ANTI0CH08 VAINCU PAR LES ROMAINS
naguère ; mais la cour d'Alexandrie, qui pouvait au moins rester neutre, avait cherché l'occasion de commettre une véritable trahison. C'est à se demander si elle n'avait pas aussi quelque injure de plus fraîche date à venger; si Antiochos, qui, même avec Hannibal pour conseiller, accumulait les imprudences, n'avait pas répondu par quelque rebuffade aux Égyptiens insistant sur l'exécution de l'énigmatique contrat de mariage. L'année suivante (190), lorsque Antiochos, battu aux Thermopyles, eut mis entre les Romains et lui la largeur de la mer Egée, s'imaginant que ses ennemis n'oseraient le poursuivre en Asie *, la cour d'Alexandr'ie envoie à Rome ses félicitations et renouvelle ses offres. « Des ambassadeurs vinrent de la part de Ptolémée et Cléopàtre, rois d'Egypte, félicitant le Sénat de ce que le consul M'. Acilius avait chassé de la Grèce le roi Antiochos et Texhortant à faire passer l'armée en Asie; disant que la terreur régnait partout, non pas en Asie seulement, mais en Syrie; que les rois d'Egypte étaient prêts à tout ce qu'il plairait au Sénat. Des remerciements furent votés aux rois, et ordre fut donné de compter quatre mille as à chacun des envoyés * ».
Le Sénat, devant cet empressement et cette insistance, comprenait le but poursuivi par les profonds politiques d'Alexandrie. Ceux-ci espéraient que leur zèle paraîtrait méritoire et comptaient avoir part à la curée. Ils recouvreraient ainsi tout ce que Antiochos avait enlevé à l'Egypte, et il ne leur était pas défendu d'espérer davantage. Mais le Sénat se gardait d'accepter quoi que ce soit de leur part : après avoir refusé les cadeaux, il payait maintenant aux ambassadeurs leurs frais de voyage, une façon de leur faire entendre que le voyage était inutile.
Ptolémée en eut bientôt la preuve. Lorsque Antiochos, affolé, poussé d'un côté par Hannibal, épouvanté de l'autre par la défaite de sa flotte à Corycos (191), à Myonnésos (190),