvrement des impôts et obligé le fisc à des ménagements.

2. Dans les fêtes sed^ « aux rites secrets du pa douait succédait la proclama-

Là pierre de rosette 375

vice religieux auprès des images et leur mettent un ornement sacré, et exécutent les autres cérémonies prescrites, comme pour les autres dieux, dans les panégyries qui se célèbrent en Egypte ; | qu'ils élèvent au roi Ptolémée Ëpiphane, Euchariste, 4i né du roi Ptolémée et de la reine Arsinoé, dieux Philopators, une statue de bois et un édicule doré, dans chacun des | tem- h pies ; qu'ils les placent dans les sanctuaires avec les autres édicules, et que, lors des grandes panégyries où se fait la sortie des édicules, celui du dieu Épiphane, Euchariste, | sorte en 43 même temps; afm que son édicule soit distingué des autres, maintenant et dans la suite des temps, qu'il soit surmonté des dix coiffures d'or du roi, devant lesquelles sera placé un aspic, comme à toutes les coiffures | aspidoïdes sur les autres édi- 44 cules ; qu'au milieu d'elles on mette la coiffure appelée Pschent, dont le roi s'était couvert lorsqu'il est entré dans le temple de Memphis pour y | accomplir les cérémonies prescrites dans la 45 prise de possession du trône ; qu'on mette sur le tétragone des coiffures, au susdit ornement royal, dix phylactères d'or, sur lesquels on écrira | que c'est celui du roi qui a rendu illustre 46 le pays haut et le pays bas ; et puisque le XXX de Mesori, dans lequel on célèbre la naissance du roi, ainsi que [le XVII de Paophi '] I dans lequel il a pris la couronne de son père, les 47 prêtres les ont reconnus comme éponymes dans les temples, lesquels jours sont, en effet, pour tous, cause de beaucoup de biens ; qu'ils les célèbrent, par une fête en son honneur et une panégyrie, dans les temples | d'Egypte, chaque mois; qu'ils y 48 accomplissent des libations et toutes les autres choses d'usage, comme dans les autres panégyries, ainsi que les [lacune] \ dans les temples; qu'ils célèbrent une fête et une panégyrie 49 pour le toujours vivant et chéri de Phtha roi Ptolémée, dieu

tionpubUque et éclatante de la divinité du roi, comme au jour de l'intronisation. Comme témoins de cette divinité^ le roi laissait des statues qui restaient visibles dans les temples. Ces statues n'étaient plus la représentation de Tâme du roi) de son double ; mais elles figuraient la personne vivante, divinisée certes, mais cependant humaine » (Âl. Moret, op. et'/., p. 255).

t. C'est la date longtemps contestée parLetronne (ci-dessus, p. 369, \) que j'insère dans sa traduction. Elle correspondait en 209 (association au trône) au 29 novembre ; en 197, au 26 novembre. Il se peut que les prêtres aient choisi pour le sacre le jour anniversaire de l'association au trône (?).

376 CHAP. IX. — PTOIhÉHÉE V ÉPIPHâNE

Ëpiphane, Euchariste, chaque année dans tous les temples du

50 I pays, depuis le premier de Thoyth, pendant cinq jours, dans lesquels ils porteront aussi des couronnes, accomplissant les sacrifices et les libations et tout ce qui convient; que les pré-

51 très des autres dieux reçoivent le nom de | prêtres du dieu Ëpiphane, Ëuchariste, outre les autres noms des dieux dont ils sont prêtres, et qu'ils consignent dans tous les arrêtés et dans

52 les déclarations qui seront écrites par eux le | sacerdoce du roi; qu'il soit permis atout particulier de célébrer la fête, d'élever Pédicule susdit, et de l'avoir chez lui, accomplissant toutes les cérémonies prescrites dans les fêtes tant mensuelles

53 I qu'annuelles, afin qu*il soit connu que les Ëgyptiens élèvent et honorent le dieu Ëpiphane, Ëuchariste, comme il est légal de le faire ; enfin, que ce décret soit gravé sur une stèle de |

54 pierre dure, en caractères sacrés, locaux et grecs, et placé dans chaque temple des premier, second et troisième ordres, près de l'image du roi toujours vivant ».

La découverte du décret de Canope a quelque peu déprécié à nos yeux la valeur des honneurs décernés à Ëpiphane par le clergé égyptien, en montrant qu ils n'étaient pas nouveaux et que Tadulation sacerdotale s'était faite aussi empressée auprès d'Evergète. Mais, d'autre part, la comparaison des deux textes fait aussi ressortir des différences notables, d'oii Ton peut inférer que les rapports de la royauté avec le clergé s'étaient modifiés à l'avantage de celui-ci. Le roi étranger devient de plus semblable aux Pharaons d'autrefois. Il consent, comme paraît l'avoir fait déjà son père, à s'affubler officiellement de titres qui avaient probablement paini ridicules à ses ancêtres. Le clergé a été exempté de bon nombre des redevances qui lui avaient été précédemment imposées, et ses délégués ne sont plus obligés, comme par le passé, de descendre tous les ans à Alexandrie pour renouveler leur hommage au roi à l'occasion de son jour de naissance. Le synode se tient désormais à Memphis, qui redevient ainsi véritablement la capitale du royaume. Cet acte de condescendance inaugure, pour ainsi dire, une politique

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