‹ Histoire des LagidesChapitre 243 sur 258 · Appian., ibid · texte numérisé non relu

Appian., ibid

3. Au moins depuis 208, diaprés les documents cunéiformes (Zeilschr. f, AssfjHoL, VIII [1893], p. 108-113). C'est TAntiochos mentionné dans l'inscription sacerdotale de Séleucie (ClG.f 4458) et sur lequel on a tant discuté depuis Niebuhr (ci-dessus, p. 284, 2). Personne ne doute plus aujourd'hui (cf. la rétractation de Niese, II, pp. 679, 3 et 777), après la découverte des documents babyloniens et magnésiens, que cet Antiochos ait été, non pas un neveu (Niebuhr), neveu et prédécesseur (Droysen, Babelon, Holm, etc.), d'Antiochos III, mais son fils atné, mort en 193 (Gutschmid,Wilcken, Rem, Bevan).

NÉGOaATIONS SYRO-ÉGYPTIENNES 383

d'être le gendre d'un adversaire des Romains *. Mais les deux autres furent réalisées, et, en premier lieu, la plus importante, celle que toute la diplomatie du Sénat, averti par une indiscrétion d'Antiochos lui-même au congrès de Lysimachia, ne put faire échouer.

Il fut donc convenu que Ptolémée épouserait Cléopâtre, laquelle aurait pour dot la Cœlé-Syrie, la Phénicie, Samarie et la Judée *. C'était la paix assurée entre les deux dynasties ; elles échapperaient ainsi Tune et Tautre à la fastidieuse ingérence de tous ces arbitres et courtiers, gens d'intrigue et de procédure, qui venaient à tout moment gêner les rois dans le libre exercice de leur souveraineté avec des notes et protocoles rédigés sur les bords du Tibre. Ce plan avait mûri peu à peu. Il est évident qu'Antiochos y songeait avant de s'être heurté directement aux Romains et qu'il avait dû sonder les dispositions de la cour d'Alexandrie. Ses propositions avaient dû y être accueillies avec joie, car on y était plus las qu'on n'osait le dire de la bienveillante tutelle dont les Romains s'obstinaient à faire étalage. Que les pourparlers aient abouti dès 198. au lendemain de la bataille de Fanion \ lorsque l'Egypte était encore toute meurtrie et Antiochos plein de confiance en l'avenir, au moment où Philippe, avec qui il avait signé un pacte contre l'Egypte, tenait encore en échec les Romains et leurs alliés, la chose est en soi bien

1 . Appien, qui est en pleine anarchie chronologique et se croit sous le règne de Philopator, met tous ces mariages en môme temps que celui du jeune Antiochos et Laodice en 196/5, avant la seconde expédition d'Antiochos en Thrace. En fait, le mariage d'Antiochis, cette célèbre rouée (-ïravoOpYOç jiiXKJta, Diod., XXXI, 19,7), qui, longtemps stérile, eut recours à la supposition d'enfants, parait avoir eu lieu en 192 (Th. Reinach, Trois royaumes etc., p. 15).

2. Joseph., A. Jud., XII, 4, 1. Chron. Pasch., p. 255: cf. FHG,, III, p. 720. Appian., Sijr. 5 (itpoîxa Zvpiny t^v KoiXt^v èmSiSoûç). Ces auteurs reproduisent rafBrmation des diplomates égyptiens : ÔTt ôst XaCcîv aôxàv [nxoXejiaîov] êv cpepvfî KoCXt^v Lupbv ot' èXdtjxfiave KXeoTrixpotv (Polyb., XXVIII, 17, 9). On peut révoquer en doute la sincérité des diplomates, mais non pas le caractère très net de leurs revendications et le sens précis des textes dont nous disposons.

3. C'est un peu pour esquiver cette objection que Niese (ci-dessus, p. 361, 1) avance de deux ans la date de la bataille, sauf à concéder (II, p. 674, 1) que le mariage, proposé en 198, ne fut réellement décidé que « vers 193 ».

invraisemblable. S. Jérôme l'affirme et cite même le nom du négociateur, Euciès de Rhodes, qui conclut Taffaire des fiançailles « la septième année (du règne) de Tadolescent » : mais la tradition qu'il a recueillie prend une allure romanesque qui met en défiance même contre sa chronologie *. Antiochos nourrit contre TÉgypte et sa dynastie les plus noirs desseins. S'il veut marier sa fille à Épiphane, c'est sans doute pour le faire périr, avec la complicité de Gléopàtre, éteindre la race des Ptolémées et s'emparer du trône de l'Egypte, dévolu en ce cas à sa fille. De pareils projets frappent d'autant plus l'imagination qu'ils sont conçus plus longtemps d'avance, et il y a d^autant plus de plaisir à voir échouer, contre la loyauté de la nouvelle épouse, une trahison si patiemment ourdie *.

La dot de Gléopàtre était évidemment, beaucoup plus que

1. Volens Antiochus in Aegyptum quoque regnum suum extendere filiam suam Cleopatram per Euclem Rhodium seplimo anno adolescenli despondit Ptolemaeo et tertio decimo anno Iradidit, data ei dotie nomine omni Coelesyria et Judaea (Hieron., In Dan.^ xi, 17). On ne conteste guère qu'il s'agisse des années de règne, et non pas de i*âge du roi. On obtient ainsi la date de 199/8 pour les fiançailles, et 193/2 pour le mariage. Mais le Chron, Paschale met Tan Vil d'Épipbane et les fiançailles, avec constitution de la dot, en 196 (consulat de Purpureo et Marcellus), dissidence qui s'explique par le fait que le chronograpbe compte les années d'un point de départ différent (ci-dessus, p. 337, 1). Ce qui est commun aux deux traditions, c'est l'an VII, qui, dans le comput rectifié, correspond à l'an 199/8. L'an 196 du Chron, Paschale est précisément l'année où Antiochos a révélé son projet. Le chronograpbe a dû conclure qu'il l'avait aussitôt réalisé, et se confirmer par là dans l'opinion que l'an I d'Épiphane correspondait bien à l'an 203/2. En tout cas, lui non plus, comme Appien (ci-dessus, p. 383, 1), ne croit pas que l'accord entre Ptolémée et Antiochos ait suivi de si près la bataille de Panion. Là-dessus, partage des opinions sur la date des fiançailles, que Nissen place en 196, Strack en 198, et Niese en 195. La date de l'hiver 196/5 me parait, somme toute, la plus probable.

2. Neque enim obtinere potuit Aegyptum^ quia Ptolemaeus Epiphanes et duces ejus^ sentientes dolum^ cautius se egerunt^ et Cleopatra magis viri partes quam parentis fovit. L'idée de ce complot a pu être suggérée par un autre récit, peut-être aussi légendaire, qui attribuait à Antiochos un coup du même genre, perpétré quinze ans plus tôt : fiép^xi '^*^ 'ApixtvCuv TupdEw^ r^v iauToO d6sXfp^,v ^uvoixCaoç, èxstvov (làv 6ià r^ç dStXtpf^c 8te}^9aT0, t^.v Si Dcp^ûv P«(itX«iav aOSiç hftxxiifjoixo (Jo. Antioch., fr. 53 = FHG,, IV, p. 557). Il se serait servi de sa sœur Antiochis (Polyb., VIII, 25) pour faire disparaître son beau-frère.

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