LA DOT DE GLÉOPATRE
Falliance politique, Fappàt qui avait décidé la cour d'Alexandrie à entrer dans les vues d'Antiochos. Mais^ s'il n'y eut pas alors, il y eut certainement plus tard un malentendu sur les clauses du contrat. Ces clauses ne nous sont connues , que par des récriminations rétrospectives, et les historiens qui en parlent ne paraissent pas en avoir eux-mêmes une idée très nette. Ce qui ressort du débat, c'est que Tarrangement imaginé par Antiochos ne devait pas être, et en tout cas ne fut pas, une cession pure et simple des provinces cidessus désignées. Josèphe dit bien qu'Antiochos céda à son gendre (icapa^copYjo'aç aùxc^) la Gœlé-Syrie, Samarie, la Judée et la Phénicie, à titre de dot (<pep«/7iç ov6[xaTi) ; mais il ajoute que les revenus de ces provinces étaient partagés entre les deux rois '. Gomme nous savons, d'autre part, sur l'affirmation expresse de Polybe *, que depuis la bataille de Fanion jusqu'aux contestations survenues en 172, « tous les lieux susdits avaient toujours appartenu aux rois de Syrie », on est amené à conclure de là que la dot de Gléopfttre consistait en une sorte d'usufruit, lequel laissait aux Séleucides la possession légale des territoires grevés de cette espèce d'hypothèque. Gette solution, simple à première vue et aisément acceptable pour un contrat entre particuliers, ne l'est plus quand on l'examine de près et qu'on essaye de se représenter la condition des provinces ainsi mises en gage. Aussi les historiens, transformés en notaires, ont-ils retourné en tous sens le problème. Ou bien les provinces cédées devaient faire retour aux Séleucides à la mort de Gléopâtre ; ou bien, au contraire, elles ne devaient lui appartenir, comme part d'héritage, qu'à la mort de son père ; ou, plus simplement encore, Antiochos avait bien promis la Gœlé-Syrie à son gendre, mais avait ensuite refusé de s'en dessaisir et substitué à la
1. Joseph., A, Jud., XII, 4, 1 (SiaiptOivxcov tUà}ifpoT<pou< Toùcpa^iXet^ tôv çrfpwv). C'est le texte sur lequel se conceotre la discussion (ci-après, p. 386. 1).
2. Polyb., XXVIII, 1,3. Il n'y a aucun doute sur ce point. Ëpipbane fut si peu maître de la Cœlé-Syrie qu'il songeait à la conquérir quand il mourut.