‹ Histoire des LagidesChapitre 247 sur 258 · LE FAVORI POLYCRATE · texte numérisé non relu

LE FAVORI POLYCRATE

Mnasiadas, un ambitieux qui ne le valait pas et qui avait sans doute travaillé à sa perte, après l'avoir aidé à se défaire de Scopas. Ce Polycrate avait joué un rôle brillant à la bataille de Raphia, et il avait longtemps occupé le poste de gouverneur ou vice-roi de Cypre, un poste qu'il avait cédé au Mégalopolitain Ptolémée fils d'Agésarchos, pour être à même de se pousser plus avant dans la faveur royale. Il fut pour beaucoup, au dire de Polybe, dans la décision qui fit avancer l'émancipation légale et le couronnement du roi. Il avait intérêt à ce que le roi se sentit hors de tutelle *. Aristomènedut l'accepter pour collaborateur, un collaborateur en qui l'on pouvait deviner un émule, susceptible de se transformer en ennemi.

Polycrate, débarrassé d'Aristomène, prit le contre-pied de la politique de son prédécesseur. Il fut pour le jeune roi un conseiller des plus complaisants. Au lieu de gourmander son indolence, la paresse d'esprit qui s'alliait chez Ptolémée avec un goût assez vif pour les exercices du corps, il l'engageait à se laisser servir et à jouir de la vie. Aussi, après la mort d'Aristomène, « le roi devint de jour en jour plus brutal, si bien que, aimant à exercer ses caprices tyranniques au lieu d'une autorité royale, il fut détesté des Égyptiens et risqua de perdre sa couronne * ». Polycrate, du reste, prêchait d'exemple. Polybe remarque que, « une fois parvenu aux honneurs et à l'opulence, avec le progrès de l'âge, il se laissa aller complètement à la débauche et à une vie ignoble' ». Au dehors, Polycrate substitua à la politique de résistance discrète et d'indépendance respectueuse, qui avait été celle d'Aristomène, la soumission obséquieuse aux volontés des Romains.

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